Comment participer aux études ?

Laisser un commentaire
Pin It
image_pdfimage_print

ETUDES : Les espèces insuffisamment documentées : Qui ? Où ? Quand ?

Sommaire :
– La liste des espèces mal documentées.
– Approche par milieux et districts.
– Petit calendrier.

En dehors des espèces “favorites” des observateurs (rapaces, limicoles etc.) l’analyse des objectifs prioritaires a fait ressortir un manque d’information parfois surprenant sur certaines espèces soit peu fréquentes, soit limitées dans leur répartition, soit relativement communes mais d’observation difficile.
C’est surtout en période de nidification que des informations précises peuvent nous permettre de mieux appréhender leur statut.

—-

Les espèces insuffisamment documentées

.

Le tableau suivant présente la problématique propre à chacune.

| n | Espèce | Statut |
| 1 | Pic cendré | Rares données anciennes, facilement confondu, discret, habitat menacé. |
| 2 | Merle bleu | Rares données anciennes, milieu peu accessible. |
| 3 | Moineau cisalpin | Exceptionnel mais à surveiller au sud. |
| 4 | Fauvette mélanocéphale | Exceptionnelle mais en expansion vers le nord, mal connue. |
| 5 | Fauvette passerinette | Exceptionnelle mais en expansion vers le nord, mal connue. |
| 6 | Fauvette pitchou | Exceptionnelle mais en expansion, mal connue. |
| 7 | Phragmite des joncs | Très rares preuves de reproduction. |
| 8 | Autour des Palombes | Observation difficile, rares preuves de reproduction. |
| 9 | Engoulevent d’Europe | Observation difficile, localisé, rares preuves de reproduction. |
| 10 | Pipit farlouse | Observation difficile, rares preuves de reproduction. |
| 11 | Sizerin flammé | Observation difficile, rares preuves de reproduction. |
| 12 | Merle de roche | Observation difficile, rares preuves de reproduction. |
| 13 | Gros bec | Peu observé en reproduction, très discret, rares preuves. |
| 14 | Tarin des Aulnes | Reproduction : très localisé, habitat mal connu, rares preuves. |
| 15 | Gélinotte des bois | Observations rares et peu suivies. |
| 16 | Perdrix rouge | Observations rares et peu suivies. |
| 17 | Perdrix grise | Observations très rares. |
| 18 | Caille des blés | Très peu vue, contacts auditifs souvent négligés. |
|19 | Bécasse des bois | Observations rares et peu suivies. |

—-

Calendrier

1 – Pic cendré

Espèce furtive facilement confondue avec le Pic vert.
Semble rechercher les vieilles forêts avec bois mort abondant.
Quelques données anciennes dans l’ouest du département.
Où?
Vieilles forêts de l’ouest : Chambarans, Bonnevaux, Ecouges?
Carte en Isère de Picus canus
Quand?
Mi-avril / mai pour la recherche du chant. Compte tenu de sa rareté, toute observation en toute saison est intéressante.

—-

2 – Merle bleu

Espèce méditerranéenne, furtive passant facilement inaperçue en milieu difficile.
Essentiellement en milieu montagnard.
Quelques données anciennes.
Où?
Sud Vercors, Dévoluy, Oisans.
Carte en Isère de Monticola solitarius
Quand?
mai / juillet pour la recherche du chant et l’activité maximale.

—-

3 – Moineau cisalpin

A surveiller dans le sud du département, en cherchant le moineau soulcie!
Où?
Trièves essentiellement.
Carte en Isère de Passer domesticus italiae
Quand?
Toute l’année!

—-

4 – Fauvette mélanocéphale

Espèce méditerranéenne, furtive passant facilement inaperçue en milieu buissonnant.
Essentiellement en plaine.
Quelques données anciennes.
Où?
Vallée de l’Isère et coteaux secs versants.
Carte en Isère de Sylvia melanocephala
Quand?
avril / juillet pour la recherche du chant et l’activité maximale.

—-

5 – Fauvette passerinette

Espèce méditerranéenne, furtive passant facilement inaperçue en milieu difficile.
Essentiellement en plaine.
Quelques données récentes en vallée de l’Isère.
Carte en Isère de Sylvia cantillans
Où?
Vallée de l’Isère et coteaux secs versants.
Quand?
avril / juillet pour la recherche du chant et l’activité maximale.

—-

6 – Fauvette pitchou

Moins typiquement et plus démonstrative que ses consoeurs méditerranéennes.
Essentiellement en plaine.
Pas de donnée, mais s’inscrit dans le mouvement d’expansion des fauvettes méditerranéennes.
Où?
Toutes plaines et vallées.
Carte en Isère de Sylvia undata
Quand?
avril / juillet pour la recherche du chant et l’activité maximale.

—-

7 – Phragmite des joncs

Espèce souvent observée au passage en vallée.
Essentiellement en plaine.
Il faut rechercher des preuves de nidification.
Où?
Zones humides de basse altitude avec phragmitaie (“roseaux”).
Carte en Isère de Acrocephalus schoenobaenus
Quand?
mai / juillet pour la recherche de preuves de reproduction.

—-

8 – Autour des palombes

Espèce forestière, furtive passant facilement inaperçue. Peut fréquenter les fermes, jardins et vergers à l’occasion.
En plaine et moyenne montagne.
Où?
Jusqu’à 1500m.
Carte en Isère de Accipiter gentilis
Quand?
Parades aériennes en mars. En mai / juillet pour la recherche de jeunes.

—-

9 – Engoulevent d’Europe

Espèce migratrice très furtive, mimétique. Meilleurs contacts au crépuscule ou petit matin. Essentiellement en plaine et moyenne montagne.
Mal connu en dehors de la population de la plaine de Reymure.
Où?
Coupes de bois, parcelles en régénération, coteaux secs. Jusqu’à 1000m.
Carte en Isère de Caprimulgus europaeus
Quand?
Mai – juin pour la recherche du chant, valant indice de nidification probable.

—-

10 – Pipit farlouse

Furtif, mimétique, repéré le plus facilement par son chant très démonstratif.
Fréquemment observée l’hiver ou au passage, mais reproduction en Isère inconnue ou presque.
Espèce des landes, dunes, en Isère à rechercher dans les grandes plaines agricoles. Peut être des surprises à découvrir en montagne ?
Où?
A priori plaine de Bièvre jusqu’à Vienne; Isle Crémieu.
Carte en Isère de Anthus pratensis
Quand?
mai / juillet pour la recherche du chant et autres indices de nidification.

—-

11 – Sizerin flammé

Assez difficile à observer, se tient dans les cimes de résineux.
En Isère semble montagnard, comme l’indiquerait le petit noyau de population connu en Belledonne.
Où?
Belledonne, Chartreuse, Oisans, Trièves, Vercors.
Carte en Isère de Carduelis flammea
Quand?
mai / juillet pour la recherche d’indices de nidification.

—-

12 – Merle de roche (Monticole de roche)

Assez furtif, passe facilement inaperçu en milieu montagnard pur. Plus visible en période de chant.
Espèce des rochers de montagne. Plutôt méditerranéen.
Où?
Vercors, Belledonne, Dévoluy, Oisans, Chartreuse.
Carte en Isère de Monticola saxatillis
Quand?
mai / août pour la recherche du chant et autres indices de nidification.

—-

13 – Gros bec casse-noyaux

Très furtif, passe facilement inaperçu en milieu forestier montagnard qu’il semble préférer pour sa nidification. Cris faibles, chant médiocre.
Où?
Forêts de moyenne montagne mais aussi de plaine.
Carte en Isère de Coccothraustes coccothraustes
Quand?
mai / juillet pour la recherche d’indices de nidification.

—-

14 – Tarin des aulnes

Abondant l’hiver mais nidification rès mal connue. Discret, se tient souvent dans les cimes.
Semblerait plutôt montagnard en reproduction.
Où?
Toutes forêts, plutôt en moyenne montagne.
Carte en Isère de Carduelis spinus
Quand?
mai / juillet pour la recherche d’indices de nidification.

—-

15 – Gélinotte des bois

Données régulières mais dispersées. Oubliée des non chasseurs.
Aime les forêts avec clairières et fuit le taillis dense. A besoin cependant de la futaie.
Essentiellement sédentaire.
Où?
Forêts de montagne : tous les grands massifs.
Carte en Isère de Bonasia bonasia
Quand?
Chant 20 avril – 20 mai. Tout contact intéressant toute l’année.

—-

16 – Perdix rouge

Attention à la confusion avec la choukar, espèce introduite.
Espèce des milieux ouverts, terrains cultivés, landes, maquis bas.
Cris et chant typiques pour le repérage, mais vue nécessaire pour la distinction avec la choukar.
Où?
Tous milieux propices jusqu’en moyenne montagne.
Carte en Isère de Alectoris rufa
Quand?
mai / août. La présence de jeunes est le meilleur indice de reproduction.

—-

17 – Perdix grise

Espèce des milieux ouverts, terrains cultivés, landes.
Cris et chant typiques pour le repérage, mais assez discrets.
Où?
Tous milieux propices en plaine.
Carte en Isère de Perdrix perdrix
Quand?
mai / août. La présence de jeunes est le meilleur indice de reproduction.

—-

18 – Caille des blés

Espèce des milieux ouverts à couvert dense, terrains cultivés, prairies de fauche.
Cris et chant typiques pour le repérage.
En plaine et moyenne montagne.
Où?
Tous milieux propices, de la plaine jusqu’en prairies de fauche de montagne.
Carte en Isère de Coturnix coturnix
Quand?
15 mai / 15 juillet, et idéalement en juin, afin de préciser au mieux la carte de reproduction.

—-

19 – Bécasse des bois

Espèce forestière, mimétique, difficile à contacter en dehors de la “croule”.
Repérage aisé lors de la croule, parade nuptiale démonstrative du mâle, au crépuscule.
En plaine et moyenne montagne.
Où?
Tous milieux propices, de la plaine jusqu’en moyenne montagne.
Carte en Isère de Scolopax rusticola
Quand?
Dès février en plaine, jusqu’en juillet en montagne.

—-

Une approche par milieux et districts.

Forêts

Dès le mois de mars on pourra rechercher des parades d’Autour, de la plaine à la moyenne montagne. Un peu plus tard on surveillera les chants de Pic vert pour y déceler peut être un Pic cendré !
De mi-avril à mi-mai en montagne, c’est l’époque des chants de Gélinotte. Jusqu’en juillet en montagne ou moyenne montagne, pensez au Sizerin flammé et au Tarin des aulnes. A toute altitude vous pourrez rencontrer dans les mêmes périodes le Gros bec : pensez à mémoriser son cri si particulier!
Pour la croule de la Bécasse, plus c’est bas plus c’est tôt, avec une vigilance de février à juillet en fonction de l’altitude. Enfin de fin mai à fin juin, dans les coupes forestières de plaine, offrez-vous à la tombée de la nuit le chant de l’Engoulevent!…

Zones humides

Ce sont les mieux connues et elles abritent peu d’espèces mal documentées!
Seul le Phragmite des joncs en est caractéristique, et on le recherchera surtout en mai-juillet pour préciser sont statut reproducteur.

Montagne – rochers

Quelques espèces plutôt pour les randonneurs et autres alpinistes, à rechercher en période de reproduction de mai à septembre, avec préférence de mai à aout.
Le Merle bleu et le Merle de roche sont rares mais des couleurs assez visibles, et leur chant bien particulier retentit dans des endroits où peu d’autres oiseaux leur font concurrence!!

Montagne – prairies de fauche

L’espèce emblématique en est le Râle des genêts, qui bénéficie de son programme propre et pour lequel toute observation est capitale (mai – juillet). A la même époque il faudra noter tout contact, surtout auditif mais facilement identifiable, avec la Caille.
Il n’est pas exclu de trouver dans ces milieux le Pipit farlouse ou les Perdrix, une éventualité à ne pas négliger!

En plaine.

Dans les secteurs les plus ouverts ce sont bien entendu le Pipit farlouse et les Perdrix rouge et grise qui seront recherchés, sans oublier la Caille, et pas seulement en plaine de Bièvre, mais sur toute la vallée de l’Isère, l’Isle Crémieu etc.
Là où la haie a pu se maintenir, et a fortiori dans les friches, bosquets et autres parcelles buissonnantes, bords de rivières, pelouses, soyez attentifs à tout chant de type Fauvette atypique. Vous pourrez encore rencontrer là le Gros bec ou le Tarin, et peut être, surtout en lisière de forêt, l’Engoulevent.

—-

Petit calendrier

Bien entendu toute observation de ces espèces est intéressante. Mais dans la mesure où nous cherchons en principe à préciser leur statut reproducteur, les dates deviennent importantes.

Par exemple, en migration, nous voyons beaucoup de pipits farlouse, l’hiver des gros becs et de grandes quantités de tarins des aulnes. Pour ceux-ci la nouveauté viendra d’observations en été.

Chez des espèces plus sédentaires par exemple, comme la gélinotte, la date importe moins et chaque observation en toute saison est importante.

Le tableau qui suit indique les périodes d’observation contribuant le mieux aux buts de l’étude.

—-

| Espèce | Période de prospection privilégiée |
| Pic cendré | avril – mai pour le chant. Toute l’année pour l’observation. |
| Merle bleu | mai – août, toute observation. |
| Moineau cisalpin | Toute l’année, toute observation. |
| Fauvette mélanocéphale | avril – juillet, toute observation. |
| Fauvette passerinette | avril – juillet, toute observation. |
| Fauvette pitchou | avril – juillet, toute observation. |
| Phragmite des joncs | mai – juin pour des preuves de reproduction. |
| Autour des Palombes | Parades en mars. Cris de jeunes en mai – juin. |
| Engoulevent d’Europe | 20 mai – 20 juin pour une approche auditive et visuelle; au crépuscule. |
| Pipit farlouse | avril – juin pour tout indice de reproduction. |
| Sizerin flammé | 15 mai – 15 juillet pour tout indice de reproduction. |
| Merle de roche | mai – juillet, toute observation. |
| Gros bec | mai – juin pour rechercher des jeunes et toute preuve de reproduction. |
| Tarin des Aulnes | mai – juillet pour tout indice de reproduction. |
| Gélinotte des bois | Toute l’année. Mâles chanteurs 20 avril – 20 mai. |
| Perdrix rouge | mai – aout, rechercher les jeunes. |
| Perdrix grise | mai – aout, rechercher les jeunes. |
| Caille des blés | 15 mai – 15 juillet, noter TOUS les contacts. |
| Bécasse des bois | Dès février en plaine jusqu’en juillet en montagne, “aller à la croule” au crépuscule. |

Gérard Goujon (2006)

—-