ENS de la Boucle de la Taillat

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Chargé d’études : Hervé Coffre

L’Espace Naturel Sensible de la Boucle de la Taillat a été créé en 2003, et son premier plan de gestion date de 2005. Ce site est issu d’une ancienne gravière exploitée dans les années 1980 notamment pour la construction de la Rocade Sud de Grenoble. Propriété de la commune de Meylan depuis 2004, cet ENS local fait actuellement l’objet d’un suivi de la faune pour d’une part évaluer la richesse spécifique du site, et d’autre part proposer des actions de gestion en faveur de la biodiversité, un des objectifs premiers du réseau des ENS.

Première année de suivi de l’avifaune et de l’herpétofaune, l’année 2007 a permis de dresser un premier état des lieux sur ce site encore assez peu prospecté. Pour l’avifaune, la méthode de suivi utilisée repose sur la technique des IPA (Indices ponctuels d’abondance) avec 4 points d’écoute permettant de couvrir au mieux le territoire de l’ENS. Ce suivi est complété par un inventaire basé sur l’observation itinérante, à quoi s’ajoute des données plus ponctuelles fournies par des naturalistes bénévoles.
En parallèle des suivis ornithologiques, des relevés herpétologiques sont réalisés permettant d’évaluer la richesse spécifique de cette classe de vertébrés sur le site, et proposer des aménagements adéquats pour leur conservation.
Actuellement, l’Espace Naturel Sensible de la Boucle de la Taillat accueille une diversité faunistique assez modeste , avec une forte proportion d’espèces communes et plutôt ubiquistes. Les potentialités d’accueil de la faune sur ce site sont actuellement insuffisantes pour espérer l’installation durable d’espèces patrimoniales et donc, le plus souvent, assez exigeantes quant à leur milieux. Toutefois, la présence certaine de la chevêche d’Athéna sur le site depuis plusieurs années, de même que la première observation du pigeon colombin en 2007 indique que des enjeux environnementaux existent actuellement, et qu’il convient au minimum d’agir pour la préservation des ces espèces sur le site.
Partant de ce constat, il est logique de focaliser les interventions sur deux axes principaux :

1. Préserver les composantes paysagères existantes indispensables à la conservation des espèces patrimoniales présentes (actions ciblées sur la chevêche et le pigeon colombin) ;

2. Améliorer les capacités d’accueil pour augmenter la biodiversité.

La pauvreté en milieu aquatique attrayant pour la faune est une limite importante à la biodiversité. Les différents aménagements proposés (plus ou mois lourds et coûteux) visant à diversifier les milieux ne peuvent qu’améliorer la richesse spécifique à terme.
Un point important à la gestion du site est la maîtrise de la fréquentation . En effet, cette zone péri-urbaine est très fréquentée et la réglementation en vigueur n’est pas respectée le plus souvent (baignade, divagation de chiens, pêche en zone interdite, feux, nuisances sonores, etc.). Il est certain que, même avec des aménagements efficaces visant à améliorer les milieux, la tranquillité est un facteur très important à l’installation durable d’espèces sauvages le plus souvent très sensibles aux dérangements de toutes sortes. Ainsi, il est important de prévoir des zones où l’accès sera réglementairement interdit, mais aussi physiquement impossible pour garantir un minimum de tranquillité à la faune (d’où l’importance de créer des roselières inaccessibles à pieds secs).
Enfin, rappelons que des aménagements simples et rapides peuvent être mis en place pour favoriser la faune (création de « micro-milieux »).
Le suivi de la faune engagée en 2007 doit être reconduit pour évaluer au mieux la biodiversité, mais aussi l’évolution des espèces parallèlement aux travaux de gestion entrepris.

Partenaire financier et technique :
commune de Meylan.

A télécharger :