Le Râle des genêts

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Cette espèce figure sur la liste rouge des espèces mondialement menacées. Grâce au programme DOP, il a été redécouvert en 2002 et depuis fait l’objet d’un suivi annuel. En 2007, en parallèle du suivi de cet oiseau, un travail a été engagé sur ses habitats (prairies de fauche) et sur la réalisation d’un cahier technique pour les agriculteurs.
Une journée de démonstration de fauche centrifuge a été organisée avec les agriculteurs.

Référents : Etienne Dupoux, Gérard Goujon

Un faisceau consistant d’indices nous laissant soupçonner la présence
régulière du râle des genêts sur le plateau matheysin, nous lançons une recherche méthodique en 2002 et David Meyer au cours de son stage enregistrera plusieurs contacts, et dressera un premier état de l’avifaune des prairies de fauche sur le secteur, qui constituent le milieu type mais fragile où niche le râle. Le calendrier de sa présence sur le plateau semble conforme à ce que l’on peut savoir d’une autre population montagnarde proche en Suisse : arrivée tardive fin mai voire début juin, chant, et reproduction de plus en plus problématique devant la tendance systématique à la précocité des fauches.

La canicule de 2003 épuise la patience d’un nouveau stagiaire et décourage sans doute le râle qui trouve des prairies déjà fauchées à son arrivée. En 2004 nouvelle absence constatée dans un climat plus clément mais encore sec.

L’espoir renaît en 2005 avec un contact le 10 juin confirmé le lendemain, mais la parcelle est rapidement fauchée. Le scénario est semblable en 2006 avec un premier contact collectif encore le 10 juin dans une parcelle en altitude, donc a priori fauchée plus tardivement, mais quelques jours
plus tard le chanteur semble avoir disparu.

Le contact du 12 mai 2007 était donc doublement intéressant :
en confirmant la présence de l’espèce pour la troisième année consécutive sur le même secteur du plateau Matheysin, mais surtout en raison de la précocité, soit environ un mois en avance par rapport aux années précédentes, ce qui laisse pour la première fois un espoir sérieux de nidification. Malheureusement le stagiaire prévu sur le secteur n’arrivait que début juin, et le premier observateur n’a pas pu suivre, en partie en raison du mauvais temps, cette observation. De plus la parcelle concernée a toujours été, et cette année encore, parmi les premières fauchées.

La bonne surprise allait venir toutefois d’un autre secteur. Sur la commune de St Guillaume dans le territoire du Parc du Vercors, un site favorable avait été repéré, déjà prospecté, en vain, les années précédentes, et ajouté cette année à l’observatoire des prairies de fauche mis en place sur le domaine du Parc du Vercors.

Or plusieurs observateurs indépendants y ont contacté le râle, et même plusieurs chanteurs, potentiellement quatre.

La LPO a pu cette fois entrer en contact avec l’agriculteur exploitant ces belles parcelles de prairie de fauche, des rencontres ont eu lieu et un accord a pu être conclu pour la réalisation d’une fauche tardive et centrifuge. Cette dernière technique toute simple, mais contraignante pour l’exploitant car compliquant les manoeuvres, consiste à démarrer la fauche par le centre pour finir en périphérie, ce qui laisse à des jeunes non volants la possibilité de se réfugier sur l’extérieur de la parcelle.

A télécharger :