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Plan de conservation des Crapauds calamites d’Echirolles / Pont-de-Claix

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Le but de ce plan de conservation est de sauvegarder sur le long terme une population périurbaine de crapauds calamites sur Echirolles / Pont-de-Claix, malgré les différents projets immobiliers en cours sur le site. La survie de la population se base essentiellement sur deux paramètres primordiaux mis en évidence lors de l’étude menée en 2007 : la préservation des sites de reproduction et l’amélioration de la survie terrestre. Pour cela, il convient, face aux disparitions liées aux différentes constructions en cours, de créer et de restaurer un nombre suffisant de mares de volume adéquat, et de créer les gîtes terrestres qui manquent sur le site.

Le crapaud calamite est une espèce d’amphibien inféodée aux milieux à sol nu résultant des dynamiques fluviales (crues) et exempts de toute végétation comme les gravières de rivières et les lônes sableuses. Suite à la canalisation du Drac et aux constructions de la zone d’activités de l’Espace Comboire et de l’autoroute A480, ce type de milieu a disparu : la population de crapauds calamites présente localement a donc été fragmentée et repoussée vers les terrains vagues à l’ouest d’Echirolles et du Pont-de-Claix qui offraient dans le voisinage un milieu de substitution favorable, car présentant suffisamment de flaques et ornières pour permettre la reproduction.


Le crapaud calamite est une espèce intégralement protégée par la loi française depuis 1976, il figure en annexe II de la convention de Berne et en annexe IV de
la directive européenne « Habitats-Faune-Flore ». De plus, il est inscrit dans les listes rouges des espèces menacées au niveau national (“à surveiller”) et départemental (“vulnérable”).

L’actuel site occupé par la population de crapauds calamites fait l’objet de plusieurs projets de constructions tels que des logements sociaux ou des extensions de parking… La communed’Echirolles étant engagée dans une démarche de développement durable, notamment au travers de la mise en place de l’Agenda 21, il était nécessaire et cohérent de trouver une solution pour permettre la conservation de cette espèce d’amphibien protégée et menacée. L’entreprise Becton-Dickinson, propriétaire depuis 2007 de la majeure partie des terrains pontois, s’engage aussi dans la conservation du crapaud calamite, de même que l’entreprise Pérona qui exploite une carrière sur le site. Cette espèce fait partie également des espèces prises en compte par les schémas d’aménagement de rivière. Ainsi, le SAGE Drac-Romanche participe à ce plan de conservation. Enfin, la communauté d’agglomération Grenoble-Alpes-Métropole et la commune du Pont-de-Claix ont également un rôle à jouer dans la sauvegarde de la dernière population de crapauds calamites de l’agglomération grenobloise.

Lors de la notice de gestion proposée par la LPO Isère en 2004, plusieurs objectifs prioritaires avaient été définis et sont redéfinis actuellement à la lumière des nouveaux projets et des conclusions de l’étude menée en 2007 par Christophe Eggert, spécialiste des batraciens, et la LPO Isère.


Les sites de reproduction sont essentiels dans la vie du crapaud calamite et sont indissociables de la conservation de cette espèce. Les crapauds calamites se reproduisent dans des plans d’eau de surfaces variables, d’une profondeur maximale habituellement de quelques dizaines de centimètres. La principale difficulté est le maintien du volume d’eau minimum souhaité durant la période de reproduction. Il convient donc de prévoir une superficie initiale supérieure ou d’assurer l’étanchéité des mares. L’étude réalisée en 2007 a défini une production minimale permettant de renouveler la population de crapauds calamites. Selon les taux de mortalité larvaire rapportés dans la littérature et complétés par les données issues de l’étude de terrain de Crapaud calamite. 2007, une production de 10 000 juvéniles semble être le nombre minimal nécessaire pour assurer un renouvellement de la population. Il est délicat de traduire cet objectif en surface ou volume nécessaire de mares. Quoi qu’il en soit, il a été estimé qu’à raison d’une profondeur moyenne de 30 cm par exemple, environ 1000 m2 d’eau seront nécessaires. Il est préférable de multiplier les surfaces de reproduction, afin de limiter des risques divers (prédation, assèchement, pollution, dégradation…) et de créer des conditions de développements variables (faibles densités locales favorables…).

Le manque de gîtes favorables aux individus terrestres augmente la mortalité aux abords des sites de reproduction. Les juvéniles n’ont qu’une possibilité très limitée de s’abriter lors de la sortie de l’eau et les adultes se déplacent probablement beaucoup pour trouver des abris efficaces. Ils utilisent des galeries de lapins, de rongeurs, des fissures ou des anfractuosités dans le sol (souches d’arbres, blocs divers…), ou s’enfoncent activement dans les sols meubles. Des installations relativement simples permettent d’améliorer la survie terrestre. Il s’agit de mettre à disposition, à côté des mares pour les juvéniles et les adultes en période de reproduction, et plus loin pour les jeunes et les adultes pendant la mauvaise saison, des abris accessibles et, favoriser ainsi les déplacements entre les différents sites de reproduction.