Sachez les reconnaître « la martre des pins et la fouine »

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 La Martre des pins, Martes martes et la Fouine, Martes foina

Nous voila face à deux mammifères généralement classés dans la catégorie des « petits carnivores » : de la taille d’un petit chat elles donnent entre 1 et 2kg à la pesée, avec des différences individuelles et régionales marquées, les mâles sont plus gros de 10% en moyenne.

Nous n’abordons ici que les critères externes observés sur des animaux vivants ; la découverte d’un animal mort permet d’accéder à des critères internes non évoqués ci-dessous.

Ces deux espèces présentent une morphologie globale très semblable ce qui rend l’identification fort difficile dans les observations fugitives sur le terrain. Nous allons tenter de débrouiller cela mais tout de suite un conseil : soyons prudent avant de mettre un nom sur un animal, et seul un ensemble de caractères permettra de poser un diagnostic sérieux.

 Milieux fréquentés

Martre : la martre est inféodée aux milieux forestiers de plaine et de montagne qu’il s’agisse de conifères, de feuillus ou de forêts mixtes. Elle fréquente plusieurs gîtes dans son domaine, dont la plupart se trouve à la cime des arbres dans des cavités de troncs ou de vieux nids d’oiseaux ou d’écureuils.

Fouine : rupestre à l’origine, la fouine fréquentait les zones rocheuses non forestières. Actuellement, la fouine est une espèce plutôt thermophile qui recherche des gîtes qui la protège des variations importantes de température. L’habitat humain lui offre donc des solutions à ce problème de « confort » : elle utilise ainsi les combles des maisons et édifices, les tas de paille, voire les ruines. Les gîtes peuvent également se trouver dans les anfractuosités rocheuses, les arbres creux ou les tas de bois. La fouine occupe plusieurs gîtes répartis sur son territoire.

 Malgré ces deux « niches écologiques » bien différentes, la fouine, en l’absence de la martre, peut occuper les milieux habituels de cette dernière.

Morphologie

Pour reconnaître une espèce de l’autre on regardera en priorité: (fig. 1)

  1. L’allure générale

  2. la couleur de la bavette

  3. la forme de la bavette

  4. la couleur générale du pelage

  5. la couleur de la truffe

 et puis plus secondairement ….

  1. la forme de la queue

  2. la forme des oreilles

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© Hugo Bourdin – Martre des pins

Martre : la bavette est jaune orangé , elle s’étend sur le poitrail, entre les pattes et sur le cou. Le pelage est généralement d’un brun chocolat, mais attention il y a des différences entres les individus et selon les saisons, et il est alors plus ou moins clair. La truffe est noire chez la martre.

Les pattes sont plus longues que chez la fouine mais c’est un élément quasi impossible à utiliser dans la nature en tant que tel, cependant ce critère lui donne une allure générale plus élancée, moins « massive » que la fouine ; même remarque pour les oreilles plus grandes et pointues.

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© Katy Morell – Fouines – LPO PACA

Fouine : la bavette, nettement délimitée est blanche et, contrairement à celle de la martre, elle descend sur les avant-bras ; outre ce cas général la bavette peut présenter des dessins fort différents d’un individu à l’autre (fig. 2). Le pelage est brun-grisâtre foncé, avec comme pour la martre des différences entre les individus et selon la période ; il paraît moins « beau », moins fourni que celui de la martre.

La fouine a un aspect plus trapu, les oreilles sont courtes et paraissent plaquées sur la tête.

Comportement

La fouine est essentiellement nocturne alors que la martre « module » son activité en fonction des disponibilités alimentaires et des saisons (plus diurne en été ; avec la diminution de son métabolisme l’activité diminue en hiver).

Pour les deux espèces le rut a lieu en été.

Indices divers

Empreintes : les traces laissées au sol sont identiques et elles ne permettent pas de faire la différence entre les deux espèces

Crottes : la fouine a pour habitude de faire des crottiers où s’entassent ses productions ; la martre, quant à elle, marque son territoire par des crottes isolées le longs des chemins, sur de petites éminences ; elle urine souvent près de son gîte.

Voix : cris semblables chez les deux espèces (couinements, miaulements, chuintements), mais la fouine est plus « bavarde » que la martre.

En Isère

En consultant Faune-Isère, on peut dire que les deux espèces sont présentes sur l’ensemble du territoire départemental. Mais la fouine est deux fois plus rencontrée que la martre par les observateurs. La martre est peut-être plus « montagnarde » que la fouine avec un barycentre altitudinal situé à 900m (+/- 500m) pour l’une contre 520 m (+/- 220m) pour l’autre.

Statut

La martre : longtemps accusée d’être le prédateur essentiel du tétras lyre la martre n’est plus classée dans les espèces dites « nuisibles » du département de l’Isère. Elle reste cependant une espèce chassée ce qui est un non-sens.

La fouine : la fouine fait partie de la liste iséroise des espèces dites « nuisibles ». On l’accuse de faire des carnages dans les élevages avicoles et de détruire les aménagements d’isolation dans les maisons. Elle paye un lourd tribut à cette classification d’un autre âge et c’est plusieurs milliers de fouines qui sont ainsi tuées chaque année dans notre département.

 Conclusion

Prudence ! La rencontre n’est pas si fréquente avec ces deux espèces, souvent elle se déroule dans la quasi obscurité et fugitivement. On comprend que l’identification est alors bien difficile. Si l’on ajoute à cela la similitude morphologique entre les deux espèces il est clair qu’on décidera avoir rencontré l’une plutôt que l’autre avec la plus grande prudence.

 Jacques Prévost, LPO Info n° 30

Bibliographie succinte

 Encyclopédie des carnivores de France

« La fouine » par Roland LIBOIS, SFEPM, 1991

« La martre » par Michel LABRID , SFEPM, 1986

« Guide complet des mammifères de France et d’Europe » D.W Mac DONALD, Delaschaux et Niestlé, 1995