Sachez les reconnaître « Les fauvettes »

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Fauvette grisette Sylvia communis

Fauvette babillarde Sylvia curruca

Comme la plupart des fauvettes qui sont des oiseaux insectivores, grisette et babillarde nous quittent en fin d’été pour retrouver leurs lieux d’hivernage en Afrique ; migratrices intégrales, elles nous reviennent en avril avec une précocité plus marquée chez la grisette (m=7 avril, 15 avril pour la babillarde).

En Isère, on peut rencontrer les deux espèces à la belle saison, mais avec peu de chance de les voir se côtoyer : en effet, l’une est plutôt de plaine quand l’autre fréquente préférentiellement les hauteurs de nos montagnes.

 

 Habitats

La fauvette babillarde est notée le plus souvent en montagne (92% des observations sur Faune-Isère concernent des contacts au-dessus de 1500 m) ; on peut la contacter dans ce qu’on appelle la « zone de combat », là où la forêt et la pelouse se disputent l’espace (voir graphique n°1), dans les buissons d’aulnes ou les bouquets d’arbres isolés. La babillarde fréquente le Vercors, la Chartreuse, Belledonne, les Rousses, l’Oisans, le Trièves et la Matheysine.

La fauvette grisette est un oiseau de la plaine (voir graphique n°2) que l’on va rencontrer dans les milieux ouverts et buissonnants : c’est l’oiseau des haies par excellence.

La lecture des graphiques montre clairement que les deux espèces ont peu de chance de partager l’espace pendant la période de nidification dans notre département ; on note cependant qu’il existe une petite zone de recouvrement et on sera prudent, en l’absence de chant, à la migration par exemple, pour la détermination.

 

Chants et comportements

Comme la majorité des sylviidés ces deux fauvettes sont de bons chanteurs, et c’est bien leurs prestations vocales qui vont aider à une bonne identification.

La fauvette grisette chante soit perchée soit au cours d’un vol qui se termine dans un fourré. Quand elle est posée, le chant est court, et c’est cette brièveté qui fait la différence avec le chant d’autres espèces proches ; c’est un bredouillis de notes sèches et grinçantes avec parfois des imitations, notamment quand le chant est émis en vol. On sera attentif à bien écouter plusieurs strophes pour assurer l’identification, mais l’oiseau souvent se montre et on confirmera avec un coup de jumelles !

La fauvette babillarde s’exprime généralement perchée, souvent à couvert, mais cette discrétion ne nuit guère à l’identification au chant ; il est constitué de deux parties dont l’une est sonore et toujours émise, c’est le fameux « RUTUTUTUTU ».

Loiseau produit également un doux gazouillis en sourdine plus difficile à capter.

On trouvera de nombreux enregistrements de ces deux espèces sur le site « xeno-canto » ; à voir également les deux sonogrammes ci-dessous.

 

 

 

 

Morphologies

Les deux espèces sont assez ressemblantes quant au plumage, mais la grisette (13-15 cm, 11 à 20 g) est un peu plus grande que la babillarde (12,5-14 cm, 11-13 g).

Chez la « curruca » les sexes sont identiques : brun-gris dessus, avec la tête plus grise marquée d’un bandeau gris sombre sur l’œil, le dessous est blanchâtre. L’aile est dépourvue de roux et on ne note pas de cercle blanc à l’œil.

La « communis » est plus contrastée de plumage avec du roux sur les ailes, la gorge est blanche et la tête grise ; on remarque le cercle oculaire blanc. La femelle, comme les jeunes, présente un plumage plus terne.

 

Autres fauvettes

Nous avons abordé le cas de la fauvette à tête noire comparée à la fauvette des jardins dans le n° 21 du LPO Info Isère (mai 2010) ; les plumages et les chants sont bien différents.

La fauvette à tête noire, comme son nom l’indique, arbore un béret noir chez monsieur alors qu’il est roux chez madame (et les jeunes), et le dessous est grisâtre, sans le blanc de la gorge qu’on note chez les babillarde et grisette.

La fauvette des jardins a un plumage neutre, sans caractère saillant.

Toutes deux ont des manifestations vocales d’une belle richesse et la comparaison avec grisette et babillarde ne s’impose pas.

Jacques Prevost, LPO Info n°28

 

Quelques références :

http://www.xeno-canto.org

« Le guide ornitho », Lars Svensson, ed.Delachaux et Niestlé, 1999

« Les oiseaux de Suisse », Lionel Maumary, 2007

« Guide des chants d’oiseaux d’Europe occidentale », Bossus et Charron, Delachaux et Niestlé, 2003

« Atlas des oiseaux nicheurs de Rhône-Alpes », CORA, 2003

« Les oiseaux de Vanoise », Lebreton, 1998

« Le carnet ornitho », LPO/CORA, 2009

« L’oiseau magazine », n°91, printemps 2008, pp.42-43