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Accident de chasse de Revel ou la prise en otage de la nature et des citoyens

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La FRAPNA et la LPO Isère ont appris avec une grande peine mais aussi avec colère la nouvelle de l’accident mortel qui est survenu ce samedi 10 octobre près du hameau de Freydières à Revel (Isère), prenant la vie d’un jeune étudiant de l’agglomération grenobloise qui se promenait sur un chemin forestier très fréquenté.
Les associations demandent bien évidemment que tout soit mis en œuvre par les autorités de police judiciaire afin d’éclaircir les circonstances de cet accident, de pouvoir en tirer les enseignements et ainsi engager les mesures de prévention qui s’imposent.

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La survenance d’un tel drame n’est pas une surprise. La FRAPNA et la LPO Isère dénoncent depuis des années l’insuffisance des règles obligatoires de sécurité de la chasse, une activité minoritaire et excessivement dangereuse.
C’est le résultat d’une politique du chiffre au détriment de la sécurité, l’obsession des fédérations de chasse restant de ne pas perdre d’adhérents.

Contrairement aux tireurs licenciés au sein d’associations sportives, les chasseurs n’ont pas à produire de certificat médical lors du renouvellement annuel de leur permis.

L’aptitude technique du chasseur n’est jamais contrôlée, le permis de chasse une fois délivré est valable à vie. Aucune formation continue ou évaluation ponctuelle n’est obligatoire.

La consommation d’alcool n’est toujours pas interdite et les agents de l’O.N.C.F.S. ne peuvent pas pratiquer de contrôle d’alcoolémie.

Une infime minorité de chasseur a passé un examen pratique validant son permis de chasse, cet examen n’ayant été rendu obligatoire qu’en 2003 et près de la moitié des chasseurs n’a jamais eu à passer d’examen. La réforme de cet examen pratique depuis 2014 ne concerne que les nouveaux chasseurs.

En Isère, la formation à la sécurité des responsables de battues au grand gibier (sangliers, cerfs, chevreuils) n’est toujours pas obligatoire alors que les armes utilisées s’apparentent parfois à des armes de guerre (portée de plus de 2 km et utilisation de balles expansives).

Les chasseurs veulent chasser partout y compris dans les réserves naturelles et les espaces très fréquentés comme le secteur de Freydières. Un trop grand nombre d’espèces sont chassables et les espèces protégées deviennent des trophées, pour lesquels les chasseurs n’hésitent pas à faire pression sur les autorités afin de pouvoir satisfaire leur besoin de divertissement !
Non, l’accident de Freydières n’est pas fortuit mais le résultat d’une politique de laisser-aller irresponsable mise en place afin d’enrayer la réduction du nombre des chasseurs et ce y compris en autorisant la chasse à la carabine dès quinze ans !
Si la chasse est autorisée, il est intolérable que cela soit au détriment de la sécurité et de la quiétude des non chasseurs.

Rappelons que la chasse est une activité de loisir ! Quelle autre activité de loisir met en danger mortel les autres concitoyens, qui plus est en s’accaparant un espace naturel ouvert à tous?

Aujourd’hui, la FRAPNA et la LPO Isère en appellent à la mobilisation pour exiger des autorités publiques et des élus, de respecter l’aspiration légitime de tout un chacun à se promener, effectuer une activité sportive, randonner, cueillir des champignons, aller à la rencontre de la faune sauvage dans les espaces naturels en toute quiétude et en totale sécurité :

– en interdisant la chasse dans les espaces fréquentés comme le hameau de Freydières de Revel et aux abords de tous les sentiers et chemins de randonnées fréquentés toute l’année,

– en exigeant des vrais contrôles sur les aptitudes techniques et le respect des règles de sécurité des chasseurs

– en fixant un second jour de non chasse hebdomadaire en Isère (aujourd’hui le seul jour de non-chasse est le vendredi pour notre département), le dimanche

– en interdisant la chasse dans tous les espaces protégés (réserves naturelles, espaces naturels sensibles….)

Pour en savoir plus :

Lien vers le collectif : une dimanche sans chasse
http://www.dimanche-sans-chasse.fr/

Le livre blanc sur la chasse :
http://rhone-alpes.lpo.fr/telechargements/CORA_LivreBlancChasse.pdf

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3 Commentaires

  1. Bonjour,

    Je suis totalement d’accord avec vous, d’autant plus qu’il y a une vingtaine d’année, une balle de gros calibre m’est tellement passée près…que j’ai reçu les feuilles déchiquetées sur ma tête…depuis, je ne sors plus me promener pendant la chasse…..

  2. Ras le bol! J’habite en Belledonne et ici les chasseurs vont chasser bourrés! Après le blanc limé au bar, la gnôle au 4×4 puis la partie de chasse où le 4×4 les déposent le long du chemin avec leur casquette fluo. Certains tiennent à peine debout. Et tous vous disent que les autres groupes de chasse sont dangereux mais pas eux.
    On ne peut plus sortir en forêt en ce moment, et même la nuit il y a parfois des coups de feux. Pouvez vous faire un recensement des accidents de chasse en Belledonne? Ca laisse l’impression que c’est le massif le plus dangereux. Pouvez-vous lancer une pétition pour réduire les journées de chasse hors WE et mercredi? merci

  3. Tant que les associations de défense ne se mobilisent pas ENSEMBLE pour exiger l’abolition de ce loisir , les choses continueront comme auparavant.
    Ils faudrait déjà organiser des manifs dans les grandes villes pour faire prendre conscience à un maximum de citoyens que cette activité est une calamité pour la biodiversité et un DANGER pour tous.
    Un jour les choses vont déraper et la majorité silencieuse risque de perdre son calme ….

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