La Chronique du mercredi : Formation Faune-Isère pour les agents des espaces verts de Grenoble

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Jeudi 16 avril 2015, la LPO Isère présentait aux agents des espaces verts de la ville de Grenoble, l’outil de partage des connaissances naturalistes, Faune-Isère.

Plus précisément il s’agissait d’une formation à la méthode de saisie des observations sur la plateforme participative auprès des agents des espaces verts de la capitale des Alpes.

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© Rémi Fonters – Argus bleu

Depuis 2013, la Municipalité de Grenoble a décidé de sensibiliser des agents des espaces verts à l’impact de la gestion et des aménagements paysagers sur la biodiversité. Pour cela des agents se sont portés volontaires au sein de chaque équipe afin d’être formés à reconnaître les différentes espèces de papillons. Cette initiative s’inscrit dans le programme de « Trame verte et bleue » mis en place par le Grenelle de l’environnement et qui a pour but la préservation de la biodiversité.

Les agents des espaces verts de la ville suivent annuellement le PROtocole PApillons GEstionnaires (PROPAGE). PROPAGE « est un programme de sciences participatives à destination des gestionnaires d’espaces verts et d’espaces naturels basé sur l’observation des papillons de jour. Il fournit un indicateur de la qualité écologique d’un espace ainsi qu’un outil d’aide à la décision pour des pratiques de gestion favorable à la biodiversité ».

En conséquence, les employés de la Municipalité ont suivi diverses formations afin de pouvoir identifier les papillons, notamment avec l’accompagnement de l’association Flavia A.D.E. (association dauphinoise d’entomologie), et de la société Sésie. Ces formations ont été prises en charge par la Direction Environnement de la Ville de Grenoble. Ils ont ainsi pu récolter et transmettre dès 2014, leurs premières données qui ont été intégrées automatiquement, avec l’aide du Muséum, sur la base Faune Isère.

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© Damien Cocatre – Apollon

En complément, la Ville de Grenoble a décidé de s’appuyer sur cette nouvelle compétence développée par les agents des espaces verts et leur propose de saisir sur Faune-Isère les observations fortuites réalisées pendant leur temps de travail. C’est ce qui a motivé la mise en place d’une formation à l’outil de sciences participatives Faune-Isère. Cela leur permettra de saisir leurs observations tout au long de l’année en complément du PROPAGE, et pas seulement celles de papillons si leurs compétences le permettent.

En effet, les employés de la ville ont développé une vraie sensibilité à la biodiversité. Même si nombreux d’entre eux confessent qu’ils avaient déjà une prédisposition à la cause avant de se porter volontaires, ils s’accordent tous pour souligner l’apport considérable de la formation.

L’apprentissage de ces connaissances a su faire émerger un réel intérêt, et pour la plupart d’entre eux, une vraie passion. Laurence nous raconte qu’auparavant phobique des insectes elle s’est « soignée » grâce à l’entomologie (sciences qui étudie les insectes), pour laquelle elle s’est découverte une véritable passion. Laurence s’investit même dans une association d’entomologistes. Globalement, les agents se mettent au diapason, ils passent tous beaucoup de temps en dehors des heures de travail à se former, observer, découvrir les richesses de la biodiversité et ne se limitent que rarement aux papillons.

Les agents de la ville prennent très au sérieux leur tâche de référents biodiversité et essaient de diffuser leur passion au sein des équipes municipales même « s’ils ne sont pas tous réceptifs au même niveau, ils ont tous compris l’intérêt de la démarche » nous explique David Geoffroy du service espaces verts de la ville de Grenoble.

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© Rémi Fonters – Damier noir

La Municipalité de Grenoble a donc fait appel à la LPO Isère afin de dispenser une formation technique à la saisie de données sur Faune-Isère. Anaëlle, chargée d’étude faune, spécialiste base de données et des SIG (systèmes d’informations géographiques) a donc animé une matinée de formation auprès des 10 référents biodiversité présents ce jour-là. Et si les richesses du site ont parfois perdues l’auditoire, tous s’accordent pour dire que le système de saisie des données est plutôt intuitif. Il est vrai que sur les 10 personnes présentes à la formation ce jour-là on dénombrait déjà au moins trois « experts » qui avait déjà téléchargé l’application Naturalist et qui étaient plus au fait de la démarche à suivre.

Ne soyez donc pas surpris si désormais en vous connectant sur www.faune-isere.org vous voyez apparaître en quantité des observations de papillons estampillées « ville de Grenoble ». Ce sont simplement les agents de la ville qui remplissent dûment leur fonction de « référent biodiversité ».

Par ailleurs, ces données viendront enrichir la base de données de Faune-Isère qui ne dispose que de 32 000 données sur les papillons sur les 1,3 millions d’observations renseignées sur la plateforme. La LPO Isère et la ville de Grenoble ont signé une convention d’échange de données en 2014. Les observations enregistrées sur les espaces verts gérés par la Ville sont intégrées dans les bases de données de chacune des structures. Chacune possède ainsi les connaissances nécessaires pour réaliser leur travail respectif de gestion des espaces verts et de protection de la biodiversité.

Si ces données serviront probablement aux études de la LPO Isère c’est aussi un vrai moyen, selon David Geoffroy, de « permettre aux agents de renseigner leurs observations et de valoriser ainsi leur investissement, leur travail et leurs connaissances ».

1 Commentaire

  1. Jardin des Poètes, quartier Vigny-Musset : il y a deux gdes bambouseraies, qui servent de dortoirs, en ce moment, aux moineaux, et, surtout, à plusieurs dizaines d’étourneaux. Une des rangées de bambous (celle est contre le chantier construction Agrandissement de la Fac d’urbanisme) a été coupée. Il ne reste que la rangée côté Allée des 2 Mondes. Pourrait-on alerter les Espaces Verts travaillant ds ce quartier, pour leur demander de ne pas couper la rangée restante, tant que celle-ci sert de dortoir d’hiver ? Ds ce quartier il y a d’autres petits « massifs » de bambous (trop petits pour les étourneaux, mais pas pour les moineaux) : pourraient-ils être préservés également, l’hiver.
    merci, Cath. Barge, habitant ce quartier et adh LPO.

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