Les bouquetins du Bargy : Halte au massacre !

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Environ 450 bouquetins demeurent actuellement sur le Massif du Bargy (Haute-Savoie) et peuvent cohabiter pendant les périodes d’estive avec les troupeaux.CRW_5490

C’est une espèce protégée au niveau national et international.

Ils constituent un attrait touristique majeur pour ce territoire de montagne.

En réaction après 2 cas de brucellose détectés en 2012 chez 2 bovins et 2 jeunes humains, près de 350 bouquetins ont été abattus, une forte proportion d’entre eux en parfaite santé.

Les bouquetins du Bargy représentent un risque très faible pour le cheptel

Les 14 experts européens indépendants, parmi eux 13 vétérinaires, qui ont travaillé entre octobre 2014 et juillet 2015 sous l’égide de l’ANSES 1 , sont unanimes pour affirmer que les bouquetins du Bargy ne représentent pas un danger significatif pour le cheptel domestique (niveau « quasi- nul » à « minime ») et que le risque actuel pour l’homme est « quasi-nul ».

Selon eux, ce risque « est très inférieur au risque lié à la brucellose importée qui représente plus de 80 % des cas de brucellose humaine en France chaque année ».

Il faut bien entendu éradiquer la brucellose du massif du Bargy

La brucellose est une maladie sérieuse, dont le traitement dans les rares cas humains nécessite un traitement conséquent par antibiotiques.

Par ailleurs, elle porte un préjudice moral et économique certain aux élevages infectés et à leur production. Il faut bien entendu que des mesures soient prises pour protéger les élevages et pour éradiquer l’infection. Mais pour atteindre cet objectif, l’abattage massif de bouquetins sains est une erreur et une aberration.

Les abattages décidés par le préfet ne constituent pas un « compromis »

Alors que l’abattage de 350 bouquetins ces deux dernières années — dont beaucoup d’animaux parfaitement sains — n’a pas permis de réduire le taux d’infection de la maladie, le préfet de Haute- Savoie veut récidiver en faisant tuer tous les bouquetins non testés en 2015.

Le Préfet de Haute- Savoie ne veut laisser que quelques dizaines d’animaux sur le massif du Bargy et parle de « compromis », alors qu’il s’agit d’un abattage massif et indiscriminé d’animaux protégés au niveau national et international.

L’abattage massif et indiscriminé n’est pas la solution

Les experts du CNPN ne s’y trompent pas en donnant un avis défavorable à la demande du préfet de Haute-Savoie.

Les études conduites par les experts ont permis de démontrer que l’abattage massif, rapide, non différencié, loin de réduire la maladie, a pour conséquence d’augmenter les risques de diffusion de l’infection notamment par l’éparpillement des animaux, dans notre cas vers les Aravis.

Cet éparpillement a été noté partout dans le monde où ce type de mesure drastique a été testé sur la faune sauvage : cela n’a pas marché ailleurs, cela ne fonctionnera pas ici, quoiqu’en dise le préfet de Haute-Savoie. Le remède risque d’être pire que le mal.

Les deux-tiers des bouquetins du massif du Bargy sont sains

D’après nos comptages, il y a actuellement environ 400 bouquetins sur le massif du Bargy, plus une soixantaine de cabris nés à l’été 2015. Parmi ces animaux, près des deux-tiers sont parfaitement sains, soit environ 300 animaux, qui ne portent pas la brucellose. Il est tout à fait possible, et c’est ce pour quoi nous nous battons, de les préserver tout en contenant l’épizootie de brucellose.

On sait distinguer les bouquetins sains des séropositifs

Grâce au test de dépistage in situ de la brucellose, d’une grande fiabilité, les agents de l’ONCFS ont montré qu’il est parfaitement possible d’identifier les animaux séropositifs, qui sont euthanasiés sur place par des vétérinaires. Dans la mesure où il n’existe pas de moyen de guérir les bouquetins infectés, nous ne nous opposons pas à cette pratique.

En revanche, nous nous opposons à l’abattage des animaux sains. Nous défendons une gestion sur plusieurs années, avec des mesures combinées. C’est non seulement préférable mais plus efficace.

Les experts affirment que le problème ne saurait être traité en une année, mais qu’il faut au contraire envisager une gestion sur plusieurs années, avec des mesures combinées. Pour obtenir une réduction à moyen et long termes du foyer de brucellose, le scénario proposé par les scientifiques consiste à associer une élimination progressive des animaux séropositifs, sur quelques années, et une vaccination préventive des animaux sains. Selon les scientifiques, cette option de vaccination permettrait de diminuer fortement le risque de contamination des animaux séronégatifs relâchés, et donc d’envisager une diminution durable du risque pour la population de bouquetins du Bargy.

C’est cette solution qui offre un compromis entre préservation de la nature et intérêts agricoles et c’est pourquoi nous attaquons l’arrêté préfectoral d’abattage massif en justice.

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Communiqué de presse commun : FNE, LPO, FRAPNA, ASPAS

Monsieur le Préfet de Haute-Savoie, il n’y a pas « d’extrême urgence » à tuer des bouquetins !

La date d’audience du référé suspensif déposé par les associations pour empêcher l’abattage de centaines de bouquetins est enfin connue : ce sera le 19 octobre à 11h00 au Tribunal Administratif de Grenoble.

D’ici-là, si le préfet de Haute-Savoie déclenche le même genre d’abattage expéditif qu’en octobre 2013, la plupart des bouquetins sains auront été éliminés, ce qui représente environ 300 animaux de tous âges, dont une soixantaine de cabris nés en 2015. Le tribunal sera mis devant le fait accompli, et ce n’est pas acceptable.

Sur la base des travaux du groupe d’experts scientifiques réuni par l’ANSES, ainsi que de l’avis du CNPN, nous affirmerons haut et fort au juge qu’il n’y a pas urgence à déclencher un abattage massif et indiscriminé, et que d’autres options existent, qui offrent de meilleures chances de maîtriser à terme la brucellose. Aucun cas n’a été détecté depuis 3 ans, alors que les troupeaux en estive ont cohabité avec les bouquetins à chaque saison, ce qui implique que l’invocation de la crainte et de l’urgence est un argument construit et infondé.

En conséquence, nos associations demandent solennellement au préfet de ne pas devancer l’action de la justice, c’est-à-dire de ne pas ordonner d’abattage indiscriminé dans les semaines qui viennent. Il en va du fonctionnement de nos institutions et de l’impartialité de l’État.

Signez la pétition !

Sources : FNE, LPO, FRAPNA, ASPAS

Crédits photos : Alain Gagne

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