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Chenilles processionnaires : quelles techniques naturelles pour lutter contre l’invasion ?

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L’invasion des chenilles processionnaires (Thaumetopoea pityocampa) des pins pose problème. En effet, elles défolient (font perdre leurs aiguilles) les arbres et les affaiblissent. Des parasites ou des insectes peuvent ainsi s’attaquer plus facilement aux arbres et causer leur mort.

L’objectif de la lutte contre la chenille processionnaire n’est pas de l’éradiquer mais de contenir sa population afin de rétablir un équilibre naturel.

crédit photo : Lamiot
crédit photo : Lamiot

Il y a deux raisons principales qui causent la prolifération de cet insecte : le réchauffement climatique, et la disparition des prédateurs naturels de l’espèce ce qui entraîne l’amélioration de ses conditions de vie (l’écologie de l’espèce).

Le réchauffement climatique favorise l’expansion des pins sur le territoire ce qui augmente la surface d’habitat possible pour la chenille qui se nourrit des aiguilles de l’arbre. Par ailleurs, la chenille étant vulnérable aux températures basses, l’augmentation des températures diminue la mortalité des individus pendant l’hiver. Chaque année, l’aire de répartition de la chenille processionnaire progresse de 4 kilomètres vers le nord.

De plus, on constate un déclin des prédateurs naturels de la chenille processionnaire des pins. En 10 ans la population de mésanges charbonnières et bleues a diminué d’environ 10 % en Isère, la huppe fasciée de 97 % et le roitelet huppé de 51 %* (tous trois prédateurs importants de l’espèce).

Les causes principales du déclin de ces espèces sont liées à la disparition des habitats naturels et d’espaces de gîtes pour nicher, se cacher ou séjourner. Par exemple la mésange préfère faire son nid dans les troncs d’arbres morts, mais actuellement dans les espaces urbains ces troncs sont élagués pour des raisons de sécurité et d’esthétique.

Afin d’agir sur le long terme il faut faciliter le retour des prédateurs naturels de la chenille, et ainsi rééquilibrer la biodiversité.

Mais quels sont les prédateurs de cette chenille ?

chez les mammifères : les chauves souris et le lérot ;

Selon une étude de l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique), la présence de papillons de la processionaire du pin est corrélée à une forte activité et présence de chauve-souris, en effet les papillons constituent un maillon de l’alimentation des chauve-souris.

Une solution envisageable consiste à poser des gîtes à chauves-souris afin d’inciter celles-ci à s’installer proche des arbres infectés et ainsi augmenter la pression de prédation sur les papillons.

-  chez les oiseaux : particulièrement les mésanges (charbonnières, noires, bleue, à longue queue…) mais aussi le coucou gris, le geai, le loriot, les grives, la pie grièche, la huppe, l’engoulevent, le roitelet

crédit photo : Raphaël Bussière
crédit photo : Raphaël Bussière

La mésange est le plus gros prédateur de la chenille en France. Elle est insensible aux poils urticants ce qui lui permet de se nourrir sans danger. Elle prélève ainsi des chenilles à tous les stades larvaires.

En période de nidification et d’alimentation des oisillons, un couple de mésanges consomme jusqu’à 500 insectes par jour. La mésange se nourrit également des chenilles en hiver pour subsister au froid, elle fait alors des trous dans les nids et peut consommer l’intégralité du nid.

Pour réduire la quantité de chenilles nous vous conseillons donc de poser des nichoirs à mésanges à proximité des arbres infectés.

Si le nombre de mésanges est proportionnel au nombre de chenilles vous observerez une baisse des chenilles. Attention à ne pas nourrir les mésanges, en effet si celles-ci disposent d’un point de nourrissage fréquent, elles iront vers la facilité et ne prédateront pas.

chez les insectes : un grand nombre d’hyménoptères, les fourmis, le grand calosome…

Crédit photo : Steve Le Briquir
Crédit photo : Steve Le Briquir

Certains insectes se nourrissent des chenilles et n’hésitent pas à venir attaquer les nids et cocons, ceux-ci représentant des garde-mangers pour les insectes.

Vous pouvez donc envisager d’installer un hôtel à insectes.

Afin de réduire leurs nombres et de lutter contre les dégâts des chenilles processionnaires, voici d’autres alternatives écologiques et naturelles.

Il existe des éco-pièges à installer le long du tronc des arbres, lorsque les chenilles descendent de l’arbre au mois de janvier jusqu’à mai elles sont alors stoppées et capturées.

Il existe également des pièges à papillons (mâles). Le système diffuse des phéromones et les mâles sont attirés et capturés. Ce type de dispositif est à installer dans les arbres de mai à septembre.

Et enfin selon une autre étude de l’INRA une lisière de feuillus autour d’une zone où poussent les pins est un bon moyen de stopper les chenilles. La lisière doit être aussi haute que les pins où se trouvent les chenilles et fait office de barrière physique.

Attention pour une efficacité durable et pérenne il est obligatoire de réaliser des actions tout au long de l’année et sur chaque cycle de vie de la chenille. Il faut aussi réitérer les traitements tous les ans car ces papillons peuvent parcourir une vingtaine de kilomètres par jour et les chrysalides enfouies dans le sol peuvent survivre jusqu’à 5ans, il est donc possible que de nouveaux nids de chenilles apparaissent.

Source INRA et le site lamesangeverte.com

Aménager votre jardin pour la biodiversité :

http://isere.lpo.fr/2015/apprenez-a-construire-vos-propres-amenagements-pour-la-biodiversite-de-vos-jardins

* Chiffres liés au rapport de suivis du protocole STOC en Isère de 2001 à 2013. Il s’agit d’une estimation des évolutions de population en lien avec les observations.

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