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Communiqué de presse : Gardons les troupeaux… et gardons le loup

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Suite aux récents événements, la LPO Isère tient à rappeler sa position au  sujet du loup et à ouvrir réellement le dialogue pour envisager une solution durable pour tous.

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© Manon Batista

Depuis le retour naturel du loup en France en 1992 et en 1995 en Isère, la LPO Isère suit attentivement l’évolution de cette espèce dans le département.

Les attaques survenues depuis le printemps 2016 dans le Trièves sur le versant est du Vercors ont suscité beaucoup de réactions. Ces dernières semaines, le préfet de l’Isère a accordé des tirs de défense et des tirs de défense renforcés, puis autorisé un tir de prélèvement d’un loup le 5 août qui a été remplacé le 23 août par une autorisation de prélèvement renforcé de trois loups. Cette autorisation a donné lieu aux tirs et à la mort de deux loups ce week-end. Cette mesure, valable jusqu’au 22 février 2017, autorise également le tir du loup lors de battues de chasse.

Cette accélération de mesures visant à tuer des loups n’est pas de nature à favoriser la nécessaire coexistence durable du pastoralisme et du loup, et ne participe pas au respect des obligations de la France en matière de biodiversité et de protection des espèces sauvages.

Dans l’esprit de ces obligations, la LPO rappelle qu’elle a pour objectif la pérennisation de la présence du loup en France via la mise en place d’une politique de conservation favorable, incluant le soutien à un pastoralisme durable.

La LPO Isère soutient le pastoralisme

A travers le présent communiqué, la LPO Isère, association de protection de la nature et de l’environnement, veut rappeler qu’elle soutient l’agriculture locale et le pastoralisme.

Elle est consciente de la détresse des éleveurs et des bergers et tient à les assurer de son appui pour le maintien durable de leur activité qui fait partie intégrante du patrimoine local.

Néanmoins, le loup n’est pas le seul problème que connaît le pastoralisme d’aujourd’hui, et les causes des difficultés de la profession sont multiples.

L’association tient à souligner l’importance de la faune sauvage pour l’Homme à travers les services écosystémiques rendus et appelle à un dialogue constructif entre les différents partenaires pour la recherche d’une solution pérenne.

La protection des troupeaux

Le plan national loup privilégie la protection des troupeaux qui reste et demeure la solution la plus pérenne pour éviter ou limiter les attaques et dommages imputés au loup.

Dans le secteur du Trièves concerné par les arrêtés préfectoraux, la plupart des attaques concernait des troupeaux dépourvus de protection contre la prédation . Cette absence de protection des troupeaux peut expliquer l’importance et la récurrence des dommages sur ce secteur, le loup étant un prédateur opportuniste.

La LPO Isère tient également à préciser que la mise en place des moyens de protection des troupeaux évite ou diminue sensiblement les attaques et les dommages aux troupeaux. Ces mesures proposées par le plan national loup (clôtures électrifiées, aide-berger et chiens de protection), et mises en œuvre en Isère depuis longtemps, ont montré leur efficacité en matière de dissuasion et d’effarouchement.

Ainsi, les importants troupeaux protégés sur les Hauts Plateaux du Vercors n’ont subi, à ce jour, que très peu de dommages, bien qu’une meute y soit installée depuis plusieurs années.

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© Thomas Cugnod

Le retour du loup 

Le Trièves est un territoire favorable à la présence du loup compte tenu de la couverture forestière, d’une population d’ongulés abondante tout au long de l’année et d’une densité humaine relativement faible.

Le loup a un rôle bénéfique sur les écosystèmes en permettant notamment de réguler les populations d’ongulés sauvages : le cerf, le chevreuil, le chamois, le mouflon et le sanglier, constituent tout au long de l’année ses proies principales (source ONCFS), certaines pouvant par ailleurs causer d’importants dégâts sur les forêts.

Les autorisations de tir

Les autorisations de tir délivrées dans le cadre du plan national loup supposent une réponse graduée aux attaques et ne peuvent s’appliquer que s’il n’existe pas d’autres solutions alternatives. Il semble que les tirs de prélèvement renforcés aient été autorisés sans vérifier si les mesures de protection mises en place n’avaient interrompu ou diminué les attaques sur ces troupeaux.

Quant à la « peur du loup », elle s’appuie sur des arguments irrationnels et ne peut en aucun cas justifier la régulation de l’espèce. De très rares attaques sur l’Homme ont été recensées par des études internationales. Elles sont liées à la contamination par la rage (cas les plus fréquents, mais la rage est absente de France), un animal blessé et acculé, ou à une trop grande promiscuité entre l’homme et l’animal (animal élevé en captivité par ex.).

La possibilité de tir d’un loup, à laquelle la LPO n’est pas fondamentalement opposée dans les cas exceptionnels où les mesures de protection mises en place ne peuvent apporter une réponse satisfaisante, doit rester une réponse ponctuelle, dérogatoire et graduée et non une fin en soi car le loup est une espèce protégée qui joue un rôle important sur le plan écologique.

L’association demande la prise en compte de l’éthologie de l’espèce dans les tentatives de régulation. Les tirs létaux brisent la structure sociale de la meute, ce qui peut indirectement favoriser de futures attaques sur les troupeaux, les individus restants se tournant alors vers les proies les plus faciles.

Enfin, l’amélioration des connaissances scientifiques permettrait une meilleure interaction pour la résolution des problèmes liés à la présence du loup et donc à terme, pour établir une cohabitation pérenne entre le pastoralisme et cette espèce.

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