J’habite chez vous : Les pics

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Découvrez aujourd’hui un autre article de la série j’habite chez vous sur les oiseaux de la famille des Picidés

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© Hugo Bourdin – Pic noir

Un jardinier peut parfois être surpris d’entendre des séries de cris aiguës ou surtout des coups répétés sur les arbres.

Les pics sont adaptés aux milieux arboricoles et aux forêts mais vous serez étonnés de pouvoir en croiser dans votre jardin arboré. Leur allure atypique leur a valu bien des surnoms et histoires. A la verticale sur un arbre, le corps parallèle au tronc. Tout le monde connaît le pic et son bruit de marteau, mais les connaissez vous vraiment ?

Famille et anatomie

Selon les espèces leur taille diffère entre celles d’un moineau ou d’une corneille.

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© Denis Simonin – Pic épeiche

Il y a plusieurs sous-familles dont les Grands pics qui comprend le pic vert, le pic cendré et le pic noir. Et la sous-famille des Pics bigarrés qui comprend le pic épeiche, le pic mar, le pic tridactyle, le pic à dos blanc et le torcol fourmilier.

Mais toutes ces espèces de pics ne se retrouvent pas dans nos jardins. En effet seules quelques espèces se sont adaptées à un milieu moins boisé, même si tous les pics doivent trouver des arbres pour se loger, se nourrir, se reproduire…

Voici les pics que vous pouvez plus précisément trouver dans les parcs et jardins :

Le pic torcol et le pic vert qui préfèrent les jardins et haies, vergers et lisières de bois.

Le pic mar préfère les zones un peu plus grandes telles que les vergers, les bois clairs et les grands parcs, il évite cependant les conifères.

Le pic épeiche et le pic épeichette sont les plus connus, ils s’aventurent jusqu’au cœur des villes et ils aiment autant les forêts boisées ou clairsemées que les parcs et jardins ou les haies et vergers.

Chaque espèce exploite différemment les étages des arbres et des milieux. Autant le pic vert qui s’alimente au sol a seulement besoin de quelques trous pour nicher et dormir autant le pic épeichette a besoin de grands arbres centenaires.

Pour se tenir sur les troncs, les pics possèdent 4 doigts qui s’opposent (deux vers le haut et deux vers le bas) et de solides griffes. Aussi la forte rigidité et l’ergonomie de leur queue leur donne un troisième point d’appui le long des arbres. Les pics ont aussi un remarquable bec (excepté le torcol fourmilier qui a un bec plus faible qui ne lui permet pas de travailler le bois et se nourrit essentiellement au sol). Celui-ci est en constante croissance pour compenser l’usure. Grâce à ce bec, les pics peuvent perforer et creuser le bois. Ils l’utilisent tels des ciseaux à bois et arrachent les fibres du bois. Leur langue est aussi très particulière : longue et fine, enduite d’une sécrétion visqueuse produite par des glandes salivaires, cette langue pointue leur permet d’attraper les proies.

Cycle de vie (généralités)

Les pics sont insectivores (insectes et larves d’insectes) et parfois ils mangent des graines, noix, fruits…. Certaines espèces sont spécialisées dans l’alimentation d’insectes spécifiques comme le torcol fourmilier qui comme sont nom l’indique se nourrit principalement de fourmis (90 % de son alimentation).

Le tambourinage

Le tambourinage est une activité à part entière des pics, elle n’a rien à voir avec les percussions liées à la recherche de nourriture ou la construction de nid.

Cela exprime l’excitation d’un individu à la vue d’un partenaire, d’un congénère ou de sa loge. Le pic agrippé à un tronc frappe du bec à un endroit précis, comme un tambour. Chaque oiseau possède ainsi un ou plusieurs « tambours » qu’il choisi en fonction de la qualité de la résonance. Le tambourinage est exécuté en général à la fin de l’hiver et au printemps. Il correspond tantôt à la recherche d’un partenaire, tantôt à la défense de son territoire. Comme les chants d’oiseaux en fonction de l’espèce le tambourinage est différent.

Vie des espèces

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© Denis Simonin – Pic noir

Les pics sont des espèces solitaires, mais ils supportent la présence

d’autres pics. C’est seulement lorsque le couple veut nidifier que le territoire entre en jeu, mâle et femelle défendent alors toute intrusion.

La construction du nid

Le trou est essentiel à la vie des pics pour la ponte et l’élevage des jeunes. Au printemps, le couple se forme avec une parade nuptiale puis seulement quelques jours après, le couple creuse un nid. Cela a lieu vers la fin avril ou le début mai. Dès que le nid est prêt, la femelle pond ses œufs. Chaque jour un œuf est déposé au fond de la cavité à même le bois sur quelques copeaux. La couvée comporte en moyenne 4 à 9 œufs en fonction de l’espèce. La période d’incubation dure environ 15 jours. Les pics passent ensuite au nourrissage et au sevrage des jeunes. Cette période dure environ 20 à 28 jours. Les jeunes quittent ensuite le nid pour suivre les adultes pendant environ 10 à 15 jours chez les Pics bigarrés et jusqu’à 6 semaines chez les Grands pics. La dispersion des jeunes se fait au cours de l’été, et à la fin de l’été les adultes se séparent.

Un pic s’attaque aux volets et aux boiseries de ma maison, que faire ?

Pourquoi ?

Il arrive en effet que des pics (pic vert, pic épeiche et parfois même pic noir) s’attaquent aux maisons. C’est le cas lorsque la maison est une résidence secondaire, peu animée dans la journée, car les pics n’ont alors aucune crainte d’être dérangé. Le tambourinage qu’ils pratiquent leur permet de se signaler aux autres individus. Ils ont donc besoin d’un support dont la résonance portera très loin, ce qui est le cas de certaines parties des maisons (voliges sous les avancées de toit, poutres maîtresses et volets fermés). Ce type de comportement est la conséquence de l’abattage excessif des arbres morts, lieu de vie pour un grand nombre d’espèces animales et végétales. Précisons, pour rappel, que les pics sont des espèces protégées par le loi, il est donc interdit de les éliminer par quelques moyens que ce soit.

Solution : Rappelons que les pics sont des oiseaux protégés par la loi. Voici deux solutions possibles pour éloigner les pics de votre maison :

– Vous pouvez mettre un caisson de résonance proche de la zone attaquée. Nous tenons à votre disposition des plans de caissons de résonance que nous pouvons vous envoyer sur simple demande.

– Vous pouvez également poser un filet à larges mailles (5 cm pour éviter que l’oiseau ne s’y entortille) sur les boiseries. Pendu à environ 5 cm du support pour les pans verticaux ou tendu à la même distance pour les pans horizontaux.

Ces solutions proposées peuvent limiter les dégats mais ne peuvent être considérées comme efficace à 100 %.

Quelques anecdotes sur les trois espèces emblématiques des jardins

Le pic vert possède une langue qui est la plus longue de tous les oiseaux européens, elle peut sortir du bec jusqu’à 10 cm ! L’extrémité de sa langue est large et plate, elle peut être remuée de façon autonome. En hiver ces pics peuvent même creuser sous la neige pour atteindre les fourmilières.

Le pic épeiche à une langue particulièrement pointue, son extrémité est apte au mouvement autonome et peut empaler des insectes mous. Au printemps le pic épeiche améliore son régime alimentaire et devient carnivore. Son bec étant l’instrument idéal pour entrer dans les trous d’arbres des petits oiseaux forestiers et manger les oisillons.

Chez le pic épeichette certaines femelles sont bigames (créent un couple avec plusieurs mâles). Le nombre de tentatives de reproduction et de petits est ainsi 40 % plus élevé chez ces femelles.

Chez les pics en général, l’élevage des petits se fait d’une façon peu commune et connue. En effet les deux parents se partagent la couvée pour nourrir les petits, et lorsqu’un petit essaye d’échapper à la règle et de se faire nourrir par son parent non référent celui-ci est repoussé.

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