La pyrale du buis : un papillon nocturne invasif

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Vous avez peut-être aperçu, lors des dernières nuits du mois d’août, un nombre assez impressionnant de papillons voler la nuit autour des lampadaires ou sources de lumière. Il s’agit certainement du papillon de la pyrale du buis (Cydalima perspectalis), une espèce d’insectes lépidoptères.

© Didier Descouens - Cydalima perspectalis Imago
© Didier Descouens – Cydalima perspectalis Imago

Cette espèce est considérée comme envahissante depuis 2008 et l’Isère fait partie des départements français touchés. Elle aurait été introduite entre 2005 et 2008 de manière accidentelle, en provenance d’Asie.

Les chenilles se nourrissent des feuilles de buis (Buxus sempervirens, Buxus colchica), en Asie elles peuvent se nourrir d’autres plantes (fusain, houx, figuier), mais pour l’instant en Europe elles s’attaquent seulement au buis.

© Didier Descouens - Cydalima perspectalis
© Didier Descouens – Cydalima perspectalis

En l’absence d’une population suffisante de prédateurs comme les oiseaux insectivores, notamment les mésanges, elles provoquent des dégâts considérable sur les plantes hôtes. Ainsi, en France, de nombreux écosystèmes liés au buis courent un grave danger de disparition.

© Hungchaka - Buis infesté
© Hungchaka – Buis infesté

L’espèce semble pouvoir se reproduire deux à trois fois par an. Les papillons de la première génération prennent leur envol vers la fin du printemps, en août ce sont certainement les papillons de troisième génération que l’on peut observer.

La nymphose (transformation de la chenille au papillon) dure approximativement un mois.

Les moyens de lutte existant sont encore faibles comparés à la menace, à noter parmi les solutions possibles : la lutte mécanique (prélèvement manuel des chenilles non-urticantes et destruction), l’utilisation de pièges à phéromones pour les papillons et la lutte microbiologique (utilisation du Bacillus thuringiensis).

L’équilibre de la biodiversité est perturbé et la disparition constatée depuis plusieurs années de nombreuses espèces1 prédatrices de la pyrale du buis n’aide pas a enrayer l’invasion.

Question à Myrtille Bérenger, responsable du groupe chiroptères en Isère : Les chauves-souris mangent-elle les papillons de la pyrale du buis ?

« L’été 2016 a été marqué, à basse altitude sur les contreforts des massifs calcaires isérois, par la progression fulgurante des chenilles de  Pyrale  du  Buis  (Cydalima perspectalis). Cette chenille verte originaire d’Asie, qui une fois rassasiée des feuilles de sa plante hôte, se transforme en un papillon nocturne blanc aux ailes bordées d’un liseret marron.

La pullulation est visible, la nuit tombée, autour des lampadaires où se massent de nombreux individus ailés. Mais les animaux insectivores de nos contrées profitent-ils de cette abondante nourriture ?

Voilà une question souvent posée au cours de sorties nocturnes à laquelle aucune réponse argumentée n’avait été faite.

Et bien, la réponse est oui !, les chauves-souris mangent les papillons “Pyrales du buis”. C’est au cours d’une visite de cavité sur la commune de Saint-Quentin-sur- Isère, la semaine dernière, que nous avons pu observer des restes de repas d’un oreillard (chauve-souris aux grandes oreilles).

Parmi ces ailes de papillons non consommées, il y en avait de nombreuses appartenant à la pyrale. Par conséquent, il est fort probable que les animaux insectivores, et de surcroît nocturnes, puissent avoir un effet sur les populations de “Pyrales du buis”.

Nous en revenons donc au grand intérêt de maintenir des écosystèmes préservés, fonctionnels, et des cordons de déplacement pour sauvegarder une biodiversité alliée des êtres humains et des paysages. « 

En savoir plus : http://www.cabi.org/isc/datasheet/118433

http://www.faunaeur.org/full_results.php?id=442650

http://ephytia.inra.fr/fr/C/21251/Agiir-Pyrale-du-buis

1* Chiffres liés au rapport de suivis du protocole STOC en Isère de 2001 à 2013. Il s’agit d’une estimation des évolutions de population en lien avec les observations.

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