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Campagne de sauvegarde des busards cendrés en Isère – Compte-rendu 2017

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Le Busard cendré (Circus pygargus) est une espèce de rapace diurne menacée qui mérite toute notre attention en Isère. La raréfaction de leurs milieux naturels, telle que les zones humides, ont poussé les busards à s’adapter et donc s’installer dans différents types de cultures (céréales, cultures fourragères, etc.). L’opération de protection des nichées de busards est mise en place afin d’éviter la destruction des nids lors des moissons ou des fauches. La campagne de sauvegarde se déroule principalement en plaine de Bièvre.

Cette campagne a reçu le soutien de nombreux donateurs qui ont participé a une campagne de dons, permettant de récolter 2495€ pour nous soutenir dans cette action. Un grand merci à eux !

Merci aussi au Tichodrome pour son investissement dans cette campagne. De nombreux jeunes busards cendrés ont ainsi pu être accueillis au centre de soins à la faune sauvage.

En début de saison, les très bonnes conditions météorologiques du mois d’avril ont permis la fauche précoce du ray-grass et des luzernes limitant ainsi l’installation des busards cendrés dans ce type de parcelle, ils se sont donc reportés sur les friches et les céréales, ce qui nous laisse plus de temps pour intervenir. Globalement, les pontes ont beaucoup été retardés par le très mauvais temps du mois de mai, froid et pluie étant des éléments impactant sur la nidification des busards cendrés.

Sous ce froid printanier et sous les chaleurs étouffantes de juin, nous avons donc trouvé 27 nids et recensé 26 couples nicheurs (1 ponte de remplacement). 28 couples ont été identifiés, les deux autres couples sont probablement issus de destructions que l’on a loupées. Sur ces 27 nids, 12 se trouvent dans les friches, 6 en pré de fauche (1 en Ray Grass, 4 dans le dactyle et 1 en Luzerne) et 9 dans les céréales (5 dans l’orge et 4 dans le blé).

Au total, ce sont 11 nids qui ont été protégés (7 cages traineaux posés et 4 pontes sauvées) permettant ainsi l’envol de 23 jeunes busards cendrés.

Les cages traineaux ont été mise en place dans les nids en céréales. Ce sont 53 jeunes qui ont pris leur envol  au total, mais seulement 40 en Isère puisque 13 jeunes busards cendrés ont dû être rapatriés d’urgence au taquet décentralisé du Rhône (CSOL), car le taquet existant en Isère a été détruit volontairement en juillet. 7 jeunes busards se sont envolés du taquet nouvellement construit de l’Isère. Seulement 3 jeunes se sont envolés d’un carré grillagé (Saint-Hilaire de la côte). La productivité pour les couples ayant au moins 1 jeune à l’envol depuis le nid est de 2.36, un chiffre tout à fait satisfaisant.

Cependant, la productivité globale est de 1.18 car beaucoup de nids ont échoué leur reproduction.

En effet, 14 nids ont échoué pour les raisons suivantes : 6 nids détruits volontairement, 2 nids avec des poussins morts écrasés au pied dans la cage traineau, 2 nids fauchés précipitamment, 1 nid avec les faux œufs et les piquets de repérage volés et le dernier avec des poussins disparus de la cage traineau dans la même parcelle.

Nous avons déposé plaintes contre X auprès de l’ONCFS qui devrait enquêter sur les faits. Suite à la dernière destruction volontaire (piétinement des poussins dans le nid) nous avons pris la très lourde décision de rapatriés au centre de sauvegarde du Tichodrome tous les autres poussins dans les nids protégés (12 au total) afin de garantir leur survie. Cette décision est extrême et a pour conséquence l’échec de la reproduction des couples. Deux autres nids ont probablement été victimes de prédation (renards, chats…).

Le graphique ci-dessous témoigne de la situation alarmante de l’espèce dans le département. Les données de la campagne de protection 2015 sont à prendre avec du recul, l’investissement bénévole a été très limité dû à l’absence du coordinateur départemental. Le nombre de couples nicheurs ne cesse de diminuer, depuis 2008, la population à chuter de 38%, autrement dit, un tiers de la population de busard cendré en Isère a disparu en à peine 10 ans. Cependant, hormis pour l’année 2015, le nombre de jeunes à l’envol est globalement resté constant. La protection des nids a été efficace durant ces années et a permis l’envol de la majorité des jeunes busards. La bonne productivité dans l’ensemble reflète la grande densité en ressource alimentaire de la plaine de Bièvre (campagnol des champs et grande sauterelle verte).

À l’occasion de cet article, nous faisons appel aux bonnes volontés qui souhaiteraient s’investir pour la protection de ce magnifique rapace à nos côtés l’an prochain. Cette campagne est à la fois riche en rencontres et en émotions mais aussi formateur au métier de la protection de la nature et à l’ornithologie.

Un très grand merci aux écovolontaires de cette année : Camille Verschaeve, Nolwenn Trividic, Camille Schellenberger, Romain Winkler Françoi et Amandine Prévost ainsi qu’aux bénévoles Isérois : Emmanuel Collet, Hugo Hello, Georges Laurencin, Erige de Thiersant, Jean Charles Poncet et Alexandra Acca.

Un grand merci également à Pascal Tavernier et Patrice Franco d’avoir accepté les busards de l’Isère dans leur taquet ainsi qu’à Philippe Descollonge pour s’en être occupé.

Auteur : Florian Escot

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