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Victoire ! Le Conseil d’État suspend la chasse aux oies sauvages

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Grâce aux dizaines de milliers d’entre vous qui se sont mobilisés en masse contre la prolongation de la chasse aux oies en février, la LPO a pour la douzième fois fait condamner l’État, décidément obstiné sur ce sujet. Merci à tous !

Oies cendrées (Anser anser) – Crédit photo : Aurélien Audevard

Six jours après la clôture de la consultation publique sur la chasse aux oies en février ayant comptabilisé plus de 52 000 contributions, dont une majorité d’avis contre l’arrêté, le gouvernement français signait pourtant l’arrêté de prolongation. La LPO avait alors immédiatement saisi le Conseil d’État afin de demander sa suspension d’urgence, en vue de son annulation. La Directive oiseaux votée en 2009 par l’Union Européenne stipule en effet qu’il est interdit de chasser les oiseaux migrateurs de retour sur leurs lieux de nidification.

Le Conseil d’État vient de se prononcer : la chasse des oies sauvages est suspendue avec effet immédiat. En condamnant en référé le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, il a considéré que :

  • La prétendue « gestion adaptative » n’avait sûrement pas pour objectif de contourner les dates de clôture de la chasse
  • Des « petites populations n’avaient pas à être prélevées »
  • Aucun dégât n’impacterait la France en raison de la présence des oies
  • Les chiffres de populations d’oies survolant la France durant la période incriminée étaient nettement inférieurs à ceux annoncés par le Ministère.

Au final, à l’heure où la France prétend être exemplaire dans sa volonté d’endiguer le déclin de la biodiversité, elle met tout en œuvre pour permettre l’abattage récréatif d’oiseaux migrateurs supplémentaires à seule fin de satisfaire une minorité.

C’était sans compter sur la vigilance et l’opiniâtreté de la LPO qui se voit obligée de rappeler année après année aux gouvernements successifs que la législation européenne interdit de chasser les oiseaux migrateurs de retour sur leurs lieux de nidification.

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Consultez le communiqué de presse

Le gouvernement autorise la chasse aux oies en février

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Sur ordre du Président de la République, le ministre censé incarner la Transition Écologique et Solidaire a signé hier un arrêté prolongeant la chasse aux oies sauvages jusque fin février… En moins d’une semaine, les 52 000 contributions sur le site de la consultation publique auraient donc déjà été analysées…

La LPO vient de déposer deux recours auprès du Conseil d‘État contre cet arrêté, l’un visant son annulation et l’autre, plus urgent, demandant sa suspension immédiate.

Nous vous relayons donc l’article de la LPO France afin de vous informer de l’état actuel des choses et des suites à envisager.


Le Ministère prétend avoir analysé, en moins d’une semaine, les 52 000 contributions sur le site de la consultation publique pour établir son arrêté.

Sur ordre du Président de la République, le ministre censé incarner la Transition Écologique et Solidaire vient de signer un arrêté le 30 janvier 2019 permettant la chasse de 4 000 Oies cendrées jusqu’au 28 février 2019 (sauf Haut-Rhin/Bas-Rhin), et sans quota, des Oies rieuses et des moissons, jusqu’au 10 février.

Oies cendrées © Jean Deschâtres

Les oies ne causent pas de dégâts aux cultures

L’argument présenté par le Ministère ne tient pas puisqu’il n’y a pas de dégâts causés aux cultures par ces espèces en France. Après tout, les précédents gouvernements avaient déjà tenté de justifier la chasse après la fermeture pour des raisons scientifiques (sic), ou donné des ordres à la police de la nature de ne pas verbaliser les chasseurs.

Le droit européen est bafoué

Le Président de la République qui se dit européen convaincu, méprise la Directive oiseaux approuvée par la France il y a 40 ans qui dit que les États membres ne doivent pas chasser les oiseaux migrateurs de retour sur leurs lieux de nidification.

Un arrêté illégal reconnu par le Conseil d’État

11 arrêts concordants du Conseil d’État ont confirmé, année après année, que la date de fermeture de la chasse aux oies sauvages doit être le 31 janvier afin de respecter la migration prénuptiale des oiseaux qui débute, selon les études les plus récentes, à partir du 20 janvier (et de plus en plus tôt avec le réchauffement climatique).

Des espèces difficilement différenciables de nuit

Les chasseurs sont bien incapables de distinguer les trois espèces d’oies après le 10 février, s’agissant pour grande partie d’une chasse de nuit, et les contrôles sont fatalement limités notamment par les faibles effectifs des agents de l’ONCFS.

La quiétude des oiseaux d’eau troublée

Ce mois de chasse supplémentaire perturbera les autres oiseaux d’eau dont la chasse est fermée depuis le 31 janvier, et notamment les canards, en cette période de quiétude qui leur est indispensable entre la fin de l’hivernage et leur reproduction. Et qu’importe si la faune est fragilisée par les conditions météorologiques hivernales.

La LPO tient bon et ne lâche rien

La LPO vient de déposer deux recours au Conseil d‘Etat contre cet arrêté, l’un visant son annulation et l’autre, plus urgent, demandant sa suspension immédiate.

Plus d’informations

Consultez le communiqué de presse

Appel à mobilisation en faveur des oies sauvages

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Avant le 24 janvier 2019, dites non au projet d’arrêté visant à prolonger la chasse de ces espèces.

>> Source de l’article : LPO France
>> Lire la tribune d’Allain Bougrain-Dubourg publiée dans Le Monde le 10 janvier 2019

Oies cendrées – Fabrice Cahez

Prenant le prétexte de « dégâts » aux cultures dans les pays nordiques, le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire veut, sur ordre du Président de la République, autoriser la chasse de 3 espèces d’oies grises (Oie cendrée, rieuse et des moissons) tout au long du mois de février. Il vient de mettre en consultation publique une note et un projet d’arrêté autorisant la chasse :

  • De 5 000 Oies cendrées partout en France jusqu’au 28 février 2019 (sauf Haut-Rhin et Bas-Rhin)
  • Des Oies rieuses et des moissons, sans quota, jusqu’au 10 février

Cette consultation publique est ouverte sur le sujet jusqu’au 24 janvier 2019 pour recueillir les avis des citoyens.

Chaque témoignage doit être personnel, c’est pourquoi vous trouverez ci-dessous des éléments de compréhension et de réponse dont vous pourrez vous inspirer.

Nous vous invitons à répondre à cette consultation publique pour faire part de votre désaccord concernant ce projet d’Emmanuel Macron qui menace cette espèce en commençant votre réponse par « Je suis contre » ou « Je suis opposé ».

Un prétexte grossier

Personne n’est dupe, des décennies de contentieux de la LPO au Conseil d’Etat pour faire annuler plus de 11 fois les arrêtés ministériels prolongeant la chasse des oies au mois de février. La dernière décision en date étant l’arrêt du 29 janvier 2018 condamnant Ségolène Royal, qui avait donné instruction à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) de ne pas verbaliser les chasseurs chassant les oies du 1 au 12 février 2017.

Après avoir menti sur les dates de migration des Oies cendrées, invoqué des motivations scientifiques, désengagé les forces de police de leur mission de contrôle des chasseurs, voici le nouveau « mobile » du gouvernement : l’Etat allègue de dégâts aux cultures ailleurs en Europe, aux Pays-Bas, pour autoriser les chasseurs français à tirer des oies en soutien aux agriculteurs néerlandais !!! Jamais les chasseurs ne se seront sentis si pro-européens eux qui souhaitent à tout prix la suppression des directives européennes protégeant la nature et notamment la directive « Oiseaux » !

Une pratique contraire à la Directive Oiseaux

D’après les dernières données sur la chronologie de migration et reproduction des espèces, validées par le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, en décembre 2018[1], la migration des Oies cendrées débute dès la 3e décade de janvier, soit à partir du 20 janvier.

La fermeture de la chasse aux Oies cendrées ne peut donc pas avoir lieu au-delà de la fin janvier, conformément à l’article 7 de la Directive oiseaux qui précise que les oiseaux migrateurs ne peuvent être chassés en période de migration pendant le trajet de retour vers leur lieu de nidification.

Ce principe a été rappelé par la Cour de justice de l’union européenne en 2003[2] et plus récemment par le Commissaire européen Karmenu Vella qui, en 2015[3], a rappelé à Ségolène Royal et à la France qu’une dérogation au titre de l’article 9 de la Directive Oiseaux ne peut avoir pour réel objectif de prolonger la période de chasse des oiseaux migrateurs.

Les effectifs annoncés d’Oies cendrées sont obsolètes

Si l’espèce profite effectivement d’un état de conservation « non préoccupant » selon la liste rouge européenne[4] (LC : Préoccupation mineure), les chiffres avancés par le ministère ne sont pas toutefois d’actualité puisque la population actuelle n’est pas estimée à 1 200 000 individus mais à 960 000 individus[5], soit presque 25% en moins.

L’Oie cendrée des Pays-Bas n’est pas la même qu’en France

En Europe, la population d’Oie cendrée (anser, NW Europe/SW Europe) est principalement répartie aux Pays-Bas (43% de la population en reproduction, sédentaire), en Suède (20%), en Allemagne (15%, sédentaire), en Norvège (11%) et au Danemark (8%).

La population d’Oie cendrée NW/SW Europe se compose de trois unités de population bien distinctes :

  • Une unité de population sédentaire (donc non migratrice) représentée par des oiseaux qui se reproduisent aux Pays-Bas, en Belgique, et en Allemagne ;
  • Deux unités migratrices qui se reproduisent l’une en Suède et l’autre en Norvège et qui hivernent en France et en Espagne.

La nouvelle étude commanditée dans le cadre du plan de gestion international de la population[6] est alors claire : les oiseaux présents en France, en transit ou en hivernage, proviennent bien des entités migratrices d’Oies cendrées (de Norvège et de Suède) et n’ont rien de commun avec ceux qui posent problème aux Pays-Bas.

Chasser les oies en Février en France n’aidera donc en rien à réduire les dégâts causés par les oies aux Pays-Bas, ce ne sont pas les mêmes oiseaux !

Les Oies cendrées ne représentent pas de réels dangers pour l’agriculture

Les principaux dégâts aux cultures observés en Europe proviennent de l’entité sédentaire de la population d’Oie cendrée qui représente près de 60% de la population NW/SW Europe. Les dégâts observés en lien avec les populations migratrices (celles qui passent ou hivernent en France) sont rares et hyper-localisés en Scandinavie, là où les activités humaines et les cultures intensives entourent aujourd’hui les zones humides fréquentées par l’espèce.

Puisque l’origine scandinave des oies en transit ou en hivernage en France est démontrée, il est très improbable que des actions de prélèvements en France aient un impact sur les dégâts occasionnés par les populations sédentaires d’oies aux Pays-Bas voire même ailleurs.

Cette dérogation n’a donc pas lieu d’être si ce n’est pour prolonger la saison de chasse des oies pendant la migration prénuptiale de l’espèce, ce qui est interdit.

Quant à évoquer des dégâts d’Oies cendrées à l’agriculture en France, ils sont très peu signalés voire inexistants, et sans commune mesure avec ceux observés aux Pays-Bas. Le caractère « très peu préoccupant » de ce problème en France évoqué par l’ONCFS en 1996[7] est toujours d’actualité en 2017[8].

Enfin, à l’occasion d’un récent projet de loi[8] (non voté à ce jour) contre la sur transposition des directives européennes, le Conseil d’Etat[9] a, dans son contrôle préalable, rappelé au législateur que la chasse dérogatoire pour prévenir des dégâts aux cultures ne peut s’appliquer que si les dommages sont importants et causés en France  et s’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante que la chasse. Ici, il ne s’agit pas de dégâts en France mais aux Pays-Bas et cet Etat gère lui-même les conflits liés à sa population sédentaire importante d’oies…

Les Oies cendrées ne représentent pas non plus de réels dangers pour les écosystèmes

Les dommages aux écosystèmes sont également cités pour justifier cette dérogation. Ces dommages sont cependant insuffisamment documentés et étudiés selon le plan de gestion de la population AEWA[8]. Il convient de remarquer que ces dégâts sont hyper-localisés dans des zones et périodes de très fortes concentrations d’oiseaux, où se concentrent également de très fortes concentrations humaines. Cet impact n’est pour l’heure aucunement ni estimé, ni vérifié objectivement.

Le statut des population de l’Oie rieuse et de l’Oie des moissons

Quant aux deux autres espèces d’oies : l’Oie rieuse (Anser albifrons albifrons) et l’Oie des moissons (Anser fabalis rossicus), même si leur statut de conservation est favorable au niveau européen[4], leur chasse jusqu’au 10 février, de surcroit sans quota, empiète sur le début de leur migration de retour qui a lieu dès la première décade de février. En outre, il existe d’importants risques de confusion des oies grises entre elles[10], ces deux espèces rares pourront donc être victimes de la chasse après leur fermeture à la place des Oies cendrées, elle toujours ouverte (jusqu’au 28/02).

De fausses mesures d’atténuation de nature à prévenir notamment le risque de dérangement sur les autres espèces

Le projet d’arrêté est un cadeau aux chasseurs de gibier d’eau à la hutte, tonne, gabion … puisqu’il permet la chasse des oies à partir des installations fixes de chasse de nuit.

Volontairement, il est flou sur l’autorisation des appelants vivants destinés à attirer les oies puisqu’il ne limite pas clairement et expressément ceux-ci aux oies cendrées mais à toute espèce dont la chasse est autorisée … les canards seront-ils donc à nouveau déplacés sur les étangs alors que leur chasse est fermée depuis le 31 janvier et qui garantira alors la seule chasse des oies et non des autres oiseaux d’eau quand on sait qu’elle se pratique la nuit et que les contrôles seront limités notamment par les faibles effectifs des agents de l’ONCFS ?

En outre, le tir des oies jusqu’au dernier jour de février perturbera les oiseaux d’eau dont la chasse est fermée depuis le 31 janvier et notamment les canards, en cette période de quiétude qui leur est indispensable, entre la fin de l’hivernage et le début de leur retour vers leurs aires de reproduction et leur saison de reproduction.

Absence de réel « autocontrôle » des chasseurs sur leurs prélèvements !

Outre le fait que ce quota de 5 000 Oies cendrées ne repose sur aucune justification scientifique mais exprime seulement le vœu du président de la Fédération Nationale des Chasseurs tel qu’il l’a exprimé à l’automne dernier, la mise en place inopinée d’une application smartphone « Chassadapt » pour l’occasion et les soi-disants auto-contrôles des chasseurs pour respecter ce quota, relèvent de la pure fantaisie, les chasseurs n’ayant encore jamais expérimenté en grandeur réelle et temps réel des applications permettant de dénombrer au jour le jour les prélèvements réalisés.

Ce projet de loi rend tout à coup obligatoire, de fait, la possession d’un smartphone pour déclarer les prélèvements sur l’application « Chassadapt » ce qui n’est prévu par aucune réglementation.

Cette application « chassadapt » à laquelle le projet d’arrêté fait référence pour avoir les décomptes en temps réel des Oies cendrées prélevées et ne pas dépasser le quota des 5 000, permet actuellement de déclarer 7 espèces  sur l’application dont l’Oie cendrée mais pas les 2 autres à savoir l’Oie rieuse et l’Oie des moissons dont la chasse sera pourtant  autorisée jusqu’au 10 février. Or l’article 2 du projet d’arrêté litigieux prévoit que « l’ONCFS et la FNC sont chargés d’évaluer l’impact des prélèvements sur l’état de conservation des trois espèces d’oies … Cette évaluation fera l’objet d’un rapport transmis au directeur de l’eau et de la biodiversité avant le 30 novembre 2019 ».

Comment pourront-ils évaluer l’impact des prélèvements sans avoir les données « Chassadapt » des prélèvements des Oies rieuses et des moissons, non inscrites dans l’application ?

L’application « Chassadapt » est un outil non abouti en version de test en 2018-2019 (descriptif figurant sur le Google Play de l’application) et qui ne permettra de compiler les prélèvements que de l’Oie cendrée à l’exception des deux autres oies chassables.

Par ailleurs, la mise à disposition des agents de l’ONCFS chargés des contrôles de l’outil « Chassacontrol » géré par la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) est une confusion des rôles mettant les agents de l’Etat en situation de dépendance vis à vis de la FNC ce qui est inacceptable.

La LPO vous remercie pour votre mobilisation contre ce projet qui n’est qu’une nouvelle tentative de prolonger en France la chasse pendant la période de migration prénuptiale des oiseaux.


[1] Lamarque, F. & Eraud , C. (2018) Update: Key concepts of Article 7(4) – Synthèse des avis et positions arrêtées par les différentes parties lors de la réunion du 22/11/2018 (MTES La Défense, Paris) et à travers les échanges courriels des 26, 27 et 28 novembre 2018 (pour l’Oie cendrée, le Harle bièvre et la Tourterelle turque). pp. 148. Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage, Paris, France.
[2] Arrêt de la Cour (sixième chambre) du 16 octobre 2003. – Ligue pour la protection des oiseaux e.a. contre Premier ministre et Ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. – Demande de décision préjudicielle: Conseil d’Etat – France. – Directive 79/409/CEE – Conservation des oiseaux sauvages – Dates d’ouverture et de clôture de la chasse – Dérogations. – Affaire C-182/02.
[3] Réponse de Karmenu Vella en date du 13 mars 2015, Commissaire européen à l’environnement, à Mme Ségolène Royale.
[4] BirdLife International (2015) European Red List of Birds. pp. 67. European Commission, IUCN, SSC & BirdLife International, Luxembourg.
[5] Fox, A.D. & Leafloor, J.O. (2018) A global audit of the status and trends of Arctic and Northern Hemisphere goose populations. pp. 31. Conservation of Arctic Flora and Fauna International Secretariat, Akureyri, Iceland.
[6] Powolny, T., Jensen, G.H., Nagy, S., Czajkowski, A., Fox, A.D., Lewis, M. & Madsen, J. (2018) AEWA International Single Species Management Plan for the Greylag Goose (Anser anser) – Northwest/Southwest European population. AEWA, Bonn, Germany.
[7] Schricke, V. & Mouronval, J.-B. (1996) Les oies en France : Conflits avec l’agriculture. Gestion Location Intervention, Paris, France.
[8] http://www.senat.fr/dossier-legislatif/pjl18-010.html
[9] Conseil d’Etat Séance du jeudi 27 septembre 2018. Avis sur un projet de loiportant suppression dessurtranspositionsdes directives européennes en droit français NOR: EAEX1823939L. http://www.conseil-etat.fr/Decisions-Avis-Publications/Avis/Selection-des-avis-faisant-l-objet-d-une-communication-particuliere/Projet-de-loi-relatif-a-la-suppression-des-surtranspositions-des-directives-europeennes-en-droit-francais
[10] Christensen, T.K., Madsen, J., Asferg, T., Hounisen, J.P. & Haugaard, L. (2017) Assessing hunters’ ability to identify shot geese: implications for hunting bag accuracy. European Journal of Wildlife Research, 63, 1-11.


La LPO porte plainte auprès de la Commission européenne après l’autorisation du Conseil d’État de continuer la chasse à la glu

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La chasse à la glu reste autorisée dans 5 départements français

Saisi par la LPO, le Conseil d’Etat a rejeté la demande d’abrogation de l’arrêté ministériel du 17 août 1989 qui autorise, par dérogation à la Directive européenne sur les oiseaux, le piégeage des oiseaux à la glu dans les départements Alpes de Haute Provence, Alpes Maritimes, Bouches du Rhône, Var et Vaucluse.

Rappelons que la chasse à la glu consiste à capturer des oiseaux (principalement les grives et les merles) avec de la glu sur des baguettes ou des branches d’arbres.

Source AFP

Une décision contestable

Le Conseil d’Etat s’en est tenu à sa précédente décision en date du 16 novembre 1992 affirmant que si des oiseaux protégés sont retrouvés blessés ou morts c’est uniquement dû au manque de contrôle de la part de la police de la nature et à une mauvaise pratique de cette « chasse ». La LPO conteste cette interprétation qui souffre manifestement d’un manque d’argumentation.

Notons que le Conseil d’Etat a refusé d’examiner les nouveaux éléments fournis par la LPO, à savoir l’arrêté de la Cour de Justice de l’Union Européenne du 9 décembre 2004 condamnant l’Espagne pour la pratique des « parany » (gluaux) sur la communauté de Valence, et les rapports d’experts vétérinaires confirmant les dommages irréversibles sur les espèces ainsi capturées

La LPO poursuit son action

Pour Allain Bougrain Dubourg « les chasses dites « traditionnelles » appartiennent au passé. À l’heure où la biodiversité s’effondre, et en particulier les oiseaux, s’amuser à coller (glu), étrangler (tenderie) ou écraser (tendelle) des dizaines de milliers d’entre eux, en plus du fusil, est juste irresponsable. »

Plus déterminée que jamais, la LPO porte plainte auprès de la Commission européenne.

>> Consultez le communiqué de presse pour plus d’informations

La LPO signataire du manifeste contre les excès et les provocations de la chasse

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76 fondations et associations ont lancé, samedi 3 novembre 2018, un appel « contre les excès et provocations de la chasse ».

Découvrez sans plus attendre ce manifeste, signé notamment par la LPO :

MANIFESTE

APPEL DES 76 FONDATIONS ET ASSOCIATIONS CONTRE LES EXCÈS ET PROVOCATIONS DE LA CHASSE

En cette rentrée, il n’est pas une journée sans nouvelle provocation de la part des dirigeants des instances cynégétiques et des élus qui les soutiennent : grande campagne visant à faire croire que les chasseurs sont les premiers écologistes de France ; annonce de la réouverture des chasses présidentielles ; cadeaux fiscaux aux plus riches d’entre eux avec la baisse du prix du permis national ; subventions scandaleuses de la part de certaines collectivités ; déclarations méprisantes de la part de responsables cynégétiques ; braconnage assumé publiquement dans la presse ; combats permanents contre la protection des espaces naturels et des espèces comme les prédateurs dont les mustélidés ; prosélytisme dans les écoles…

Le tout sous la bienveillance manifeste de quelques élus en quête de voix, et ce jusqu’au plus haut sommet de l’État.
Les sondages sont constants, les Françaises et les Français ne se reconnaissent pas dans ces excès de violence car ils en connaissent la réalité et les conséquences :

• 100 à 200 accidents de chasse par an, avec 10 à 20 morts chaque année dont des promeneurs et des randonneurs ;
• Des pratiques barbares infligeant des souffrances inacceptables aux animaux : déterrage des blaireaux, utilisation de la glu, écrasement et étranglement des passereaux, conditions déplorables de détention des appelants, chasse à courre, etc. ;
• De trop nombreux responsables cynégétiques pris la main dans le sac pour braconnage ;
• 15 millions d’animaux d’élevage lâchés dans la nature afin d’être tirés comme au ball-trap ;
• Des espèces en mauvais état de conservation pourtant chassées, dont 20 espèces d’oiseaux inscrites sur les listes rouges de l’Union
Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) ;
• 6 000 tonnes de plomb déversées dans la nature chaque année avec des conséquences catastrophiques sur la santé et l’environnement (sans parler des dizaines de milliers de cartouches abandonnées) ;
• Des secteurs entiers interdits à la promenade comme si la nature n’appartenait qu’aux porteurs de fusils.

Ça suffit ! Fortes de la confiance et de l’attente des Françaises et des Français, nos organisations exigent sans attendre :

• De remettre le permis de chasse national à son prix initial ;
• La fin des pratiques cruelles et moralement inacceptables, en particulier : la chasse à courre, la vénerie sous terre des renards et
blaireaux, les piégeages dits « traditionnels » et la persécution des animaux considérés comme « susceptibles d’occasionner des
dégâts » (anciennement appelés « nuisibles ») ;
• L’obtention du dimanche sans chasse pour un meilleur partage de l’espace public ;
• L’arrêt de l’élevage et des lâchers d’animaux à seule fin cynégétique ;
• Le retrait des espèces en mauvais état de conservation des listes chassables ;
• Le remplacement du plomb par l’acier dans les munitions ;
• La multiplication des contrôles et le renforcement des sanctions à l’encontre des contrevenants ;
• L’abandon du projet de réouverture des chasses présidentielles ;
• L’interdiction du prosélytisme de la chasse et des armes dans nos écoles.

ALLIANCE DES OPPOSANTS À LA CHASSE – ANIMAL CROSS – APPEL DES LÉVRIERS – ASELA – ASSOCIATION ADEO ANIMALIS – ASSOCIATION CHATS DES RUES – ASSOCIATION ÉDUCATION ÉTHIQUE ANIMALE – ASSOCIATION FÉL’AIN – ASSOCIATION FERUS – ASSOCIATION GALGOS ANGEL – ASSOCIATION GREEN – ASSOCIATION LÉVRIERS SANS FRONTIÈRES – ASSOCIATION MILLE TRACES – ASSOCIATION PAMÊA – ASSOCIATION PERLE – ASSOCIATION POUR LA PROTECTION DES ANIMAUX SAUVAGES (ASPAS) – ASSOCIATION SAUVETAGE ET CHATS EN DÉTRESSE – ASSOCIATION STÉPHANE LAMART – LAEO FRANCE – ASSOCIATION UNE AUTRE CHANCE – ASSOCIATION UNE HISTOIRE DE GALGOS – ASSOCIATION VÉNUS – ASSOCIATION VIDA – AVES FRANCE – CCE²A – CODE ANIMAL – COEURS DE LÉVRIERS – COLLECTIF CCMA –  COLLECTIF C’EST ASSEZ – COLLECTIF LE LOBBY DES 4 PATTES – COLLECTIF POUR L’ABOLITION DE LA CHASSE À COURRE (CACC) – COLLECTIF VESEA – COMITÉ DE SOUTIEN À LA CAUSE ANIMALE (CSCA) – CONFÉDÉRATION NATIONALE DÉFENSE DE L’ANIMAL – CONVENTION VIE ET NATURE (CVN) – ECO VOLONTAIRE INTERNATIONAL (EVI) – FÉDÉRATION CREL – FONDATION 30 MILLIONS D’AMIS – FONDATION ASSISTANCE AUX ANIMAUX – FONDATION BRIGITTE BARDOT – FONDATION DROIT ANIMAL, ÉTHIQUE ET SCIENCES – FONDATION POUR LA NATURE ET L’HOMME – FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT (FNE) – GALER’ANIMAL VALRAS-PLAGE – GROUPE  ORNITHOLOGIQUE ET NATURALISTE DU NORD PAS DE CALAIS – HUMANITÉ ET BIODIVERSITÉ – L214 – LA BERGERIE ET COMPAGNIE – LA FERME DES RESCAPÉS – LES CHATS LIBRES AIGUES MORTAIS – LES CHATS LIBRES D’AUBIN – LÉVRIERS DU SUD – LIGUE POUR LA PROTECTION DES OISEAUX (LPO) – MOUNTAIN WILDERNESS FRANCE – OFFICE POUR LES INSECTES ET LEUR ENVIRONNEMENT (OPIE) – OISEAUX ÉTHOLOGIE – ONE VOICE – PASSION LÉVRIERS – PATTOUNES DE JACOU – PETA – PÔLE GRANDS PRÉDATEURS – RÉGUL’ MATOUS – RÉSEAU ÉCOLE ET NATURE – SCOOBY FRANCE – SEA SHEPHERD – SOCIÉTÉ FRANÇAISE POUR L’ÉTUDE ET LA PROTECTION DES MAMMIFÈRES – SOCIÉTÉ HERPÉTOLOGIQUE DE FRANCE (SHF) – SOCIÉTÉ NATIONALE DE PROTECTION DE LA NATURE (SNPN) – SOCIÉTÉ PROTECTRICE DES ANIMAUX (SPA) – SOLIGALGOS – SOS ADOPTION 34 – SUR LES TRACES DU LOUP – TENDUA – TERRES DES BÊTES – UNE NOUVELLE CHANCE – WELFARM

 

>> Télécharger le manifeste au format PDF

Non, les chasseurs ne sont pas les premiers écologistes de France !

Un commentaire

Suite à la campagne de communication et d’affiche dans les grandes villes par la Fédération Nationale des Chasseurs de France (voir l’article de Le Monde à ce sujet) et suite aux événements nationaux de ces dernières semaine (réforme du permis de chasse, démission du ministre de l’écologie…), le réseau LPO propose une réponse illustrée afin de rétablir quelques vérités sur la chasse et ses abus…

Ouverture de la chasse l’été en Isère : la LPO Isère adresse un recours gracieux au Préfet et demande l’annulation de cet arrêté

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Ouverture de la chasse l’été en Isère :
la LPO Isère adresse un recours gracieux au Préfet et demande l’annulation de cet arrêté

Le 7 juin 2018, un arrêté préfectoral autorise l’ouverture anticipée de la chasse en battue du sanglier à partir du 1er juillet 2018, puis à partir du 1er juin 2019.
La LPO Isère adresse un recours gracieux au Préfet et demande l’annulation de cet arrêté en raison du dérangement de la faune sauvage en période de vulnérabilité.

© Alain Gagne

La LPO Isère s’est donnée pour objet d’agir pour l’oiseau, la faune sauvage, la nature et l’Homme et lutter contre le déclin de la biodiversité par la connaissance, la protection, l’éducation et la mobilisation en Isère.
En sa qualité d’association agréée au titre de la protection de l’environnement, la LPO vient d’envoyer au Préfet de l’Isère un recours gracieux suite à l’arrêté adopté en juin 2018 autorisant l’ouverture anticipée de la chasse en battue du sanglier sur le département, ouverture qui fait largement débat dans l’opinion publique.

Par ce courrier, la LPO Isère émet plusieurs requêtes :

  • l’annulation de l’arrêté qui fixe l’ouverture de la chasse en battue et le décantonnement du sanglier à compter du 1er juillet 2018, puis du 1er juin 2019, jusqu’à l’ouverture générale de la chasse,
  • l’annulation de l’arrêté qui fixe les dates d’ouverture de la chasse de la caille des blés, de la tourterelle des bois et de l’alouette des champs sans prévoir de prescriptions particulières destinées à garantir la conservation de ces espèces,
  • l’annulation de l’arrêté qui autorise la chasse du renard à l’occasion des arrêtés autorisant la chasse anticipée du chevreuil et du sanglier.

Les motifs de cette demande sont multiples :

  • la chasse en battue, bien plus que les autres modes de chasse au sanglier (à l’approche et à l’affût) constitue le mode de chasse le plus perturbateur pour la faune sauvage car la battue est non sélective (rabatteurs, chiens courants) et cause donc un  dérangement général,
  • autorisée dès le 1er juillet 2018 puis à compter du 1er juin 2019, ce mode de chasse mettra en péril la reproduction de la faune sauvage : c’est en effet pour un très grand nombre d’espèces chassables ou protégées la période particulièrement cruciale de reproduction, de nourrissage ou d’émancipation des jeunes de l’année,
  • ce mode de chasse en période de reproduction est contraire à la loi du 8 août 2016 relative à la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages qui renforce le principe de précaution, ainsi qu’aux objectifs départementaux de conservation des espèces et des habitats de la faune sauvage,
  • les résultats de l’étude publiée par le Muséum national d’histoire naturelle début 2018 sur la nidification des oiseaux à partir du protocole national STOC, montrent que les oiseaux des plaines agricoles accusent un déclin très important. À ce titre, la caille des blés, la tourterelle des bois et l’alouette des champs sont particulièrement concernées ; c’est pourquoi la LPO demande le contrôle et le suivi des prélèvements effectués chaque année à l’instar de ce qui est fait dans les autres départements limitrophes,
  • l’ouverture anticipée ne tient pas compte des activités de pleine nature pratiquées à cette période par une très grande majorité de non chasseurs et des conflits et accidents qui peuvent résulter de la pratique simultanée de la chasse en battue.

Ainsi, en parallèle avec le recours en référé déposé conjointement par la FRAPNA Isère, Mountain Wilderness, l’ASPAS et des particuliers, la LPO Isère souhaite à son tour exprimer son opposition à cet arrêté au travers d’un recours gracieux auprès du Préfet de l’Isère.

L’association en appelle à la responsabilité environnementale de M. le Préfet de l’Isère et espère que des suites favorables seront données à ce recours gracieux pour faire évoluer l’arrêté en vigueur dans le sens de la sauvegarde de la biodiversité.

Accident de chasse de Revel ou la prise en otage de la nature et des citoyens

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La FRAPNA et la LPO Isère ont appris avec une grande peine mais aussi avec colère la nouvelle de l’accident mortel qui est survenu ce samedi 10 octobre près du hameau de Freydières à Revel (Isère), prenant la vie d’un jeune étudiant de l’agglomération grenobloise qui se promenait sur un chemin forestier très fréquenté.
Les associations demandent bien évidemment que tout soit mis en œuvre par les autorités de police judiciaire afin d’éclaircir les circonstances de cet accident, de pouvoir en tirer les enseignements et ainsi engager les mesures de prévention qui s’imposent.

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La survenance d’un tel drame n’est pas une surprise. La FRAPNA et la LPO Isère dénoncent depuis des années l’insuffisance des règles obligatoires de sécurité de la chasse, une activité minoritaire et excessivement dangereuse.
C’est le résultat d’une politique du chiffre au détriment de la sécurité, l’obsession des fédérations de chasse restant de ne pas perdre d’adhérents.

Contrairement aux tireurs licenciés au sein d’associations sportives, les chasseurs n’ont pas à produire de certificat médical lors du renouvellement annuel de leur permis.

L’aptitude technique du chasseur n’est jamais contrôlée, le permis de chasse une fois délivré est valable à vie. Aucune formation continue ou évaluation ponctuelle n’est obligatoire.

La consommation d’alcool n’est toujours pas interdite et les agents de l’O.N.C.F.S. ne peuvent pas pratiquer de contrôle d’alcoolémie.

Une infime minorité de chasseur a passé un examen pratique validant son permis de chasse, cet examen n’ayant été rendu obligatoire qu’en 2003 et près de la moitié des chasseurs n’a jamais eu à passer d’examen. La réforme de cet examen pratique depuis 2014 ne concerne que les nouveaux chasseurs.

En Isère, la formation à la sécurité des responsables de battues au grand gibier (sangliers, cerfs, chevreuils) n’est toujours pas obligatoire alors que les armes utilisées s’apparentent parfois à des armes de guerre (portée de plus de 2 km et utilisation de balles expansives).

Les chasseurs veulent chasser partout y compris dans les réserves naturelles et les espaces très fréquentés comme le secteur de Freydières. Un trop grand nombre d’espèces sont chassables et les espèces protégées deviennent des trophées, pour lesquels les chasseurs n’hésitent pas à faire pression sur les autorités afin de pouvoir satisfaire leur besoin de divertissement !
Non, l’accident de Freydières n’est pas fortuit mais le résultat d’une politique de laisser-aller irresponsable mise en place afin d’enrayer la réduction du nombre des chasseurs et ce y compris en autorisant la chasse à la carabine dès quinze ans !
Si la chasse est autorisée, il est intolérable que cela soit au détriment de la sécurité et de la quiétude des non chasseurs.

Rappelons que la chasse est une activité de loisir ! Quelle autre activité de loisir met en danger mortel les autres concitoyens, qui plus est en s’accaparant un espace naturel ouvert à tous?

Aujourd’hui, la FRAPNA et la LPO Isère en appellent à la mobilisation pour exiger des autorités publiques et des élus, de respecter l’aspiration légitime de tout un chacun à se promener, effectuer une activité sportive, randonner, cueillir des champignons, aller à la rencontre de la faune sauvage dans les espaces naturels en toute quiétude et en totale sécurité :

– en interdisant la chasse dans les espaces fréquentés comme le hameau de Freydières de Revel et aux abords de tous les sentiers et chemins de randonnées fréquentés toute l’année,

– en exigeant des vrais contrôles sur les aptitudes techniques et le respect des règles de sécurité des chasseurs

– en fixant un second jour de non chasse hebdomadaire en Isère (aujourd’hui le seul jour de non-chasse est le vendredi pour notre département), le dimanche

– en interdisant la chasse dans tous les espaces protégés (réserves naturelles, espaces naturels sensibles….)

Pour en savoir plus :

Lien vers le collectif : une dimanche sans chasse
http://www.dimanche-sans-chasse.fr/

Le livre blanc sur la chasse :
http://rhone-alpes.lpo.fr/telechargements/CORA_LivreBlancChasse.pdf

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