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J’habite chez vous : les chauves-souris

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Aujourd’hui, un nouvel article de la série « j’habite chez vous ! » nous allons vous parler des chauves-souris ou chiroptères pour les initiés.

crédit photo : Raphaël Quesada
crédit photo : Raphaël Quesada

La cohabitation avec la nature peut parfois paraître difficile mais des solutions douces existent !

Les chauves-souris sont d’adorables petits mammifères, souffrant de nombreux préjugés injustifiés.

La chauve-souris est un mammifère totalement inoffensif, elle ne va pas venir vous sucer le sang, vous attaquer, sauter dans vos cheveux, vous transmettre la rage ou d’autres idées farfelues !

Les chiroptères sont des animaux passionnant pourvues de fonctions biologiques de haute-technologie (vision nocturne, ouïe fine, vol, sonar, régulation de la température interne…).

Ce sont quasiment les seuls insectivores volant à manger les insectes nocturnes. Elles jouent donc un rôle primordial dans la régulation des populations d’insectes et s’avèrent être de fidèles allier dans la lutte contre les moustiques. Par exemple une pipistrelle (espèce de chauve-souris) mange l’équivalent de 3000 moustiques par nuit.

Tout d’abord il s’agit d’en savoir un peu plus sur ce petit animal.

Qu’est ce qu’un chiroptère ?

Les grandes particularités de l’espèce sont sa capacité à voler (seuls quelques mammifères en sont capables), l’hibernation au stade adulte (comme beaucoup de mammifères), l’écholocation (fait d’envoyer des sons et/ou ultra-son afin de se repérer dans l’espace comme les cétacés) et la vie nocturne.
Les chiroptères ont une anatomie très particulière lui permettant de voler (grâce à une membrane de peau souple) et de s’accrocher aux parois des cavités (griffes et tendons).

Le cycle de vie annuel des chiroptères est proche de celui de la plupart des mammifères.

C’est-à-dire une période d’hibernation et de léthargie pendant l’hiver ce qui consiste à faire descendre la température corporelle et le métabolisme de l’animal qui est ainsi ralenti à l’extrême. Ces hibernations se font en gîte d’hiver (arbres creux, grottes, mine carrière…). Au printemps vient une période de transit avec le retour de la chasse afin de reconstituer les réserves, également la période de gestation (les femelles ont été fécondé en automne).

Ensuite c’est la saison estivale avec les gîtes d’été de juin à septembre (comble et carrières), ont assiste aussi à la mise-bas des jeunes et leurs élevages. Enfin à l’automne c’est une nouvelle période de transit ou les chiroptères constituent des réserves pour l’hibernation et aussi la période de l’accouplement.

De juin à fin août, les interventions sur les gîtes à chauves-souris doivent être proscrites. En effet, les mères élèvent leurs uniques petits à cette période. Une intervention aurait des conséquences très graves sur la survie des mères et des petits.

crédit photo : SerotineNilsson-Yoann PEYRARD
crédit photo : SerotineNilsson-Yoann PEYRARD

Les grandes questions

En été, les femelles se rassemblent pour mettre bas, ce qui peut vous donner l’impression d’être envahi, cette idée peut être renforcé par les premiers vols des jeunes, mais aucune crainte, la chauve-souris ne vous fera aucun mal ! Elle ne va pas vous envahir. En effet, les chiroptères ne donnent naissance qu’a un seul individu par an. Elle ne vont donc pas « pulluler » comme certain rongeurs.


Aussi ce ne sont pas des animaux constructeurs (nids) ou destructeurs (rongeur de câble, laine de verre ou matériaux d’isolation), elles ne causent aucun dégât matériel sur vos habitations.


Certaines personnes se plaignent de la présence d’urine et d’excréments (appelés guano).
Ces traces sont souvent trouvées en aplomb des sites où logent les chiroptères.

Là encore pas de crainte cela ne nuit en aucun cas à votre habitation, les urines ne sont pas acides (aucun dégât sur les charpentes) et les guano sont biodégradables (deviennent poussières) et ils sont de très bon fertilisant pour les sols ! C’est donc une aubaine pour vous que d’avoir de l’engrais gratuitement sous votre toit. Afin de récupérer le guano et protéger vos éventuels meubles dans votre grenier, vous pouvez disposer une bâche étanche sur le sol, cela vous permettra de récupérer l’engrais. De même pour vos terrasses ou jardins d’été, vous pouvez disposer un grand drap ou une grande bâche en guise de tonnelle. Pensez à faire la récolte à un moment non dérangeant pour les chauves-souris (en septembre par exemple).

Il peut arriver qu’une chauve-souris entre dans votre chambre. Pas de panique ! Ne tentez pas de la faire fuir en la poursuivant avec un balai ou une serviette. Il suffit simplement d’ouvrir la fenêtre, de sortir de la pièce et fermer la porte derrière vous. Au bout de quelques minutes la petite chauve souris sera partie.

Les chiroptères sont malheureusement en voie de disparition notamment en raison de la disparition de gîtes naturels (arbre creux, falaise, cavités…). C’est pourquoi certaines vont se réfugier dans vos greniers, granges ou cave, d’autant plus que ces espaces offrent des conditions favorables .

Il est conseillé de faire des aménagements extérieurs pour que les chauves-souris s’y logent (exemple gîte à chauve souris) et comme mentionné précédemment les chauves-souris sont très bénéfiques pour vous et l’environnement.

Toutes les espèces de chauve souris Française sont protégées par la loi car elles sont en voie de disparition (liste rouge). Il est donc formellement interdit de les capturer, les manipuler, les tuer, les mutiler et les transporter …


Le réseaux SOS chauve souris n’a pas vocation à vous
« débarrasser des chauves-souris ». Il s’agit de spécialistes bénévoles qui sont là pour aider à la cohabitation homme/chauve-souris et pour vous aider à trouver des solutions en cas de nuisances ou de problèmes.

SOS chauve-souris en Isère : 04 76 51 78 03

Pour en savoir plus :

Campagne Chiroptères

http://www.museum-bourges.net/chauve-souris-questions-r%C3%A9ponses-30.html

http://www.gcprovence.org/sauvetage/probleme.html

http://www7.inra.fr/opie-insectes/pdf/i126tillon.pdf

La Chronique du mercredi : Découvrez la campagne de prospection des chauves-souris 2015

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Tous les ans à la même période, la LPO Isère organise sa campagne de prospection des chauves-souris ou chiroptères pour les initiés.

Rencontre avec Romain Chardon, Service Civique Amphibiens et Chiroptères à la LPO Isère.

Romain Chardon - LPO Isère
Romain Chardon – LPO Isère

Bonjour Romain, peux-tu, rapidement nous présenter ce que tu fais à la LPO Isère ?

Bonjour. Je me suis occupé de coordonner la campagne de sauvegarde des amphibiens au début de l’année, c’était une première étape de ma mission au sein de la LPO. Dans un deuxième temps je vais coordonner et participer à la campagne de prospection des chiroptères avec l’appui d’Ophélie Planckaert, responsable du Pôle Conservation à la LPO Isère, et de Suzy Fauvel, stagiaire sur la campagne chauves-souris. Les derniers filets de protection pour les amphibiens ont été démontés il y a 15 jours et la campagne de prospection des chauves-souris commence déjà.

Et concrètement la campagne de prospection des chauves-souris c’est quoi ?

Il s’agit de rechercher et de recenser les colonies de chauve-souris en Isère. La période de mai à juillet est la plus propice pour observer les chauves-souris, cela correspond à la période de mise bas de ces espèces, des colonies d’estivage se constituent et il est plus facile de localiser et d’apercevoir ces espèces passionnantes. La campagne commencera ce weekend avec un weekend bénévole. Nous allons chercher, grâce au soutien des bénévoles, des colonies de chauves-souris pendant 3 jours autour des étangs de Bonneveaux et dans le secteur Nord-Est du plateau de Chambaran. Une trentaine de personnes y participent, bénévoles à la LPO Isère, pour Nature Vivante ou Espace Nature Isère. Spécialistes ou non ce sera l’occasion de partager un moment naturaliste et convivial !

Comment aller vous faire pour trouver les colonies de chauves-souris ?

Nous partons à la rencontre des habitants des communes afin de recueillir des témoignages de présence de chiroptères. Puis nous visiterons, dans la mesure du possible, les clochers des églises, souvent propices à la présence de chauve souris, car ils allient tranquillité et grands espaces sous les combles.

Dans le cadre du weekend bénévole nous procéderons également à des séances nocturnes de capture et d’écoute acoustique sur la commune de Chatonnay. Ce grâce à l’installation de filets et de micros positionnés à des endroits stratégiques.

Après le weekend bénévole des 6 et 7 juin il va se passer quoi ?

Pendant les deux mois suivants nous allons entamer un campagne de recherche de colonies de chauves-souris, grâce au soutien d’EDF, du Département et de nos bénévoles. Principalement dans le bâti et dans la Basse-Isère, l’Oisans et les berges du Drac. Le but est de prospecter les bâtiments favorables aux chauves-souris notamment les vieilles bâtisses, églises, châteaux en lisière de forêt ! L’objectif est d’identifier les espèces et le nombre d’individus présents dans la zone.

Pourquoi la LPO Isère réalise cette campagne ?

Afin d’enrichir les connaissances sur la répartition des chauves souris en Isère, améliorer les connaissances naturalistes (ndla : l’an dernier elle a eu lieu en Oisans). On estime qu’en Isère 28 des 34 espèces de chauves-souris de France métropolitaine sont présentes.Toutes ces espèces sont menacées et protégées par la loi. De plus, la répartition de ces espèces est mal connue pour le territoire de l’Isère.

Les chauves-souris sont des espèces qui pâtissent souvent d’une mauvaise image, est-ce justifié ?

Les gens ont souvent des idées reçues sur les chauves-souris, il existe une certaine mythologie autour de ces espèces. Mais non, en Europe les chauves-souris ne sucent pas le sang, elles ne s’attaquent pas à vos cheveux et elles ne risquent pas de vous envahir. Il vous savoir que ces petits mammifères ne donnent naissance qu’a un seul jeune par an ! S’il est vrai que les chauves-souris peuvent être porteuses du virus de la rage, cela ne concerne qu’une faible minorité des espèces et un individu contaminé ne sera pas agressif et même plutôt diminué et affaibli, il y a des chances de transmission que s’il y a manipulation de l’individu.

Il faut aussi savoir que les chauves-souris sont très utiles à nos écosystèmes elles sont capables, en une nuit, de consommer la moitié de leur poids en insectes et notamment en moustiques ! Ce sont de véritables insecticides naturels mais qui ne nuisent pas à notre environnement. Au contraire leur guano est un excellent fertilisant.

Et si on a des chauves-souris chez-nous que faut-il faire ?

Pas grand-chose, ces petites bêtes ne causent pas vraiment de dégâts et vous seront plutôt utiles si vous avez des moustiques qui traînent ! En cas de doutes vous pouvez nous appeler, on a mis en place un service SOS Chauve-souris au 04 76 51 78 03.

Comment on fait pour être bénévole pour cette campagne ?

Je vous invite à me contacter par mail amphibiens.isere@lpo.fr ou par téléphone, toujours au 04 76 51 78 03. Vous pouvez aussi vous renseigner sur le site internet de la LPO Isère pour avoir plus d’informations pour les dates et lieu de prospection.

Merci à toi, bon courage !

SOS Chauve-souris : Conseiller, rassurer et informer au 04 76 51 78 03

Si vous observez des chauves-souris et que vous habitez les communes suivantes merci de nous contacter : St Jean d’Avelanne, St Albin de Vaulserre, St Martin de Vaulserre, Velanne, Virieu, Chelieu, Burcin, Fitilieu, Chassigneu, Le Passage, La Baume d’Austun, St Nazaire en Royans, Lamotte Fanjas, St Thomas en royans, Auberives en Royans, St Just de Claix, St Hilaire du Rosier, St Lattier, Salle en Baumont, Quet en Beaumont, Cotes de Corps, Villard-Reculas, Le Freney d’Oisans, Auris en Oisans !

Grand Rhinolophe.R.Quesada (12)
© Raphaël Quesada – Grand rhinolophe

Adrien Lambert