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Les étangs du Grand Albert et du Petit Coquet : l’ORE des générations futures…

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Les étangs du Grand Albert (17 hectares de plan d’eau sur une propriété de 21 ha) et du Petit Coquet (1 ha), situés dans le massif de Bonnevaux (commune d’Arzay), ont été vraisemblablement créés au Moyen Age, par les moines de l’abbaye cistercienne (XIIème siècle).
Ils constituent un patrimoine historique remarquable, car l’étang du Grand Albert est le plus grand étang des plus de trois cents étangs que compte ce massif. Sur le plan naturel, c’est aussi un patrimoine de premier plan. Un travail significatif d’inventaire a été réalisé en 2010, par les associations Nature Vivante et Sympetrum.
L’étang du Petit Coquet est le seul site en Auvergne Rhône-Alpes où l’on retrouve trois espèces rares de leucorrhines (libellules) : la leucorrhine à gros thorax, la leucorrhine à large queue et la leucorrhine à front blanc. Les inventaires sont toujours en cours avec les associations Nature Vivante, Sympetrum, Le Pic Vert, BLE, LPO Isère et Gentiana.

Vue aérienne, source geoportail

En mai 2008, la digue du Gand Albert s’est rompue, provoquant la vidange de l’étang du Grand Albert. Les propriétaires des étangs ont alors souhaité sa remise en eau en privilégiant une valorisation écologique. Accompagnés par le CEN Isère, ils ont déposés le 3 février 2015 auprès du Conseil Régional une demande de classement en Réserve régionale naturelle qui n’a pas abouti à ce jour, bien que l’intérêt régional de ce site naturel ait été reconnu.

Les propriétaires, soutenus par le Collectif Grand Albert, ont néanmoins poursuivi leurs démarches. Au cours des années 2017 et 2018, plusieurs rencontres ont eu lieu entre les propriétaires et la LPO Isère afin d’établir un projet commun qui repose sur trois axes :

  • préserver et gérer la qualité des habitats faunistiques, floristiques et des milieux naturels tout en tenant compte des processus écologiques et de l’évolution naturelle du milieu,
  • restaurer et améliorer l’utilisation du milieu naturel par la faune, la flore et toutes espèces naturelles indigènes, par la remise en eau de l’étang du Grand Albert grâce à des aménagements et des mesures de gestion adéquates et durables (modelage des fonds et construction d’une digue adaptée),
  • réaliser des actions d’éducation à l’environnement.

Afin de concrétiser cet engagement, les propriétaires et la LPO Isère ont signé le 21 septembre 2018, devant notaire, un contrat d’obligation réelle environnementale (ORE – voir l’encart) pour une durée de 99 ans.

Étang du Petit Coquet © Jean-Marc Taupiac

La signature de cette convention est certes importante mais ne constitue qu’une première étape. L’objectif de renaturation ne pourra être atteint qu’avec l’appui et l’implication de tous : acteurs du territoire, associations, collectivités et Agence de l’Eau….
C’est dans cet esprit que les propriétaires et la LPO Isère porteront ce très beau projet d’intérêt général au bénéfice des générations présentes et futures.

Les signataires de la convention ORE le 21 septembre à Chambéry à l’office notarial : Mme Marie-Josèphe Jouffroy, Mme Madame Myriam Lenoël, Mr Joseph-Emmanuel Pion, propriétaires des étangs, et Mme Catherine Giraud, Présidente LPO Isère (deuxième personne en partant de la droite)

Qu’est-ce qu’une obligation réelle environnementale (ORE) ?

L’ORE permet à tout propriétaire d’un bien immobilier de mettre en place, s’il le souhaite, une protection environnementale de son bien. Cette protection volontaire vise à créer des actions en faveur de la biodiversité, ses éléments et ses fonctions, et passe par la signature d’un contrat avec un garant. L’ORE peut aussi être utilisée pour mettre en œuvre des mesures de compensation et s’articuler avec d’autres engagements contractuels (bail rural environnemental par exemple).

L’ORE c’est :

  • un nouvel outil de protection volontaire de l’environnement, largement ouvert aux propriétaires privés,
  • un dispositif reconnu par la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et du paysage du 8 août 2016 (nouvel article L. 132-3 du code de l’environnement),
  • un contrat authentique (acte notarié) librement consenti entre le propriétaire d’un bien et son cocontractant (collectivité publique, établissement public, personne morale de droit privé agissant pour la protection de l’environnement),
  • un engagement pour protéger la biodiversité et les fonctions écologiques, qui permet par exemple de protéger certaines espèces de faune ou de flore sauvages ; conserver-restaurer certains éléments de biodiversité ou supports de fonctions écologiques (haies, arbres, bosquets, plan d’eau…) ; maintenir certaines constructions abritant des éléments de biodiversité (greniers, murets…) ; faire office de zone tampon entre une zone urbanisée et une zone naturelle à enjeux écologiques,
  • un outil contractuel, souple et avantageux pour le propriétaire,
  • un outil mobilisable pour la compensation liée à des projets d’aménagement,
  • un engagement non tributaire des changements de propriétaires.

Enfin, l’ORE perdure pendant toute la durée prévue au contrat sans dépasser les 99 ans.

Source : ORE fiche de synthèse / Ministère de la transition écologique et solidaire

La LPO Isère souhaite développer l’outil ORE. Ainsi, si vous aussi vous voulez préserver la biodiversité sur vos propriétés de cette façon, contactez Jean Deschâtres, référent ORE à la LPO Isère : 06 78 33 29 59 ou deschatres.jean@orange.fr

La Chronique du mercredi : Les premiers dispositifs avifaune ont été installés sur des poteaux ERDF dans le Trièves

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Dans le cadre de la convention signée en novembre 2014 entre les différents partenaires du territoire isérois, les premiers dispositifs de protection de l’avifaune ont été installés sur des poteaux électriques ERDF de la commune de Monestier-du-Percy en Isère entre mercredi 15 juillet et vendredi 17 juillet. Le jeudi 16 juillet a eu lieu l’inauguration officielle en présence de responsables d’ERDF et de la LPO Isère ainsi qu’en présence de jean-Charles Poncet, Président du centre de sauvegarde de la faune sauvage Le Tichodrome. En effet, cette zone avait été définie comme prioritaire après l’électrocution de 7 cigognes, fin août 2014, sur la commune.

© Adrien Lambert
© Adrien Lambert

A cette occasion a été présentée la plaquette d’informations qui sera mise à disposition du grand public afin d’informer sur les risques que le réseau électrique présente pour l’avifaune et les actions qui sont menées, dans le cadre de la convention, pour réduire ce même risque.

Vous pouvez la consulter ici !

Pour rappel : Afin d’identifier et d’équiper les zones les plus sensibles, le collectif de partenaires cherche à recenser les cas de mortalité d’oiseaux. Pour cela, la contribution du plus grand nombre d’observateurs est nécessaire et renforce la qualité des actions en Isère.
Si vous constatez une situation accidentelle liée au réseau électrique, communiquez-la à la LPO Isère en localisant précisément votre observation ou en la publiant sur Faune-Isère.

La Chronique du mercredi : Avancée de la Convention multipartenariale en faveur de l’avifaune en Isère

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ERDF - reunion technique -convention de partenariat avifaune
© ERDF

Le mardi 3 mars 2015, ERDF, les Parcs Naturels Régionaux de Chartreuse et du Vercors ainsi que la LPO Isère se sont réunis autour de la Convention multipartenariale en faveur de l’avifaune et des habitats en Isère. Cette convention, signée, le 21 novembre 2014, pour une durée trois ans, a pour but de mettre en œuvre des mesures concrètes pour réduire les risques d’électrocution de l’avifaune locale. Étaient excusés le Conseil Général et le Parc National des Ecrins.

Cette rencontre était l’occasion de présenter l’avancée de la collaboration initiée dans le cadre de la signature de cette convention. La première étape pour l’année 2015 est la hiérarchisation des sites pour lesquels une intervention est cruciale. Julia Florian, chargée de mission à la LPO Isère, a donc présenté la liste des espèces prioritaires à prendre en compte pour l’équipement des lignes électriques. Cette liste (voir tableau) est basée sur la liste d’espèces prioritaires établie par le Comité régional avifaune de Rhône-Alpes (animée par la LPO coordination Rhône-Alpes). Elle comprend trois niveaux de priorité :

Espèces de priorité 1

– Espèces soumises à un plan national d’actions (PNA) ou espèces concernées par un statut critique d’extinction sur la liste rouge Rhône-Alpes (CR) – Pour ces espèces les actions d’équipement peuvent être préventives (sans donnée d’électrocution/collision).- Les actions d’équipement peuvent être préventives dans les zones d’intervention (sans donnée d’électrocution/collision).

Espèces de priorité 2

– Espèces ayant au moins un statut vulnérable (VU) sur la liste rouge Rhône-Alpes.Les actions d’équipement sont menées si un cas d’eléctrocution/collision est signalé, on parle alors d’actions curatives.

Espèces sous veille

– Espèces de statuts variés sur la liste rouge (quasi menacé NT à critique CR)
– Les actions d’équipement sont menées si plusieurs cas avérés sur un même secteur sont identifiéstableaulegUne fois la liste de priorité établie, un premier travail d’identification des zones de sensibilité a été réalisé grâce aux observations des espèces concernées. Ces données, recoupées avec celles des observations de mortalité permettent ainsi de fournir une première hiérarchisation du territoire et des zones prioritaires.

Il reste encore un travail important de traitement de données dont, notamment, le croisement des données obtenues avec celles du réseau ERDF et des zones protégées.

Néanmoins, cet avancement considérable devrait permettre l’identification et la priorisation des secteurs d’intervention lors du deuxième comité de pilotage qui se déroulera fin avril.
Les premiers travaux d’équipement de site sont attendus pour l’été 2015.

Les partenaires de cette convention ont également mis en avant la nécessité de sensibiliser au mieux, à la fois les agents de terrain d’ERDF, mais également le grand public afin de faire remonter les observations de cas d’électrocution de l’avifaune.