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Promenade hivernale sur les plans d’eau de l’Isère et des Savoies

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Les lacs, bassins, étangs, retenues et barrages sont autant de lieux pour observer les oiseaux d’eau hivernants.
Poussés par le froid polaire, à mesure que les lacs gèlent au Nord, les oiseaux d’eau partent cap au Sud.
Il s’agit alors de milliers de canards, de toutes les espèces et de toutes les couleurs, venus de Russie, de Scandinavie, d’Ukraine ou de Sibérie.

Rassemblement sur le plan d’eau de l’Ovalie

Les grèbes

Trois espèces fréquentent nos plans d’eau en hiver : le grèbe huppé, le grèbe castagneux et le grèbe à cou noir ; plus rarement, le grèbe jougris peut y être observé.

Le grèbe castagneux
Le nom de cet oiseau fait allusion à son allure de châtaigne et son petit corps en boule. Migrateur partiel, il vient de l’est de l’Europe. Au printemps, caché dans les roseaux, il émet un trille aigu et prolongé caractéristique.

Grèbe castagneux en plumage nuptial © Fabrice Cahez

Les canards

Parmi les 34 espèces de canards, on remarquera :

LES CANARDS DE SURFACE
Ils s’envolent directement sans courir sur l’eau et arborent généralement un miroir de couleur sur l’aile.

• Le canard pilet
Habitant du grand Nord, il hiverne en Europe occidentale. Le mâle, élancé et élégant, a une longue queue pointue et un motif blanc fin et sinueux de chaque côté de la tête.

Canard pilet © Wikipédia

• La sarcelle d’hiver
Elle est présente chez nous d’octobre à mars, fréquemment mêlée aux canards colverts dont elle partage habitudes et nourriture. Elle dort le jour et mange au clair de lune en aspirant l’eau et la vase contenant des insectes, des graines ou des semences.

Sarcelle d’hiver © Emile Barbelette

LES CANARDS PLONGEURS
Souvent plus lourds et plus massifs, ils peuvent rester jusqu’à dix secondes en plongée et s’envolent en prenant leur élan sur l’eau.

• La nette rousse
Ce gros canard apprécie les grands lacs entourés d’une végétation abondante. Le mâle est très reconnaissable avec sa calotte rousse et son bec rouge corail brillant façon « plastique » ; on ne peut pas le confondre avec une autre espèce !

Nette rousse © Philippe Prigent

• Le harle bièvre
Migrateur partiel, il passe aussi l’hiver en Europe occidentale. Il capture des poissons grâce à son bec crochu à bord denticulé. Son vol rapide à ras de l’eau est facilement repérable.

Harle bièvre © Alain Gagne

• Le fuligule morillon
Il se déplace en troupes en hiver. Le mâle, noir et blanc, possède une longue huppe tombante en période de reproduction.

Fuligule morillon © Arnaud Foltzer

• Le garrot à œil d’or
Farouche, il vit généralement en couple ou en petits groupes. Le mâle est repérable de loin, notamment grâce à sa tâche blanche entre son œil et la base de son bec. Les parades nuptiales débutent très tôt, dès janvier/février : le mâle rejette la tête en arrière sur le dos, puis étire le cou, bec levé.

Garrot à oeil d’or © Ginou Waeckel

Remarque : Toutes les femelles doivent rester « incognito ». Leur plumage homochromique (coloration adaptée au milieu ambiant) et discret les protégera pour couver.

Femelle canard colvert (à droite) et femelle canard siffleur (à gauche)

Les vacances se terminent aux premiers sourires du printemps, fin février, début mars. Tout ce monde ailé et coloré repart sans laisser d’adresse pour assurer tout au Nord ou tout à l’Est une nouvelle reproduction.

Ginou Waeckel

Deux sorties d’observation des oiseaux d’eau hivernants sont organisées samedi 12 janvier, en parallèle du comptage officiel « Wetlands » : au barrage de Saint-Égrève et au lac du Bourget. Plus d’infos : isere.lpo.fr/agenda

Sachez les reconnaître « Les grèbes en hiver »

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Les Grèbes en hiver

 

Grèbe esclavon (Podiceps auritus)

Grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis)

Grèbe castagneux (Trachybaptus ruficollis)

Grèbe huppé (Podiceps cristatus)

Grèbe jougris (Podiceps grisegena)

 C’est l’hiver, et les plans d’eau sont un terrain privilégié pour les ornithologues: on y observe les anatidés (canards, harles, cygnes et oies), les laridés (mouettes et goélands), les ardéïdés (hérons et aigrettes), le grand cormoran et le martin-pêcheur, les rallidés et les grèbes. Ces derniers, poussés par la sévérité des hivers du septentrion, nous arrivent en nombre parfois dès l’automne et font la joie des observateurs perspicaces: les cinq espèces de grèbes visibles en hiver ne sont pas toujours faciles à identifier…mais voyons cela. Nous partirons du principe que l’observateur a déjà conclu qu’il avait à faire à un grèbe…mais lequel ? Compte-tenu de la rareté des observations, l’identification en vol ne sera pas abordée ici.

 

 Identification par la taille

Ce critère n’est franchement pas le bon: en effet, on sait bien qu’en l’absence de point de comparaison il est très difficile d’apprécier la taille d’un oiseau par rapport à un autre; seule la présence côte à côte de deux individus de deux espèces différentes permet de faire ce travail, mais cette situation n’est pas courante. Pour ce qui est des grèbes tout au plus pourrait-on faire trois classes: d’une part les grands (huppé et jougris), d’autre part les moyens (cou noir et esclavon), enfin le petit castagneux. Mais restons prudents avec le critère taille.

 

Identification par le plumage

Là nous tenons le bon critère, mais bien souvent il nous faudra l’aide de la longue-vue pour être sûr de l’identification.

Grèbe esclavon

Rare, et seulement visiteur d’hiver, l’esclavon peut facilement être confondu avec le cou noir, beaucoup plus fréquent. L’hivernage régulier concerne les côtes du nord de la France au sud-Bretagne, ailleurs on a plutôt des oiseaux erratiques.

Nous avons à faire à un grèbe de petite taille; le critère principal c’est le blanc pur des joues qui fait contraste avec le noir de la tête. On notera également: le noir de la tête qui ne descend pas au-dessous de l’œil et la tête qui est plate avec un front fuyant; le bec est droit, avec une pointe claire.

L’esclavon pourrait presque être décrit comme un grèbe huppé miniature (voir cette espèce).

Grèbe à cou noir

Beaucoup plus fréquent que l’esclavon à l’intérieur des terres. Même taille que l’esclavon, on remarquera que le blanc des joues est un peu assombri par le noir de la tête qui descend en dégradé à l’arrière de l’œil. La forme de la tête est très différente: le front bombé et le bec est légèrement retroussé ce qui donne à la tète un profil anguleux. Plus difficile à voir: l’oeil rouge est toujours pris entièrement dans le noir de la tête.

 

Grèbe castagneux

Il est le plus petit de nos grèbes hivernaux et ressemble à un gros bouchon qui flotte.

Les couleurs sont plus ternes, les contrastes moins marqués que pour les espèces précédemment décrites: c’est marron/chamois et non noir/blanc. Le bec est court et le cou très peu marqué.

Grèbe huppé

Le plus grand de nos grèbes est fort commun sur les grands plans d’eau en hiver. Sa poitrine et son cou sont toujours d’un blanc immaculé et ce critère associé à la taille permet une identification plutôt facile. On pourra noter aussi: un trait noir de l’œil au bec, du blanc au-dessus des yeux et le front fuyant.

 

Grèbe jougris

En hiver cet oiseau présente un plumage assez terne: le dessus du corps est gris sombre. Les flancs , le haut de la poitrine, la nuque et le bas des joues sont gris (jougris). Le bas de la poitrine et la gorge sont gris, parfois brunâtre et le haut des joues est blanc. L’oeil est « noyé » dans le noir de la tête

Plus court et plus épais que le grèbe huppé.

 

 Identification par le comportement

Tous les grèbes sont des oiseaux plongeurs: ils sont soit sur l’eau, soit dans l’eau. Le grèbe castagneux est un plongeur à répétition, infatigable et reste de 10 à 30 secondes sous la surface. Le jougris lorgne sous la surface avant de plonger comme le grèbe esclavon, ce que ne font ni le cou noir ni le huppé; ce dernier plonge en douceur provoquant juste un petit remous. La durée des plongées est très variable et ne permette guère de différencier les espèces.

La plupart hiverne en groupe: on peut noter par exemple de grands rassemblements de grèbes huppés sur nos grands lacs (Bourget, Léman) mais le jougris est plutôt seul ou en petit groupe.

 

Phénologie

Grèbe esclavon: novembre à février-mars

Grèbe à cou noir: présent toute l’année, passage migratoire des populations du nord en août-septembre et mars-avril, nicheur localisé.

Grèbe castagneux: présent toute l’année

Grèbe huppé: présent toute l’année

Grèbe jougris: migrateur dès septembre, retour jusqu’en avril voire mai.

 

Quelques chiffres

L’Atlas des oiseaux hivernants est ancien (1991), certes, mais il donne une indication sur les ordres de grandeurs quant aux effectifs des grèbes hivernant en France.

Grèbe esclavon: 200

Grèbe à cou noir: 7000 dont 4 à 5000 sur le Léman

Grèbe castagneux: 5000

Grèbe huppé: 20 à 25000

Grèbe jougris: une centaine dont la moitié sur le Léman

Les grèbes sont régulièrement notés au cours des comptages Wetland (oiseaux d’eau sur tout le continent européen) de la mi-janvier; la LPO Isère participe à ces comptages depuis 30 ans et c’est une belle occasion pour découvrir l’avifaune hivernante que de se joindre aux équipes d’observateurs. Pour tout renseignement sur cette journée de comptage, contactez la LPO Isère au 04 76 51 78 03.

 Bonnes observations hivernales sur le bord de nos lacs, rivières et étangs.

 Jacques PREVOST, LPO Info n°25