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Alerte grand froid : comment aider les oiseaux en hiver ?

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Pour aider les oiseaux à faire face à cette période difficile, la LPO vous livre ses conseils.

Mésange charbonnière – Crédit photo : David Allemand

Le nourrissage des oiseaux des jardins est une activité répandue en hiver, toutefois, certaines règles sont à respecter.

Quand nourrir les oiseaux ?

La LPO préconise un nourrissage seulement durant la mauvaise saison, en période de froid prolongé. Le nourrissage peut globalement être pratiqué de la mi-novembre à fin mars. Il n’est pas conseillé de nourrir les oiseaux au printemps et en été car beaucoup d’entre eux deviennent insectivores à cette saison et cela peut créer une relation de dépendance vis-à-vis des jeunes oiseaux nés dans l’année qui doivent apprendre à se nourrir par eux-mêmes.

Où placer les mangeoires et les abreuvoirs ?

Nous vous conseillons de les placer au centre du jardin, dans un endroit dégagé, éloigné des murs, buissons et branches latérales afin d’éviter l’accès aux prédateurs.

Astuce : placez les mangeoires de manière à ce qu’elles soient visibles depuis une fenêtre afin de pourvoir profiter du spectacle !

Le nourrissage des oiseaux en hiver engendre des rassemblements d’oiseaux, parfois conséquents. Afin d’éviter la propagation de maladies chez les oiseaux, nous vous conseillons de disperser vos mangeoires : les types de mangeoires sont nombreux (à poser, à suspendre, sur pieds avec système de plateau, de distributeur…), n’hésitez pas à mélanger les genres. Consultez les mangeoires et abreuvoirs disponibles à la Boutique LPO. Et pour une hygiène irréprochable, pensez à nettoyer régulièrement les abreuvoirs.

Quelle nourriture donner aux oiseaux ?

Les oiseaux étant des animaux à sang chaud, il n’est pas conseillé de leur donner trop de graisse animale (lard, suif, saindoux…). Privilégiez plutôt les graisses d’origine végétale, si possible à base d’huile de colza.

Attention, ne donnez jamais de lait aux oiseaux : ils ne peuvent pas le digérer et celui-ci peut être responsable de troubles digestifs mortels. Seuls les dérivés laitiers cuits, tels que le fromage, peuvent être donnés en très petite quantité.

Les mélanges de graines très bon marché composés de pois, de lentilles et de riz doivent aussi être évités ainsi que les biscuits pour animaux domestiques.

Les meilleurs aliments

  • Mélanges de graines : le mélange optimal étant composé d’1/3 de tournesol noir, de cacahuètes et de maïs concassé ;
  • Pain de graisse végétale simple ;
  • Pain de graisse végétale mélangé avec des graines, fruits rouges ou insectes ;
  • Graines de tournesol (non grillées et non salées), si possible non striées, les graines noires sont meilleures et plus riches en lipides ;
  • Cacahuètes (non grillées et non salées) ;
  • Amandes, noix, noisettes et maïs concassés (non grillées et non salées) ;
  • Petites graines de millet ou d’avoine ;
  • Fruits décomposés (pomme, poire flétrie, raisin).

Découvrez toute une gamme d’alimentation adaptée aux oiseaux sauvages sur la Boutique LPO.

Si vous voulez participer au quotidien à la préservation de la vie sauvage sur votre terrain (jardin, cour, terrasse, balcon…) et agir en faveur de la biodiversité en adoptant chez vous des gestes écocitoyens, vous pouvez rejoindre notre réseau de Refuges LPO.

En vous inscrivant au programme Refuges LPO, vous bénéficiez de nombreux conseils techniques sur la connaissance des hôtes de votre Refuge, sur les aménagements à entreprendre dans votre jardin ou sur votre balcon mais aussi d’un suivi personnalisé par un spécialiste de la faune et de la flore sauvage.

Plus d’informations

Consultez le catalogue en ligne de la Boutique LPO

En savoir plus sur le programme Refuge LPO

 

Source : LPO France

Dérangement de la faune : cet hiver, à vous de choisir votre trace

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Pour les passionnés de sports de neige, les Alpes deviennent de plus en plus attractives au-delà des stations de ski. Les tendances actuelles du loisir dans le ski de randonnée, le free-riding et la raquette à neige ont largement augmenté le nombre de visiteurs hivernaux dans les espaces protégées et dans bien d’autres zones sensibles des Alpes, augmentant ainsi l’impact sur la faune sauvage et l’environnement alpin.

Bien que de nombreuses organisations et instances publiques des pays alpins sont depuis longtemps engagées dans des activités de sensibilisation, le dérangement de la faune et ses effets restent une préoccupation majeure dans de nombreuses régions.

Pour sensibiliser les participants au problème et contribuer à la visibilité des nombreuses initiatives existantes, le réseau alpin des espaces protégés ALPARC a développé l’initiative de communication conjointe « Be Part of the Mountain » (BPM).

« Be Part of the Mountain » est une initiative de coopération internationale qui veut allier – dans les Alpes – des espaces protégés, des organisations de protection de la nature, des collectivités, des clubs alpins et des ambassadeurs. L’initiative vise à faciliter l’échange de bonnes pratiques, à développer des outils de sensibilisation communs et à mettre en œuvre des actions de communication dans les Alpes afin de contribuer au changement de comportements des pratiquants des sports de pleine nature.

En lien direct avec son projet « Biodiv’sports », la LPO Isère est entièrement impliquée dans cette initiative.

Découvrez dès aujourd’hui la vidéo du projet :

 

Télécharger le communiqué de presse

Les comptages de l’hiver : Wetlands et SHOC

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L’hiver n’est pas synonyme de désert ornithologique. Bien au contraire ! Entre les espèces sédentaires (moineau domestique, chouette hulotte…), les espèces dont les populations venues du nord ou de l’est viennent s’ajouter aux populations locales (mésange, buse variable…) et les espèces présentes en France uniquement en hiver (pinson du nord, pluvier doré…), le naturaliste a de quoi s’occuper.

Afin de mieux connaître les oiseaux hivernants, plusieurs programmes d’étude existent. Le plus connu est probablement le comptage des oiseaux d’eau de la mi-janvier. Il s’agit du recensement des espèces présentes sur un réseau de zones humides organisées en « sites Wetlands ». Ce comptage est organisé par Wetlands International.
Le dimanche 14 janvier, plusieurs sites en Isère sont ainsi prospectés. La LPO Isère assure ce comptage annuel aux barrages de Saint-Egrève, de Beauvoir et de Saint-Hilaire, ainsi qu’au lac de Paladru (avec l’aide du Groupe Jeunes LPO-Gentiana). Lo Parvi assure pour sa part le comptage à la Vallée bleue sur le haut Rhône.

Fuligule morillon ©Arnaud Foltzer

Au comptage « Wetlands » de 2018 s’ajoute le recensement des cormorans et des laridés aux dortoirs. Ces suivis ne sont pas réalisés tous les ans, mais sont indispensables pour cerner les tendances d’évolution de ces oiseaux en hiver. Ces comptages ne peuvent pas être faits autrement qu’au dortoir, car les espèces concernées sont très mobiles en journée et peuvent se nourrir en dehors des sites comptés dans le cadre des comptage des oiseaux d’eau.
Nous sommes à la recherche de compteurs pour dénombrer les cormorans. La liste des dortoirs à suivre est à demander à Rémi Fonters (conservation.isere@lpo.fr).

Un autre comptage, plus généraliste, se déroule en décembre et janvier : le SHOC (suivi hivernal des oiseaux communs). Ce suivi s’intéresse aux espèces hivernant sur le territoire. L’objectif du SHOC est de mesurer l’état de l’avifaune commune en hiver, et de mettre en relation les tendances observées avec des facteurs tels que l’intensité de l’agriculture, la météorologie hivernale, voire le réchauffement climatique.
Pour participer à cette étude, il vous suffit d’identifier les oiseaux présents le long d’un carré d’étude de 2 km de côté (votre carré STOC (suivi temporel des oiseaux communs) par exemple !). Ces zones d’études, appelées transects, seront parcourues à pied à deux reprises, une première fois en décembre et une deuxième fois en janvier.

Le top 10 des oiseaux emblématiques de l’hiver

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Partez à la découverte des oiseaux à observer en hiver dans notre région.

1 – Les oiseaux d’eau

Les oiseaux d’eaux sont déterminés comme un ensemble distinct d’espèces qui dépendent des zones humides. Ce sont dans ces milieux comme les lacs, les étangs ou les cours d’eau qu’ils évoluent, se nourrissent, se reproduisent et hivernent.

Le fuligule milouin

Le fuligule milouin est adepte des lacs et des étangs ainsi que des marais aux eaux ouvertes et relativement profondes.
C’est un canard grégaire (qui vit en communauté mais dont la structure sociale n’est pas nécessairement très développée) qui est souvent observé en groupes denses, surtout l’hiver, bien qu’il s’associe sans mal à d’autres espèces de canards comme le morillon ou milouinan.
Bien qu’ayant la capacité de plonger jusqu’à plusieurs mètres de profondeur, le fuligule milouin peut également, à l’instar des canards de surface, se contenter de basculter vers l’avant pour se nourrir.
Il niche au sol, dans les herbes à proximité de l’eau.

Le saviez-vous ? Pour s’envoler, le fuligule milouin prend son élan tout en battant énergiquement des ailes, ce qui lui donne l’air de courir à la surface de l’eau.

Écouter le fuligule milouin :

 

Le fuligule morillon

Le fuligule morillon apprécie particulièrement les lacs (même en pleine ville) et les étangs forestiers à la végétation fournie ainsi que les côtes, les eaux des montagnes et globalement, les cours d’eau calmes.
Comme le fuligule milouin, il est très sociable et grégaire et peut-être observé en grandes troupes denses en dehors des périodes de reproduction. Pendant l’hiver, il se déplace jusque dans les villes où il peut trouver des points d’eau favorables, comme dans les parcs, par exemple.
Il niche proche de l’eau, bien caché dans les jonchaies.

Le saviez-vous ? Quand il recherche sa nourriture, le fuligule morillon est propulsé par ses larges pattes palmées et peut descendre jusqu’à 7 mètres de profondeur sous l’eau.

Écouter le fuligule morillon :

 

Le grand cormoran

Le grand cormoran fréquente les eaux marines, les zones rocheuses ou sableuses.
Il se rassemble avec ses congénères sur les bancs de sable, les récifs ou les jetées tout en restant à proximité des côtes. C’est également là qu’il hiverne.
À la recherche de nourriture, il nage sous l’eau à la poursuite de sa proie, en se propulsant grâce à ses pattes palmées.
Son nid (fait de branches, algues, roseaux,…) est généralement installé sur les corniches des falaises côtières ou sur les arbres près des lacs et du littoral, plus rarement dans les roseaux ou au sol.

Le saviez-vous ? L’alimentation du grand cormoran est essentiellement constituée de petits poissons mais il est capable d’avaler des proies de plus d’un kilo.

Écouter le grand cormoran :

 

2 – Les oiseaux de jardin

Les oiseaux de jardin sont les espèces fréquemment observables depuis nos foyers. Leur présence chez nous dépend de la végétation à disposition, de la taille du terrain, de la présence ou non de mangeoire, etc. Plus le jardin est naturel et diversifié en matière de végétation, plus vous pourrez y observer d’oiseaux.

Le pinson du nord

En général, le pinson du nord évite les futaies denses et préfère les bois de bouleaux ou de conifères clairs en période de nidification. Exclusif visiteur de l’hiver, il hiverne au centre et au sud de l’Europe mais peut demeurer un peu plus au nord lors des hivers plus doux.
Lui aussi a un instinct grégaire très développé. On peut en effet l’observer en grandes bandes de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’individus lors des regroupements post-nuptiaux et les périodes de migration, en particulier au sein de zones à hêtraies.
Il construit son nid dans les bouleaux ou les sapins, généralement à l’enfourchure des branches.

Le saviez-vous ? L’hiver, pour trouver les faines de hêtres dont il raffole, le pinson du nord utilise ses ailes, semi-ouvertes, pour secouer la neige afin d’en dégager la nourriture. Ces fouilles laissent derrière elles des traces en forme d’entonnoir dans la neige.

Écouter le pinson du nord :

 

Le tarin des aulnes

Adepte des forêts de conifères, ce sont les aulnes et les bouleaux pourvus de graines que le tarin des aulnes va chercher pour se nourrir. Peu farouche et hôte commun des jardins, notamment en hiver où il se déplace en groupes mixtes, il n’hésite pas à s’approcher des habitations si des mangeoires se trouvent à proximité.
Il hiverne dans le centre et au sud de l’Europe, généralement en grandes bandes. À la belle saison, il niche dans les forêts de conifères, en haut des épicéas.

Le saviez-vous ? Comme la mésange, le tarin des aulnes est capable de se positionner à l’envers, tête en bas, pour atteindre la nourriture présente sur les branches des arbres.

Écouter le tarin des aulnes :

 

Le bouvreuil pivoine

L’habitat du bouvreuil pivoine se situe dans les forêts mixtes, les parcs touffus ou encore les grands jardins, tant que des conifères s’y trouvent.
Au printemps, on peut l’observer en groupe d’une cinquantaine d’individus, période à laquelle il se nourrit de bourgeons d’arbres fruitiers. Mais c’est principalement en hiver qu’il se fait remarquer, lorsqu’on l’aperçoit actif auprès des mangeoires.
Il niche sur les branches des arbres, dans les buissons ou les taillis.

Le saviez-vous ? Le bouvreuil pivoine est un oiseau aux mœurs douces. En effet, même aux abords des mangeoires, il accepte sans broncher de partager son repas avec ses congénères.

Écouter le bouvreuil pivoine :

 

L’accenteur mouchet

L’accenteur mouchet possède un spectre d’habitats assez varié : boisements de conifères, jardins, parcs, haies ou encore fourrés et broussailles touffues.
C’est un oiseau relativement discret, menant une vie cachée dans les fourrés qu’il fréquente. Cependant, il nous est possible de l’observer lorsqu’il sort à ciel ouvert, généralement en hiver quand la nourriture se raréfie.
Il niche dans un buisson touffu, généralement à moins d’un mètre et demi du sol ou dans un petit conifère.

Le saviez-vous ? Étonnamment pour un oiseau si discret, la parade et la vie amoureuse de l’accenteur mouchet sont mouvementées. En effet, le mâle et la femelle sont polygames et peuvent avoir plusieurs partenaires à la fois.

Écouter l’accenteur mouchet

 

3 – Les espèces typiques des régions montagneuses

De nombreux oiseaux évoluent dans les diverses régions et zones de montagne. Chacun d’entre eux possède des particularités, un mode de vie et un comportement qui lui est propre.

Le lagopède alpin

Le lagopède alpin occupe les pentes et les paysages alpins rocheux découverts et à végétation rase. En hiver, son habitat se situe dans les pentes broussailleuses, là où il peut trouver de la végétation dans la neige. Il est par ailleurs parfaitement adapté à cette saison, grâce à son plumage hivernal blanc qui le protège de la prédation.
Sauf période de reproduction, on peut l’observer en groupes : plus le nombre d’individus est important, plus la protection contre les rapaces (notamment l’aigle royal) est assurée.
Son nid est au sol, généralement placé dans un affleurement rocheux garni d’un peu de végétation.

Le saviez-vous ? Le lagopède alpin mue jusqu’à trois fois par an pour s’adapter visuellement à son environnement. Ce mimétisme lui assure une protection efficace contre les prédateurs.

Écouter le lagopède alpin :


Le tichodrome échelette

Le tichodrome échelette habite les zones rocheuses de montagne, comme les falaises et les parois abruptes avec végétation et eau à proximité, fréquent entre 1000 et 3000 mètres dans les hauteurs.
En hiver, il quitte les hautes altitudes pour se diriger vers des régions dont les températures sont plus clémentes. Il visite ainsi les falaises moins élevées et les plaines.
À la recherche d’insectes, il grimpe par mouvement saccadés le long des parois rocheuses.
Il niche dans les crevasses rocheuses, généralement dans les reliefs des Alpes et des Pyrénées, mais on peut l’apercevoir dans le Jura et le Massif Central.

Le saviez-vous ? En hiver, le tichodrome échelette peut voyager loin de ses montagnes natales. On peut même l’observer jusque sur des sites artificiels comme les Tours de Notre Dame de Paris ou les remparts du château d’Angers.

Écouter le tichodrome échelette :

 

Le cincle plongeur

Le cincle plongeur vit dans les cours d’eau peu profonds et rapides des reliefs. Il apprécie les torrents qui présentent des pierres découvertes sur lesquelles il peut se poser.
Pour se nourrir, il nage sous l’eau à l’aide de ses ailes. Il est même capable de marcher au fond. Il plonge aussi en hiver, en sautant du bord de la glace. À cette période, il peut se rapprocher des villes en suivant les cours d’eau.
Généralement solitaire ou en couple, il est également sédentaire et occupe un même territoire toute l’année, même lors des froids de l’hiver.
Son nid est à proximité de l’eau, construit depuis une entrée latérale située dans un lieu abrité au flanc d’une paroi rocheuse ou d’un mur.

Le saviez-vous ? Le cincle plongeur tient son nom du fait que, parfaitement adapté à la vie aquatique, il est le seul oiseau chanteur capable de nager et de plonger.

Écouter le cincle plongeur :

Chants d’oiseaux : Xeno-Canto

Crédit photos : ©Rémi Rufer – Fuligule milouin, ©Steve le Briquir – Fuligule morillon, ©Alain Gagne – Grand cormoran, ©Raphaël Bussière – Pinson du nord, ©Raphaël Bussière – Tarin des aulnes, ©Denis Simonin – Bouvreuil pivoine, ©Raphaël Bussière – Accenteur mouchet, ©Denis Simonin – Lagopède alpin, ©Denis Simonin – Tichodrome échelette, ©Thomas Cugnot – cincle plongeur.

Sources
« Le guide ornitho », éditions Delachaux et Niestlé
http://www.oiseaux.net
www.oiseau-libre.net
www.oiseaux-birds.com
www.futura-sciences.com
www.oisillon.net
www.ecrins-parcnational.fr
fr.wpe.wetlands.org
www.oiseauxdesjardins.fr
www.wikipedia.org

Participez au SHOC (Suivi Hivernal des Oiseaux Communs)

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Depuis l’hiver 2014-2015, le programme printanier STOC-EPS (suivi temporel des oiseaux communs par échantillonnage ponctuel simple) revêt également son manteau d’hiver, sous la forme du SHOC, comprenez Suivi Hivernal des Oiseaux Communs.

© Raphaël Bussière - Mésange bleue
© Raphaël Bussière – Mésange bleue

Le SHOC consiste à recenser les populations d’oiseaux communs pendant la période hivernale. C’est un programme d’étude national piloté par le CRBPO du Muséum d’Histoire Naturelle. L’objectif du SHOC est de représenter les variations temporelles et géographiques des espèces d’oiseaux communs en hiver. Il permettra d’observer des tendances des populations d’oiseaux en hiver et de proposer des indicateurs – comme pour les oiseaux nicheurs – de confirmer des tendances observées et d’appuyer les travaux sur l’impact des changements globaux sur les oiseaux. Ce programme s’adresse aux personnes capables d’identifier à vue ou au cri la majorité des espèces d’oiseaux communs.

Il est basé sur des comptages d’oiseaux à partir de 10 transects (parcours) de 300 mètres le long desquels l’observateur se déplace, dans un carré de 2x2km tiré au sort (même grille que le protocole STOC-EPS). Une paire de jumelles peut être utilisée pour aider à la détermination.

Le transect est parcouru à pied, en marchant (environ 4km/heure). Deux passages sont réalisés entre le 1er décembre et le 15 février avec 3-4 semaines d’intervalle minimum entre les 2 passages et se font entre 10h et 15h.

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Quelques précisions sur le protocole

Site
Le site de comptage est tiré au sort aléatoirement par l’équipe du CESCO au Muséum, dans un rayon de 10 km autour de la commune indiquée par l’observateur. Pour les observateurs qui suivent déjà d’un carré STOC au printemps,
il est conseillé de réaliser le programme SHOC en hiver sur le même carré.

Positionnement des transects

Positionnez à l’intérieur du carré 10 transects d’environ 300 mètres (min. 250 et max. 350 mètres). Les 10 transects doivent être placés bout à bout et traverser les habitats majoritaires du carré, sans chercher à échantillonner de façon exhaustive tous les milieux du carré). Idéalement, un transect doit traverser un habitat homogène (champ, village, bois ou prairie par exemple).

Méthode de relevé

À chaque passage les observateurs doivent indiquer différentes informations sur le bordereau :

– la date, le n° du carré, le n° du passage…

– la météo du jour et la présence de neige

Pour chaque transect :

– l’heure de début et de fin

– l’habitat principal

éventuellement un habitat secondaire

– l’abondance de chaque espèce vue et/ou entendue, en notant la classe de distance (0-25 mètres ; 25-100 mètres, > 100 mètres ; en survol)

Comme tous les programmes de suivi à grande échelle, les résultats seront d’autant plus fiables que le nombre de participants est important et que les observations sont répétées un grand nombre d’années.

Aussi, n’hésitez pas à prendre contact avec votre coordinateur départemental pour intégrer ce réseau d’observateurs. Si vous participez déjà au suivi STOC-EPS, vous pouvez également réaliser un suivi hivernal sur votre carré. Faîtes-le nous simplement savoir.

Contact :

Anaëlle Atamaniuk

etudes.bdd.isere@lpo.fr

Rentrez et retrouvez vos observation sur www.faune-isere.org

Pensez à la formation chants d’oiseaux !

Sachez les reconnaître « Les grèbes en hiver »

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Les Grèbes en hiver

 

Grèbe esclavon (Podiceps auritus)

Grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis)

Grèbe castagneux (Trachybaptus ruficollis)

Grèbe huppé (Podiceps cristatus)

Grèbe jougris (Podiceps grisegena)

 C’est l’hiver, et les plans d’eau sont un terrain privilégié pour les ornithologues: on y observe les anatidés (canards, harles, cygnes et oies), les laridés (mouettes et goélands), les ardéïdés (hérons et aigrettes), le grand cormoran et le martin-pêcheur, les rallidés et les grèbes. Ces derniers, poussés par la sévérité des hivers du septentrion, nous arrivent en nombre parfois dès l’automne et font la joie des observateurs perspicaces: les cinq espèces de grèbes visibles en hiver ne sont pas toujours faciles à identifier…mais voyons cela. Nous partirons du principe que l’observateur a déjà conclu qu’il avait à faire à un grèbe…mais lequel ? Compte-tenu de la rareté des observations, l’identification en vol ne sera pas abordée ici.

 

 Identification par la taille

Ce critère n’est franchement pas le bon: en effet, on sait bien qu’en l’absence de point de comparaison il est très difficile d’apprécier la taille d’un oiseau par rapport à un autre; seule la présence côte à côte de deux individus de deux espèces différentes permet de faire ce travail, mais cette situation n’est pas courante. Pour ce qui est des grèbes tout au plus pourrait-on faire trois classes: d’une part les grands (huppé et jougris), d’autre part les moyens (cou noir et esclavon), enfin le petit castagneux. Mais restons prudents avec le critère taille.

 

Identification par le plumage

Là nous tenons le bon critère, mais bien souvent il nous faudra l’aide de la longue-vue pour être sûr de l’identification.

Grèbe esclavon

Rare, et seulement visiteur d’hiver, l’esclavon peut facilement être confondu avec le cou noir, beaucoup plus fréquent. L’hivernage régulier concerne les côtes du nord de la France au sud-Bretagne, ailleurs on a plutôt des oiseaux erratiques.

Nous avons à faire à un grèbe de petite taille; le critère principal c’est le blanc pur des joues qui fait contraste avec le noir de la tête. On notera également: le noir de la tête qui ne descend pas au-dessous de l’œil et la tête qui est plate avec un front fuyant; le bec est droit, avec une pointe claire.

L’esclavon pourrait presque être décrit comme un grèbe huppé miniature (voir cette espèce).

Grèbe à cou noir

Beaucoup plus fréquent que l’esclavon à l’intérieur des terres. Même taille que l’esclavon, on remarquera que le blanc des joues est un peu assombri par le noir de la tête qui descend en dégradé à l’arrière de l’œil. La forme de la tête est très différente: le front bombé et le bec est légèrement retroussé ce qui donne à la tète un profil anguleux. Plus difficile à voir: l’oeil rouge est toujours pris entièrement dans le noir de la tête.

 

Grèbe castagneux

Il est le plus petit de nos grèbes hivernaux et ressemble à un gros bouchon qui flotte.

Les couleurs sont plus ternes, les contrastes moins marqués que pour les espèces précédemment décrites: c’est marron/chamois et non noir/blanc. Le bec est court et le cou très peu marqué.

Grèbe huppé

Le plus grand de nos grèbes est fort commun sur les grands plans d’eau en hiver. Sa poitrine et son cou sont toujours d’un blanc immaculé et ce critère associé à la taille permet une identification plutôt facile. On pourra noter aussi: un trait noir de l’œil au bec, du blanc au-dessus des yeux et le front fuyant.

 

Grèbe jougris

En hiver cet oiseau présente un plumage assez terne: le dessus du corps est gris sombre. Les flancs , le haut de la poitrine, la nuque et le bas des joues sont gris (jougris). Le bas de la poitrine et la gorge sont gris, parfois brunâtre et le haut des joues est blanc. L’oeil est « noyé » dans le noir de la tête

Plus court et plus épais que le grèbe huppé.

 

 Identification par le comportement

Tous les grèbes sont des oiseaux plongeurs: ils sont soit sur l’eau, soit dans l’eau. Le grèbe castagneux est un plongeur à répétition, infatigable et reste de 10 à 30 secondes sous la surface. Le jougris lorgne sous la surface avant de plonger comme le grèbe esclavon, ce que ne font ni le cou noir ni le huppé; ce dernier plonge en douceur provoquant juste un petit remous. La durée des plongées est très variable et ne permette guère de différencier les espèces.

La plupart hiverne en groupe: on peut noter par exemple de grands rassemblements de grèbes huppés sur nos grands lacs (Bourget, Léman) mais le jougris est plutôt seul ou en petit groupe.

 

Phénologie

Grèbe esclavon: novembre à février-mars

Grèbe à cou noir: présent toute l’année, passage migratoire des populations du nord en août-septembre et mars-avril, nicheur localisé.

Grèbe castagneux: présent toute l’année

Grèbe huppé: présent toute l’année

Grèbe jougris: migrateur dès septembre, retour jusqu’en avril voire mai.

 

Quelques chiffres

L’Atlas des oiseaux hivernants est ancien (1991), certes, mais il donne une indication sur les ordres de grandeurs quant aux effectifs des grèbes hivernant en France.

Grèbe esclavon: 200

Grèbe à cou noir: 7000 dont 4 à 5000 sur le Léman

Grèbe castagneux: 5000

Grèbe huppé: 20 à 25000

Grèbe jougris: une centaine dont la moitié sur le Léman

Les grèbes sont régulièrement notés au cours des comptages Wetland (oiseaux d’eau sur tout le continent européen) de la mi-janvier; la LPO Isère participe à ces comptages depuis 30 ans et c’est une belle occasion pour découvrir l’avifaune hivernante que de se joindre aux équipes d’observateurs. Pour tout renseignement sur cette journée de comptage, contactez la LPO Isère au 04 76 51 78 03.

 Bonnes observations hivernales sur le bord de nos lacs, rivières et étangs.

 Jacques PREVOST, LPO Info n°25