Archives par mot-clé : isère

Les 10 espèces à observer sur la Bastille de Grenoble

Laisser un commentaire

Édifiée sur le massif de la Chartreuse, la Bastille de Grenoble domine la ville de plus de 260 mètres de hauteur. Accessible en téléphérique, à pied, à vélo ou en voiture, cet ancien fort militaire du XIXème siècle offre à ses visiteurs une vue imprenable sur l’Isère, ses communes et surtout son paysage époustouflant.

La faune y est bien présente et active tout au long de l’année dans cet espace de nature et de fortifications. Maintenant que l’été et ses beaux jours sont arrivés, emportez chaussures de marche et jumelles pour partir à la découverte de la biodiversité de la Bastille. Ouvrez l’œil et vous ferez de belles observations, à enregistrer sur le site participatif www.faune-isere.org ou sur l’application NaturaList. Vous pourrez ainsi profiter de l’exposition plein Sud des coteaux de la Bastille et de son micro-climat méditerranéen !

L’accenteur alpin

C’est une espèce caractéristique des hautes-montagnes qui vit au dessus de la limite des arbres dans les alpages et dans les vallées en hiver. Les zones agricoles lui offrent des végétaux, dont des graines, pour s’alimenter à cette période bien qu’il soit cependant principalement insectivore à la belle saison. Oiseau généralement très peu farouche, vous n’aurez pas de mal à le rencontrer en hiver.

Le saviez-vous ? L’accenteur alpin est facile à approcher, même de près. Ce trait de comportement apparaît chez les oiseaux dont l’habitat se situe reculé de celui des humains.

 

Écouter l’accenteur alpin  :

 

L’hirondelle de rochers

Habitante des falaises de montagnes, on l’aperçoit en petites colonies également complétées par des hirondelles de fenêtre. En vol, on la reconnaît notamment à son vol planant, quand elle profite des courants, entrecoupé de plongeons très rapides. C’est là qu’elle saisit généralement moucherons et petits insectes en vol.

Le saviez-vous ? L’hirondelle de rochers est présente dans de nombreuses régions de France où elle peut nicher du niveau de la mer jusqu’à 2 500 mètres d’altitude dans les Alpes.

Écouter l’hirondelle de rochers :

 

L’hirondelle de fenêtre

Plus citadine que les autres espèces d’hirondelles, elle vit en colonies dans les villes, les villages et près des parois rocheuses. Ainsi, de nombreuses structures humaines proches des montagnes abritent les nichées de cette espèce. Pour se nourrir, elle attrape des insectes presque exclusivement en vol. Cette espèce nous donne l’occasion de l’observer en grands groupes de plusieurs milliers d’individus durant la migration.

Le saviez-vous ? L’une des techniques de chasse de l’hirondelle de fenêtre consiste à suivre les machines agricoles dans les champs afin de capturer les insectes dérangés par leur activité.

Écouter l’hirondelle de fenêtre :

 

Le martinet à ventre blanc

Plus grand des martinets d’Europe, cette espèce se rencontre souvent en groupes dans des zones escarpées de montagnes et près des falaises. Il niche en colonies dans ces milieux ainsi que dans les hauteurs de grandes constructions humaines. Sa technique impressionnante et sa rapidité en vol restent de bons indicateurs pour l’identifier. À vos jumelles !

Le saviez-vous ? Le martinet à ventre blanc peut passer des semaines entière sans jamais se poser. En effet, il est capable manger et de dormir en vol.

Écouter le martinet à ventre blanc :

 

Le martinet noir

Comme son cousin le martinet à ventre blanc, le martinet noir passe la plus grande partie de son temps en vol, pour dormir comme pour se nourrir. Difficile à photographier, il est si rapide qu’il est capable d’entrer dans de minuscules cavités dans les murs des édifices des villes et des villages sans ralentir l’allure. C’est également ce vol rapide qui lui permet d’attraper les insectes volants dont il se nourrit.

Le saviez-vous ? Sur des courtes distances, le martinet noir peut atteindre une vitesse de 200 km/heure en vol.

Écouter le martinet noir :


Le pouillot de Bonelli

Vous le rencontrerez dans les milieux ouverts et ensoleillés des hauteurs montagneuses et proche des bois de conifères. Soyez attentifs car il n’est pas très facile à observer ! En effet, il est souvent en mouvement dans la végétation mais fait parfois des apparitions rapides dans les airs pour capturer une proie. Il est essentiellement insectivore.

Le saviez-vous ? Le pouillot de Bonelli est presque infatigable au chant. Les séquences de chant se suivent toute la journée à un rythme qui ne faiblit quasiment pas.

Écouter le pouillot de Bonelli :


Le rougequeue noir

Il fréquente les zones rocheuses avec végétation, les édifices et les terrains rocailleux. Bien qu’il vive près des humains, il reste très peu craintif, ce qui nous permet de l’observer parfois de très près. C’est un oiseau vif qui prospecte les bâtiments, les arbres et le sol à la recherche des insectes dont il se nourrit et qu’il attrape généralement en plein vol, après l’avoir repérée depuis un perchoir. Il doit son nom à la coloration du mâle, noir avec la queue rouge.

Le saviez-vous ? La mère rougequeue noir est très attentive. Si l’un de ses petits disparaît, elle l’appelle durant plusieurs jours et part à sa recherche, quitte à survoler des prédateurs (chats, chiens, etc).

Écouter le rougequeue noir :


La Sittelle torchepot

Observez cette caractéristique particulière : grâce à ses puissantes griffes, cette espèce est capable de grimper sur le tronc des arbres et ce, dans tous les sens : tête en haut comme tête en bas, en zigzag. Cet oiseau forestier, qui peut aussi fréquenter les parcs et jardins avec de grands arbres, se nourrit essentiellement d’insectes et d’araignées qui peuvent parfois la pousser à s’approcher des habitations.

Le saviez-vous ? La Sittelle torchepot est capable de faire des réserves de noisettes et de graines dans des crevasses en prévision des périodes difficiles. Elle cache alors son butin avec de l’écorce ou de la mousse.

Écouter la Sittelle torchepot :


Le tichodrome échelette

Sortez la longue-vue ! Cet espèce est un habitant caractéristique des gorges de montagnes et des falaises, qu’on peut aussi observer sur de vieux édifices ou sur des rochers en plaine, voler de place en place comme un papillon. Son plumage gris, hormis les ailes, lui offrent une quasi invisibilité sur la roche sur laquelle il grimpe à la verticale. Compagnon des grimpeurs, il attrape des insectes dans les crevasses de la pierre.

 

Le saviez-vous ? Le tichodrome échelette peut voyager loin de ces montagnes natales. On peut même l’observer sur des édifices artificiels comme les Tours de Notre Dame de Paris ou sur les remparts du château d’Angers.

Écouter le tichodrome échelette :


Le troglodyte mignon

Ouvrez l’œil, car c’est l’un des plus petits passereaux d’Europe ! Il apprécie vivre dans les buissons et dans les boisements des forêts, des parcs ou des jardins. On peut le voir voler rapidement près du sol, d’un buisson à l’autre, à la recherche de petits invertébrés comme les insectes ou les araignées. De nature territoriale, il n’hésite pas à indiquer aux visiteurs que la zone est occupée.

Le saviez-vous ? On l’entend plus qu’on ne le voit. En effet, le troglodyte mignon peut émettre des chants prononcés jusqu’à 90 décibels.

Écouter le troglodyte mignon :

 

Écoute des chants : Xeno-Canto

Crédit photos
Steve Le Briquir (accenteur alpin)
Guy Bourderionnet (hirondelle de rocher)
Alain Gagne (hirondelles de fenêtre, rougequeue noir)
Thomas Cugnot (martinet à ventre blanc)
Finch (martinet noir)
Pierre Dalous (pouillot de Bonelli)
Sylvain Chapuis (sittelle Torchepot, tichodrome échelette, troglodyte mignon)

Sources
www.oiseaux.net
www.oiseau-libre.net
www.oiseaux-birds.com
https://inpn.mnhn.fr
https://fr.wikipedia.org

Chantiers bénévoles pour la campagne amphibiens 2017, la 20ème !

Laisser un commentaire

Comme l’année dernière, le samedi 11 février aura lieu le premier chantier de protection de l’année 2017, cette journée marquera le début de la campagne amphibiens. Ce chantier a pour but d’être un événement convivial autour de la protection de la nature. Il aura lieu sur un des sites de Bilieu ou Chirens non loin du lac de Paladru.

Concrètement il s’agit ici d’installer des barrières-pièges le long des routes, permettant d’intercepter les amphibiens avant qu’ils ne traversent la route et se fassent écraser.

Par ailleurs une sortie sera organisée un mois après, à destination des bénévoles qui auront participé au chantier. Elle permettra à chacun d’en apprendre plus sur les amphibiens du site et sera également l’occasion de voir concrètement à quoi aura servi cette journée de chantier puisque les amphibiens seront plus actifs à cette période.

Nous vous donnons donc rendez-vous à 8h le samedi 11 février ! Venez nombreux nous aider à sauver crapauds, grenouilles, salamandres et tritons ! N’hésitez pas à ramener pelle, pioche, bêche, etc. si vous le pouvez.

Si vous ne pouvez pas être là le samedi 11 mais que vous souhaitez quand même participer aux chantiers n’hésitez pas à la signaler à Maxime (possibilité de bénévolat sur un petit créneau en semaine).

Merci de vous inscrire auprès de Maxime par courriel :

maxime.lucas@lpo.fr ou au 04 76 51 78 03

Les petites chouettes de montagne à l’honneur en Isère !

Laisser un commentaire

La deuxième édition des rencontres nationales « Petites chouettes de montagne » se tiendra du 4 au 6 novembre 2016 à Allevard en Isère, au cœur du massif de Belledonne.

_TOM6238
© Thomas Cugnod – Chouette chevêchette

Après une 1ère édition réussie en 2013 en Moselle, l’ONF (Office national des forêts) et la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) organisent une 2ème rencontre nationale « Petites chouettes de montagne » qui se tiendra du 4 au 6 novembre à Allevard-les-Bains en Isère.

Cette 2ème rencontre nationale sera consacrée à la chouette de Tengmalm et à la Chevêchette d’Europe. Il faut dire qu’elles attirent bon nombre d’observateurs : naturalistes, forestiers, scientifiques, gestionnaires d’espaces naturels. Ils consacrent des dizaines voire des centaines d’heures chaque année à les rechercher et les contempler. Et pour cause : elles se « cachent » le plus souvent dans les zones montagneuses d’accès difficile. Discrètes au possible, elles chantent lorsqu’elles le veulent bien et restent souvent silencieuses. Mais lorsqu’on les a enfin découvertes, ce n’est plus que du plaisir à les observer et à les étudier. Tous les efforts sont alors récompensés et la satisfaction du naturaliste est à la hauteur des sacrifices consentis.

A l’heure du 1er bilan et malgré une mauvaise année de reproduction sans doute corrélée à un printemps très humide, la population métropolitaine de chevêchettes se porte bien et progresse sur le territoire national (notamment dans le Massif Central et dans les Pyrénées). La chouette de Tengmalm quant à elle ne suit malheureusement pas la même évolution : le chant des mâles se fait plus rare d’année en année.

Pour autant, grâce aux recherches scientifiques en cours et au réseau national LPO/ONF, les connaissances sur leur répartition, leur habitat et leur écologie s’affinent.

Cette deuxième rencontre sera l’occasion pour les acteurs du réseau, de faire le point sur les retours d’expériences, la prise en compte des populations dans la gestion forestière courante, mais aussi de présenter les outils de sensibilisation destinés au réseau « petites chouettes de montagne » et développés par la LPO: bulletins d’information sur l’actualité, nouveau dépliant (financé par la fondation Nature & Découverte)….. sans oublier qu’ un site internet leur est consacré : http://rapaces.lpo.fr/chevechette-tengmalm/ !

Ces deux journées seront ponctuées de présentations, tables rondes et sorties nature (si la météo le permet).

L’occasion aussi de renforcer la collaboration entre ONF et la LPO, par la signature d’une convention d’échange réciproque de données de présence d’oiseaux, de chauve-souris et d’amphibiens rares et menacés dans les forêts domaniales de Rhône-Alpes.

La localisation exacte des nids et des gîtes fournie par la LPO permettra à l’avenir une meilleure prise en compte de ces espèces par l’ONF dans la gestion de ces forêts.

Lieu d’échanges, ces rencontres permettent aux forestiers et naturalistes de travailler ensemble pour une meilleure protection de ces espèces forestières.

Retrouvez le programme détaillé de la rencontre sur : http://rapaces.lpo.fr/chevechette-tengmalm/

Rendez-vous le 5 novembre 8h30 au Centre culturel- La Pléiade d’Allevard-les-Bains (38580)

Contacts presse :

ONF

Sébastien LAGUET

Sebastien.laguet@onf.fr

06 24 97 31 88

LPO Isère

Adrien Lambert

communication.isere@lpo.fr

04 76 51 51 32

Toutes les informations sur http://rapaces.lpo.fr/chevechette-tengmalm/

 

onf

Retour en images, sur l’observation de la migration au col du Fau

Laisser un commentaire

Communiqué de presse : Gardons les troupeaux… et gardons le loup

Laisser un commentaire

Communiqué du 6 septembre 2016. Suite aux récents événements, la LPO Isère tient à rappeler sa position au  sujet du loup et à ouvrir réellement le dialogue pour envisager une solution durable pour tous.

loup_gris_manon_batista_650
© Manon Batista

Depuis le retour naturel du loup en France en 1992 et en 1995 en Isère, la LPO Isère suit attentivement l’évolution de cette espèce dans le département.

Les attaques survenues depuis le printemps 2016 dans le Trièves sur le versant est du Vercors ont suscité beaucoup de réactions. Ces dernières semaines, le préfet de l’Isère a accordé des tirs de défense et des tirs de défense renforcés, puis autorisé un tir de prélèvement d’un loup le 5 août qui a été remplacé le 23 août par une autorisation de prélèvement renforcé de trois loups. Cette autorisation a donné lieu aux tirs et à la mort de deux loups ce week-end. Cette mesure, valable jusqu’au 22 février 2017, autorise également le tir du loup lors de battues de chasse.

Cette accélération de mesures visant à tuer des loups n’est pas de nature à favoriser la nécessaire coexistence durable du pastoralisme et du loup, et ne participe pas au respect des obligations de la France en matière de biodiversité et de protection des espèces sauvages.

Dans l’esprit de ces obligations, la LPO rappelle qu’elle a pour objectif la pérennisation de la présence du loup en France via la mise en place d’une politique de conservation favorable, incluant le soutien à un pastoralisme durable.

La LPO Isère soutient le pastoralisme

A travers le présent communiqué, la LPO Isère, association de protection de la nature et de l’environnement, veut rappeler qu’elle soutient l’agriculture locale et le pastoralisme.

Elle est consciente de la détresse des éleveurs et des bergers et tient à les assurer de son appui pour le maintien durable de leur activité qui fait partie intégrante du patrimoine local.

Néanmoins, le loup n’est pas le seul problème que connaît le pastoralisme d’aujourd’hui, et les causes des difficultés de la profession sont multiples.

L’association tient à souligner l’importance de la faune sauvage pour l’Homme à travers les services écosystémiques rendus et appelle à un dialogue constructif entre les différents partenaires pour la recherche d’une solution pérenne.

La protection des troupeaux

Le plan national loup privilégie la protection des troupeaux qui reste et demeure la solution la plus pérenne pour éviter ou limiter les attaques et dommages imputés au loup.

Dans le secteur du Trièves concerné par les arrêtés préfectoraux, la plupart des attaques concernait des troupeaux dépourvus de protection contre la prédation . Cette absence de protection des troupeaux peut expliquer l’importance et la récurrence des dommages sur ce secteur, le loup étant un prédateur opportuniste.

La LPO Isère tient également à préciser que la mise en place des moyens de protection des troupeaux évite ou diminue sensiblement les attaques et les dommages aux troupeaux. Ces mesures proposées par le plan national loup (clôtures électrifiées, aide-berger et chiens de protection), et mises en œuvre en Isère depuis longtemps, ont montré leur efficacité en matière de dissuasion et d’effarouchement.

Ainsi, les importants troupeaux protégés sur les Hauts Plateaux du Vercors n’ont subi, à ce jour, que très peu de dommages, bien qu’une meute y soit installée depuis plusieurs années.

20090709-Loupcaptivité-Thomas-Cugnod
© Thomas Cugnod

Le retour du loup 

Le Trièves est un territoire favorable à la présence du loup compte tenu de la couverture forestière, d’une population d’ongulés abondante tout au long de l’année et d’une densité humaine relativement faible.

Le loup a un rôle bénéfique sur les écosystèmes en permettant notamment de réguler les populations d’ongulés sauvages : le cerf, le chevreuil, le chamois, le mouflon et le sanglier, constituent tout au long de l’année ses proies principales (source ONCFS), certaines pouvant par ailleurs causer d’importants dégâts sur les forêts.

Les autorisations de tir

Les autorisations de tir délivrées dans le cadre du plan national loup supposent une réponse graduée aux attaques et ne peuvent s’appliquer que s’il n’existe pas d’autres solutions alternatives. Il semble que les tirs de prélèvement renforcés aient été autorisés sans vérifier si les mesures de protection mises en place n’avaient interrompu ou diminué les attaques sur ces troupeaux.

Quant à la « peur du loup », elle s’appuie sur des arguments irrationnels et ne peut en aucun cas justifier la régulation de l’espèce. De très rares attaques sur l’Homme ont été recensées par des études internationales. Elles sont liées à la contamination par la rage (cas les plus fréquents, mais la rage est absente de France), un animal blessé et acculé, ou à une trop grande promiscuité entre l’homme et l’animal (animal élevé en captivité par ex.).

La possibilité de tir d’un loup, à laquelle la LPO n’est pas fondamentalement opposée dans les cas exceptionnels où les mesures de protection mises en place ne peuvent apporter une réponse satisfaisante, doit rester une réponse ponctuelle, dérogatoire et graduée et non une fin en soi car le loup est une espèce protégée qui joue un rôle important sur le plan écologique.

L’association demande la prise en compte de l’éthologie de l’espèce dans les tentatives de régulation. Les tirs létaux brisent la structure sociale de la meute, ce qui peut indirectement favoriser de futures attaques sur les troupeaux, les individus restants se tournant alors vers les proies les plus faciles.

Enfin, l’amélioration des connaissances scientifiques permettrait une meilleure interaction pour la résolution des problèmes liés à la présence du loup et donc à terme, pour établir une cohabitation pérenne entre le pastoralisme et cette espèce.

LPO-1024x452

La pyrale du buis : un papillon nocturne invasif

2 commentaires

Vous avez peut-être aperçu, lors des dernières nuits du mois d’août, un nombre assez impressionnant de papillons voler la nuit autour des lampadaires ou sources de lumière. Il s’agit certainement du papillon de la pyrale du buis (Cydalima perspectalis), une espèce d’insectes lépidoptères.

© Didier Descouens - Cydalima perspectalis Imago
© Didier Descouens – Cydalima perspectalis Imago

Cette espèce est considérée comme envahissante depuis 2008 et l’Isère fait partie des départements français touchés. Elle aurait été introduite entre 2005 et 2008 de manière accidentelle, en provenance d’Asie.

Les chenilles se nourrissent des feuilles de buis (Buxus sempervirens, Buxus colchica), en Asie elles peuvent se nourrir d’autres plantes (fusain, houx, figuier), mais pour l’instant en Europe elles s’attaquent seulement au buis.

© Didier Descouens - Cydalima perspectalis
© Didier Descouens – Cydalima perspectalis

En l’absence d’une population suffisante de prédateurs comme les oiseaux insectivores, notamment les mésanges, elles provoquent des dégâts considérable sur les plantes hôtes. Ainsi, en France, de nombreux écosystèmes liés au buis courent un grave danger de disparition.

© Hungchaka - Buis infesté
© Hungchaka – Buis infesté

L’espèce semble pouvoir se reproduire deux à trois fois par an. Les papillons de la première génération prennent leur envol vers la fin du printemps, en août ce sont certainement les papillons de troisième génération que l’on peut observer.

La nymphose (transformation de la chenille au papillon) dure approximativement un mois.

Les moyens de lutte existant sont encore faibles comparés à la menace, à noter parmi les solutions possibles : la lutte mécanique (prélèvement manuel des chenilles non-urticantes et destruction), l’utilisation de pièges à phéromones pour les papillons et la lutte microbiologique (utilisation du Bacillus thuringiensis).

L’équilibre de la biodiversité est perturbé et la disparition constatée depuis plusieurs années de nombreuses espèces1 prédatrices de la pyrale du buis n’aide pas a enrayer l’invasion.

Question à Myrtille Bérenger, responsable du groupe chiroptères en Isère : Les chauves-souris mangent-elle les papillons de la pyrale du buis ?

« L’été 2016 a été marqué, à basse altitude sur les contreforts des massifs calcaires isérois, par la progression fulgurante des chenilles de  Pyrale  du  Buis  (Cydalima perspectalis). Cette chenille verte originaire d’Asie, qui une fois rassasiée des feuilles de sa plante hôte, se transforme en un papillon nocturne blanc aux ailes bordées d’un liseret marron.

La pullulation est visible, la nuit tombée, autour des lampadaires où se massent de nombreux individus ailés. Mais les animaux insectivores de nos contrées profitent-ils de cette abondante nourriture ?

Voilà une question souvent posée au cours de sorties nocturnes à laquelle aucune réponse argumentée n’avait été faite.

Et bien, la réponse est oui !, les chauves-souris mangent les papillons “Pyrales du buis”. C’est au cours d’une visite de cavité sur la commune de Saint-Quentin-sur- Isère, la semaine dernière, que nous avons pu observer des restes de repas d’un oreillard (chauve-souris aux grandes oreilles).

Parmi ces ailes de papillons non consommées, il y en avait de nombreuses appartenant à la pyrale. Par conséquent, il est fort probable que les animaux insectivores, et de surcroît nocturnes, puissent avoir un effet sur les populations de “Pyrales du buis”.

Nous en revenons donc au grand intérêt de maintenir des écosystèmes préservés, fonctionnels, et des cordons de déplacement pour sauvegarder une biodiversité alliée des êtres humains et des paysages. « 

En savoir plus : http://www.cabi.org/isc/datasheet/118433

http://www.faunaeur.org/full_results.php?id=442650

http://ephytia.inra.fr/fr/C/21251/Agiir-Pyrale-du-buis

1* Chiffres liés au rapport de suivis du protocole STOC en Isère de 2001 à 2013. Il s’agit d’une estimation des évolutions de population en lien avec les observations.

Les collisions routières sous haute surveillance !

Un commentaire

Les LPO de Rhône-Alpes se sont engagées dans un travail avec le CEREMA, la Fédération Régionale des Chasseurs et la FRAPNA sur la mortalité de la faune sur la route. Ce travail est soutenu par la DREAL et la Région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre de la mise en œuvre du SRCE.

Grand duc, Moirans, 19 août 2007_rt

Différentes actions sont prévues dont notamment :

  • Une analyse fine des données,
  • L’amélioration du module mortalité,
  • Le développement d’un module spécifique pour l’application smartphone.

L’analyse des données est basée essentiellement sur vos observations saisies dans Visionature. Ainsi, afin d’améliorer la qualité de telles analyses, nous vous invitons à noter précisément toutes vos observations d’animaux morts, en cochant la case  « l’animal est mort » puis en renseignant la cause.

En 2015, après trois années de collectes, un premier travail d’analyse avait été réalisé par Irène Carravieri, stagiaire LPO Rhône-Alpes.

Le travail d’analyse sera poursuivi dans les années à venir. Dans ce cadre-là, nous vous invitons à saisir le plus précisément possible l’ensemble des données de mortalité sur Faune-Isère en cochant la case « l’animal est mort » puis en renseignant la cause.

Le pointage précis et la mention de la cause de la mortalité sont des éléments clés pour travailler finement sur les données.

Par ailleurs les « petits » animaux ne sont pas à négliger (amphibiens, reptiles, micromammifères…).

Le principal objectif est de réduire la mortalité de la faune sauvage sur les tronçons les plus accidentogènes du réseau routier rhônalpin. Néanmoins, les actions pour réduire la mortalité dépendront des gestionnaires des infrastructures routières. Pour toute précision n’hésitez pas à contacter Anaëlle Atamaniuk, salariée LPO Isère (etudes.bdd.isere@lpo.fr).

MERCI !

IsereChaleur

Document à télécharger :  NewsVNlien-5487.pdf

Droit et nature : autour du loup en Isère

2 commentaires

Depuis l’Italie, le loup est revenu naturellement dans les Alpes-Maritimes en 1992, puis en Isère depuis 1995. La population est estimée à environ 300 individus en France. Il est cependant difficile de connaître le nombre exact d’individus présents car l’espèce est plutôt discrète et occupe de très grands territoires (120 à 200 km² en moyenne). L’ONCFS* estimait qu’au cours de l’hiver 2014, deux meutes étaient établies en Isère, une meute de 6 loups dans le Vercors et une autre dans Belledonne.

20090709-Loup(captivité) - Thomas Cugnod
© Thomas Cugnod

La répartition spatiale des attaques sur les troupeaux domestiques d’ovins est donc située globalement dans le Sud Isère. Mais le loup se déplace beaucoup, notamment au printemps et au début de l’été lors de la dispersion des jeunes ; il provoque ainsi des dégâts là où on ne l’attend pas. La localisation des dommages peut être très différente d’une année sur l’autre. Cette année, dans le département de l’Isère, il y a eu 130 attaques déclarées pour lesquelles 102 ont été imputées au loup (après constats par l’ONCFS) permettant ainsi d’indemniser 438 ovins.

En 2014, il y a eu 108 attaques dont 92 ont été imputées au loup pour 999 ovins (source DDT Isère**). Ce chiffre important est lié au dérochement d’un troupeau d’ovins non protégé (Ordonnance du tribunal administratif de Grenoble 1er août 2014) dans un alpage exposé du Taillefer en juillet 2014.

En Isère, il y a depuis plusieurs années une volonté de concertation et d’écoute entre les différents acteurs : services de l’Etat, éleveurs/bergers et associations de protection de la nature. Afin de protéger les troupeaux, le triptyque enclos, chien de protection et présence humaine a montré son efficacité. L’arrivée du loup a obligé les éleveurs et bergers à s’adapter. C’est pourquoi les indemnisations et aides de l’État (1,1 millions d’euros en 2014) sont essentielles à cette dynamique et doivent être poursuivies.

Face à la surenchère de certains éleveurs, l’État répond hélas par des mesures à court terme qui ne résoudront en rien les problèmes que connait le pastoralisme. De juillet 2015 à juin 2016, 36 loups au moins ont été tués sur le territoire français ! Or les études scientifiques (PLOS ONE) démontrent que tuer des loups ne diminue pas les attaques sur les troupeaux. Au contraire, les tirs létaux désorganisent et perturbent la cohésion sociale de la meute qui se tourne alors vers les proies les plus faciles.

LOUP_150-7841d
© Denis Simonin

L’objectif de la LPO est la présence pérenne du loup en France via la mise en place d’une politique de conservation favorable, incluant le soutien à un pastoralisme durable. Pour cela il est essentiel que l’emploi des moyens de protection soit maintenu et généralisé avec l’appui de l’État. Il est indispensable de ne pas autoriser des tirs létaux du loup lorsque les troupeaux ne sont pas ou pas assez protégés. La possibilité de destructions d’individus doit rester une réponse ponctuelle, dérogatoire et graduée et non une fin en soi car le loup est une espèce protégée qui joue un rôle important sur le plan écologique. A ce titre, la pression de prédation qu’il exerce sur les ongulés sauvages doit être prise en compte à sa juste valeur dans les équilibres agro-sylvo-cynégétiques ; le cerf, le chamois, le mouflon, le chevreuil, le bouquetin et le sanglier constituant ses proies principales (sources ONCFS).

* Office national de la chasse et de la faune sauvage

** Direction Départementale des Territoires de l’Isère

LPO Isère

Retour en images sur le chantier bénévoles du 9 juillet 2016

Laisser un commentaire

Un diaporama réalisé par JF Siégel.  Merci à tous ceux qui ont participé à ce beau projet, dans la joie et la bonne humeur ! A bientôt.

Prospection chouettes effraies dans la vallée du Grésivaudan

Laisser un commentaire

Suite à la découverte de chouettes effraies dans le Grésivaudan,

effraiecopie

Franck Boissieux, coordinateur du groupe Effraie en Isère, vous propose de prospecter trois zones de présence possible : La Taillat, Mas de l’ïle, les alentours de l’aérodrome du Versoud et plus largement la vallée du Grésivaudan.

carte_prospection-page001
© fond de carte Géoportail / 2016 LPO Isère

Cette espèce qui est inféodée au bâti rural perd petit à petit ses sites de reproductions et de repos. Il est important de la connaître au mieux pour pouvoir la protéger.

Vous trouverez ci-joint les documents nécessaires à la réalisation de ces prospections.

Document d’aide à la prospection chouette effraie

Note relative à la prospection dans la vallée du Grésivaudan

Nous comptons sur vous ! Merci.

Vous pouvez renseigner vos observations sur www.faune-isere.org