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La migration des oiseaux : quand partir ?

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 Tout le cycle annuel des oiseaux migrateurs est centré sur une nécessité vitale : se reproduire.

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© Alain Gagne

Chaque espèce, et même chaque population a une stratégie qui lui est propre. les espèces à faible longévité se reproduisent dès l’âge d’un an, parfois moins, comme la cisticole des joncs qui peut se reproduire dès son premier automne.

Ces espèces donnent naissance à plusieurs jeunes chaque année, souvent en plusieurs nichées successives. À l’inverse, certains rapaces et oiseaux de mer ne se reproduisent qu’à l’âge de 5 à 10 ans, parfois seulement une année sur deux.

Tous, hormis certaines espèces nomades et quelques pigeons, se reproduisent à une période bien définie de l’année, généralement au printemps car cela correspond à l’abondance maximale en ressources alimentaires.

Pour les migrateurs, il faut arriver en forme sur les sites de reproduction. Ainsi, plus les femelles arrivent engraissées au printemps, plus elles pondent d’œufs et plus ceux-ci sont gros. Les bonnes conditions d’alimentation durant la fin de l’hivernage et pendant la migration sont essentielles. Il faut choisir un bon emplacement pour élever sa nichée.

En général, les mâles se chargent de le trouver et de le défendre. Il est donc intéressant d’arriver tôt mais pas trop : les oiseaux trop pressés périssent fréquemment au moment des rechutes de température en début de printemps. Pour un jeune oiseau qui ne s’est jamais reproduit, la présence d’autres territoires occupés par des représentants de son espèce et l’exploration effectuée durant leur dispersion postnatale sont des points de repère.

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© Alain Gagne

À l’issue de la reproduction, tandis que les jeunes émancipés explorent les territoires, les adultes partent soit assez rapidement en migration et mueront lors d’une longue halte migratoire ou sur leur site d’hivernage (le cas d’une majorité des espèces de passereaux européens), soit muent sur place leur plumage, ce qui peut leur prendre plusieurs semaines. Les gros oiseaux ne muent qu’une fois par an mais beaucoup de petits passereaux font, en plus de la mue complète, une seconde mue partielle des plumes couvrant le corps : les tectrices.Le pouillot fitis est la seule espèce connue pour effectuer annuellement deux mues complètes. Les canards perdent toutes leurs plumes de vol presque simultanément et se retrouvent incapables de voler pendant un mois. Muer demande de l’énergie mais l’efficacité du vol en dépend.

Chacune des principales étapes du cycle annuel d’un oiseau – la reproduction, la mue et les périodes de migration –a évolué de telle sorte qu’elle se situe toujours à la meilleure période et dans un ordre optimal. La durée du jour, (qui varie en fonction des saisons et de la latitude) sert de signal déclencheur au comportement migratoire via la sécrétion de mélatonine, laquelle est inhibée par la lumière.

Toutefois, cela n’interdit pas aux oiseaux une certaine plasticité dans leur calendrier en fonction des conditions environnementales. La température pourrait ainsi jouer un rôle indirect sur la date de départ en migration, avançant ou retardant la possibilité du départ.

Chaque espèce présente un cycle annuel qui lui est propre. En automne, les migrateurs au long cours partent généralement plus tôt que ceux faisant de brefs voyages. Ils reviennent également plus tardivement au printemps

Pourtant les milans noirs sont parmi les premiers à revenir et à repartir !

Serge Risser

Lecture conseillée : La migration des oiseaux. Comprendre les voyageurs du ciel. Maxime Zucca. Éditions Sud-Ouest, 2015.

Retour en images, sur l’observation de la migration au col du Fau

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Suivi de la migration au col des Ayes

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Cette année, les guides des ENS du département de l’Isère proposent un suivi des migrations post-nuptiales des oiseaux sur le col des Ayes (ENS du Col du Coq / Chartreuse).

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suivi de la migration au Col du Coq – Chartreuse.

Le suivi se déroulera du 1er septembre au 31 octobre 2016 à raison de 3 matinées par semaine (choix du jour variable selon la météorologie).

Si vous êtes intéressés, merci de prendre contact avec Thibaut Lacombe :  thibaut.lacombe@isere.fr

En savoir plus sur le col des Ayes :

Fiche ENS

Gestion de sites naturels

Sachez les reconnaître: « les oies et les grues en migration »

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logo_sans_sclDès le mois d’août les grandes manœuvres de la migration se déclenchent: martinets, et milans noirs ouvrent le bal, bientôt suivis par les bondrées puis les cigognes blanches et toute la cohorte des voyageurs au long cours.

Beaucoup vont vers l’Afrique mais d’autres se limiteront à un parcours européens se contentant de quitter des terres hostiles en hiver pour se poser ici et là dans l’Europe du sud plus accueillante: les Grue cendrée Grus grus et Oie cendrée Anser anser en sont un bon exemple.

Le ciel de l’Isère n’est certes pas le meilleur endroit pour observer la migration de ces deux espèces mais tous les ans on observe des vols, et de plus en plus fréquemment.

Généralités

La lecture d’une carte montre clairement que les axes de migration des grues (voir doc 1) et oies (voir doc 2) sont plutôt à l’ouest.

 migration grue cendrée

migration oie cendree

En effet, le gros du passage de Grus grus rallie le Pays basque en venant de la Lorraine et en passant à l’ouest du Massif central.

Seuls de grosses perturbations météorologiques ont une réelle incidence sur ce trajet habituel: en novembre 1982 une très grosse tempête, avec de forts vents de sud-est, a envoyé les grues visiter la Bretagne, quelques unes sont même allés prendre des leçons d’anglais.

Le mouvement migratoire, pour une grande part, est une réponse comportementale à des stimulations extérieures agissant sur des dispositions innées.

Le raccourcissement de la durée du jour stimule l’instinct migratoire et les rassemblements de pré-migration s’organisent, les grandes troupes attendent alors le signal du grand voyage et ce sont les conditions météo du moment qui commandent: temps clair conséquence d’une haute pression centrée sur l’Europe du Nord … ce qui ne préjuge en rien du temps qu’il fera plus loin et plus tard.

Mais revenons aux axes migratoires habituels ! Les vallées du Rhône et de l’Isère restent peu empruntées mais les sites d’hivernage évoluent; on note maintenant un hivernage régulier en Camargue et ces oiseaux viennent soit du nord soit de l’est (31 oct 2009, 72 grues cendrées survolent le Mercantour direction ouest).

L’axe migratoire d’Anser anser est également situé dans l’ouest de notre pays mais tous les ans de petits groupes survolent notre région.

Dates de passage

Les grues cendrées quittent leurs zones d’hivernage pour traverser la France dès la mi-février et jusqu’au début du mois de mars; ce passage pré-nuptial semble plus ramassé dans le temps que celui de l’automne (octobre-novembre, en deux à trois vagues, selon conditions météos).

Les oies cendrées remontent vers le nord dès la fin du mois de janvier et jusqu’à la mi-mars. Le passage post-nuptial s’étale de septembre à la mi-décembre, généralement en deux vagues (2e quinzaine d’octobre et mi-novembre).

Remarque: le passage pré-nuptial des oies semble se décaler dans le temps, il a gagné en précocité deux semaines entre 1980 et 2006.

grues cendrées (3) oie cendrée

Comment les reconnaître

Les cris de vol Lors d’un passage, c’est souvent la première chose qu’on peut noter: un bavardage vient du ciel !…

Les grues émettent en vol un cri régulier qui permet au groupe de rester en contact: on peut traduire ce cri par « KRROU » ou « GRRUU »; chez un même individu il est répété toutes les 10-15 secondes ce qui produit dans les grandes bandes en déplacements un tintamarre incessant; on peut entendre, mêlés à ce fond sonore puissant les cris aigus des jeunes « PYIRP » .

Les oies , quant à elles, produisent en vol un cri nasillard et sonore qui est tout-à-fait comparable à celui des oies de nos basses-cours.

Les formations en vol Grues et oies forment des vols dits « en V », sans doute plus réguliers chez les oies car leur vol est plus direct.

Les grues cendrées rompent régulièrement la formation pour prendre de l’altitude à l’occasion d’ascendance d’air chaud, ce que ne font pas les oies cendrées. Elles reprennent ensuite leur trajet dans la direction initiale mais dans une configuration un peu plus lâche.

L’altitude au dessus du sol est très variable. Les battements d’ailes sont identiques quant au rythme (3 par seconde environ) mais différents dans le mouvement: l’aile de l’oie en vol paraît plus raide que celle de la grue qui donne une impression de souplesse.

On pourra consulter le site « Internet Bird Collection » pour des images vidéos de ces deux espèces en vol. Silhouette des oiseaux en vol La grue cendrée a un port d’échassier et en vol on peut voir les pattes dépasser de la queue: les pattes de l’oie cendrée ne dépassent pas. L’aile de la grue cendrée est bien digitée ce qui n’apparaît pas chez les oies.

Pour la migration post-nuptiale les grues cendrées sont très sensibles aux modifications de la météo et le passage d’une dépression à un anticyclone sur le nord-européen déclenche généralement le grand départ , il suffit donc de surveiller l’évolution des fronts anticycloniques dans la période octobre-novembre pour augmenter ses chances de voir passer les grands oiseaux gris.

Mais la meilleure opportunité pour l’observation des grues cendrées reste les abords du lac du Der (weekend organisé par la LPO Isère du 20 au 22 novembre, s’inscrire par mail : isere@lpo.fr ou téléphone 04 46 51 78 03), en Champagne; là, passent ou hivernent des dizaines de milliers d’oiseaux.

Elles sont nombreuses à passer la mauvaise saison dans les Landes près de Captieux, un bon millier dans la Brenne et ici ou là quelques centaines (Camargue, baie de l’Aiguillon, …)

Jacques Prévost

24h Naturalistes en plaine de Bièvre le samedi 3 octobre 2015 !

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La FRAPNA Isère et le réseau RPN organisent les « 24h Naturalistes » en Plaine de Bièvre !

Du Sénépy à la Chartreuse, du Trièves au Collet d’Allevard, les 24h Naturalistes permettent depuis 2009 d’actualiser la connaissance naturaliste de territoires emblématiques.

photo_24hCette année, cap en Plaine de Bièvre autour du thème principal « Migration et avifaune », dans le cadre des Journées européennes de la migration. L’événement est ouvert à tous les naturalistes sans distinction de spécialité ou d’expérience.

RDV à 7h, salle municipale de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs.

Le petit-déjeuner sera offert, présentation de la journée, de la méthode et formation des équipes.

Exposition photographique du Pic vert : Les oiseaux menacés du pays voironnais

Programme de la journée :

  • 8h30 à 11h30 : prospection par équipe – premiers lots de transects
  • 12h : Repas tiré du sac
  • 14h à 17h : prospection par équipe – seconds lots de transects
  • 17h30 à 19h : Apéritif convivial offert et échanges sur la journée

Inscriptions par courriel : julie.riegel@frapna.org et au 04 76 42 98 12

Les observations seront renseignées en direct, sur des tablettes fournies par la LPO Isère, grâce à l’application Naturalist !logo_rpn_bd frapna38

 

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Observation de la migration au col du Fau : samedi 3 et dimanche 4 octobre

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20 ème édition de « Tête en l’air »

Il s’agit de la plus importante opération en France sur le thème de la migration des oiseaux. Elle se déroule tout au long de l’année 2015 sur la région Rhône-Alpes. Elle présente le suivi scientifique de la migration et l’observation des oiseaux migrateurs. Des dizaines de bénévoles et de salariés scrutent le ciel pendant des semaines aux périodes propices et notent rigoureusement les espèces observées et leur nom. Cette opération est co-portée par l’URCPIE de Rhône-Alpes (Union régionale des centres permanents d’initiatives pour l’environnement) et par la LPO coordination Rhône-Alpes.coldufau2015.compressed(3)

L’oiseau peut être un indicateur du changement climatique à travers l’évolution des dates de migration.

Samedi 3 et dimanche 4 octobre 2015 : week-end d’observation de la migration post-nuptiale au col du Fau. 

Venez observer la migration lors de ces deux journées sur le site du col du Fau (Monestier-de-Clermont) en présence de Laurent Puch et Laurent Majorel.  Des « spotteurs » accueillent le public au col du Fau. Ils seront dotés de longues-vues, de jumelles, de guides ornithologiques et de fiches de reconnaissance des oiseaux à disposition du public.

Attention suivant la météo, les observations peuvent être écourtées ou annulées.

Contact : isere@lpo.fr ou 04 76 51 78 03

 

La Chronique du mercredi : Animations autour du film « GUS, petit oiseau, grand voyage »

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Savez-vous que la sterne arctique parcourt plus de 70 000 km lors de son voyage de migration annuelle ? Que la barge rousse détient le record de distance sans escale : 11 500 km en seulement 8 jours ? Que la grue cendrée peut traverser la France en moins d’une journée ?

Basé sur un travail de documentation en collaboration gusavec des ornithologues dont Guilhem Lesaffre, président du Centre Ornithologique d’Ile de France (CORIF), Gus se fait l’écho du fascinant phénomène de la migration, dans ce qu’elle a de plus mystérieux et de plus héroïque. Car elle est aussi un périple semé d’embûches : aux obstacles naturels (prédation, tempêtes, reliefs…) s’ajoutent souvent les conséquences des activités humaines (destruction des habitats, infrastructures aériennes, chasse abusive, pollutions chimique et lumineuse).

Voilà un film qui, tout en distrayant les petits et les grands, permettra de mieux comprendre le phénomène de la migration, extraordinaire épopée qui façonne le destin de millions d’oiseaux à travers le monde.

La LPO est heureuse de s’associer à ce film d’animation made in France et mobilise son réseau au travers d’actions pédagogiques autour du film. En Isère, nous avons monté un partenariat avec Les Cinémas et Associés (LCA) afin de proposer aux écoles primaires et Centres de Loisirs du Sud Grenoblois une projection du film suivie d’une animation sur la thématique de la migration.

4 classes de CE1 de la Ville de Vizille auront l’occasion de participer à ces animations et nous serons également présents au festival « Allons Z’Enfants » au Cinéma-Théâtre de la Mûre, demain, le jeudi 16 avril pour une séance spéciale à 14h, suivie d’une discussion animé par un naturaliste de la LPO Isère. D’autres animations, avec les Centres de loisirs sont également prévues en mai.