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Convention SEDI – LPO Isère : mieux connaître pour mieux protéger

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En 2017, la LPO Isère et le SEDI (Syndicat des énergies du département de l’Isère, autorité organisatrice de la distribution de gaz et d’électricité) ont conclu un partenariat en faveur de l’avifaune.
L’objectif ? Permettre une meilleure prise en compte de la biodiversité dans les communes partenaires et sur les sites gérés par le SEDI, et sensibiliser les adhérents du SEDI, les agents et les entreprises prestataires du Syndicat.
Dans ce cadre, plusieurs actions ont été mises en place.

Impact des éclairages nocturnes sur les chiroptères

La biodiversité est menacée par de nombreux facteurs comme la pollution, la fragmentation des habitats, le changement climatique… Une autre source de menace, moins connue, est la pollution lumineuse due à l’éclairage urbain par exemple, où les lampadaires provoquent des perturbations pour la faune (insectes, chauves-souris…) et la flore.
En termes de conséquences pour la biodiversité, des études ont montré que la pollution lumineuse

  • est la cause d’une mortalité directe des insectes (400 à 1600 insectes morts par nuit par lampadaire (30 % de mortalité directe),
  • perturbe les rythmes journaliers et saisonniers de plusieurs espèces,
  • induit la désynchronisation de la reproduction / ressources.

Cette forme de pollution modifie leurs déplacements, car la lumière fragmente les paysages nocturnes.
Pour les chauves-souris qui vivent la nuit, la réponse à l’éclairage varie en fonction des espèces. Les espèces dites aériennes présentent un vol rapide et chassent les insectes en suspension dans l’air. Elles sont souvent détectées en train de chasser aux alentours des lampadaires. À une échelle locale, on aurait donc un effet positif du lampadaire qui attire les insectes. A contrario, un autre groupe d’espèces, dites glaneuses, chasse plutôt dans les milieux encombrés et fermés (les forêts par exemple). Ces espèces cueillent les insectes qui sont posés sur des feuilles ou des branches. Leur vol étant plus lent, elles sont soumises à un risque de prédation plus important : elles semblent donc éviter les zones éclairées.

Éclairage public © SEDI

Ainsi, la LPO Isère et le SEDI ont souhaité travailler ensemble et engager une démarche expérimentale avec les communes qui, pour faire des économies d’énergie, procèdent à des extinctions nocturnes. Pour évaluer l’impact de cette mesure, la LPO Isère a enregistré pendant quatre mois les ultra-sons des chauves-souris en zones éclairée, non éclairée et partiellement éclairée (extinction de minuit à 5 heures du matin) dans deux communes volontaires : Saint-Martin-d’Uriage et Tencin.
Après cette phase de terrain, les équipes de la LPO Isère sont en train de faire un recoupage par superposition d’une carte d’éclairement et des points de mesure, afin de déterminer les zones de chasse et de déplacement (espèces lucifuges). Les zones de coupures pourront être couplées au type de lampadaires en place (sodium, LED…) et aux contraintes topographiques. Cela permettra de proposer des préconisations aux deux communes volontaires, puis de voir si elles peuvent être généralisées.
Depuis 2018, un travail similaire est effectué sur la commune de Saint-Antoine-de-l’Abbaye. Une réflexion est en cours pour 2019 dans l’objectif de coupler cette démarche avec une étude de la pollution lumineuse en partenariat avec l’Université Lyon 1.

Enfouissement des lignes électriques

Sur certains secteurs, la mortalité avifaune est due à l’impact des oiseaux sur les câbles électriques. Au regard de ces enjeux, la LPO Isère et le SEDI ont décidé de travailler sur cette problématique en envisageant l’enfouissement de certaines lignes électriques. Les analyses sont en cours et permettront de déterminer des zones prioritaires, notamment près de Mizoën pour sécuriser la nouvelle zone de nidification du gypaète qui a produit un jeune gypaéton appelé Muzelle.

Travaux d’enfouissement à Theys

Mise en place de nichoirs pour la sauvegarde d’une espèce rare et menacée : le moineau soulcie

Cet oiseau présente un statut de conservation très défavorable dans notre département (classé en danger critique d’extinction sur la liste prioritaire Isère 2016). La seule population reproductrice connue en Isère se trouve dans le Trièves.
Les nichoirs, en permettant d’augmenter de façon sensible l’offre d’habitat de reproduction, confortera, voire développera, la population actuelle.

Moineau soulcie © Rémi Fonters

Ainsi, il est prévu d’installer des nichoirs artificiels sur les pylônes électriques qui se trouvent à proximité des noyaux de reproduction de l’espère. La pose de ces nichoirs est prévue pour fin 2018/début 2019, pour qu’ils soient opérationnels pour la nidification prévue en avril.

Collecte des données de mortalité de l’avifaune liée au réseau électrique

Les deux organismes vous invitent, particuliers comme professionnels, à nous transmettre les cas de mortalité que vous observez, dus à l’électrocution d’un oiseau ou à sa percussion avec un câble.
Rendez-vous directement sur www.faune-isere.org ou sur l’application Naturalist (sous Android) pour inscrire votre observation grâce au module spécifique « mortalité » et en indiquant bien la localisation.

Grâce à vos contributions, des zones sensibles pourront être identifiées et des actions concrètes pourront voir le jour (enfouissement, équipement d’isolation sur les poteaux à risque…).
Nous comptons sur votre aide pour nous aider à mieux protéger la biodiversité ! Merci à tous les contributeurs, et n’hésitez pas à relayer l’information autour de vous.

Prise en compte des enjeux lors d’opérations de travaux

Il s’agit d’inciter les acteurs à prendre contact avec le partenaire localement concerné lorsque des travaux sont prévus dans les zones prioritaires identifiées afin de tenir compte des enjeux avifaunistiques et des milieux naturels protégés. Ainsi, la LPO Isère interviendra prochainement pour sensibiliser et former les agents de terrain du SEDI.

Prédation sur la faune sauvage : sensibiliser les propriétaires de chats

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Depuis de nombreuses années, la LPO mène des campagnes de sensibilisation afin de limiter la prédation du chat domestique sur la petite faune sauvage.

En effet, les chats sont responsables de nombreuses attaques sur les oiseaux, reptiles et petits mammifères, et cette prédation, longtemps sous-estimée mais bien réelle, entraîne de graves répercussions sur l’écologie.

Gilles Bentz

Sur la base d’études menées en France comme à l’étranger, qui estiment que le chat capture en moyenne cinq à six oiseaux par an, la LPO évalue à plusieurs dizaines de millions le nombre d’oiseaux tués par les chats chaque année.
Aussi, en 2017, plus de 11% des animaux accueillis en centres de sauvegarde LPO étaient des animaux blessés par des chats : 84 % d’oiseaux et 16% de mammifères et reptiles.

En Isère, la LPO souhaite approfondir cette campagne de sensibilisation en s’adressant directement aux propriétaires de chat et leur présenter, à travers une affiche, des solutions concrètes pour limiter la prédation de leur animal domestique et ainsi protéger la petite faune sauvage.
Nous allons donc très prochainement entrer en contact avec les professionnels travaillant avec les animaux domestiques et notamment les chats : refuges, centres d’élevage ou de gardiennage, animaleries, cliniques vétérinaires…

Avec leur accord, nous leur proposerons de mettre à disposition cette affiche dans leurs locaux, en espérant qu’elle sensibilisera les propriétaires de chats et les responsabilisera, en leur offrant des conseils et astuces efficaces pour améliorer la cohabitation entre les chats et la petite faune sauvage.

Oisillons tombés du nid : que faire ?

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🐣 En ce moment, nous recevons beaucoup d’appels au standard et de questions sur les réseaux sociaux concernant des oisillons tombés du nid.
Vous trouverez ci-dessous un article (de 2015, mais dont les infos sont toujours d’actualité !) de la LPO France sur le meilleur comportement à adopter dans ce genre de situation.

Dans la majorité des cas, n’intervenez pas et laissez les oisillons au sol !

Ne ramassons pas les oisillons tombés du nid !

Avec l’arrivée du printemps, de nombreux oisillons peuvent tomber du nid. Pourtant, ils ne sont que très rarement abandonnés. Sauf risque avéré comme la proximité d’une route fréquentée ou d’un chat à l’affut, il est préférable de les laisser sur le lieu de leur découverte. Leurs parents se trouvent généralement à proximité même si on ne les voit pas.

Pinson des arbres (Fringilla coelebs) – Crédit photo : Geffroy

Voici quelques conseils pour les aider à survivre dans leur milieu naturel.

Les oisillons sont rarement orphelins !

Chaque année à partir du mois d’avril et jusque fin septembre, les nichées de jeunes oiseaux commencent à mettre le nez dehors. Pour un oisillon, tomber du nid fait partie des aléas de la vie d’oiseau ! Il n’est pas rare qu’un petit téméraire s’aventure rapidement hors du nid : les jeunes de plusieurs espèces, telles que les chouettes, les grives, les merles ou les canards colvert, quittent régulièrement le nid sans savoir voler, en essayant de suivre leurs parents qui cherchent des aliments. Ils se retrouvent alors au sol où nous sommes susceptibles de les trouver. Parce qu’ils poussent de petits cris plaintifs, on peut croire qu’ils ont été abandonnés. En réalité, les parents se trouvent la plupart du temps aux alentours, à la recherche de nourriture.

Laisser l’oisillon sur son lieu de découverte

De manière générale, il est préférable voire indispensable de laisser un oisillon tombé du nid là où il a été trouvé. Il vaut mieux laisser faire ses parents, qui le nourriront et le guideront à quelques jours de son premier envol. Si l’oisillon se trouve en un lieu particulièrement exposé (chats, routes), il est préférable de le mettre en sûreté, en hauteur (sur une branche, un muret ou un buisson) et à proximité de l’endroit où il a été recueilli. Les oisillons en duvet ou peu emplumés, tombés du nid bien trop tôt, doivent être replacés dans leur nid si ce dernier est intact.

40% des effectifs accueillis dans les centres de sauvegarde sont des oisillons dits « orphelins » ou « tombés du nid », qui doivent alors être élevés par les soigneurs avec l’aide de plusieurs centaines de bénévoles. Lors des pics d’activités entre avril et juillet, ce sont 50 bénévoles par jour qui leur sont dédiés. Et pour cause : si une chouette doit être nourrie 2 fois par jour, une mésange doit recevoir la becquée au minimum toutes les 2 heures ! Sans compter que d’importantes quantités de grillons, vers de farine, aliments à base de protéines, doivent être quotidiennement administrées aux rapaces, hirondelles, goélands, martinets, pinsons… recueillis.

Aussi, il est primordial de ne pas les déplacer si ce n’est pour les déposer en hauteur, sur une branche ou un muret, à l’abri des prédateurs et des dangers (routes, chats,…) ou de les cacher sous un buisson.

En revanche, si un oiseau est blessé, afin d’éviter tout geste irréparable, il est indispensable de contacter le Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage de l’Isère : Le Tichodrome, 215 chemin des carrières, 38450 Le Gua – 04 57 13 69 47.

Après l’avoir recueilli, il devra être acheminé vers un centre habilité : la plupart des oisillons sauvages sont intégralement protégés par la loi et leur détention est rigoureusement interdite.

Quelques astuces pour faciliter la nidification des oiseaux

La saison de nidification (qui dure de mars à août) est la période où beaucoup d’oiseaux commencent à se reproduire. Pour éviter de les perturber dans ce moment important, quelques conseils simples peuvent être suivis :

  • Ne pas tailler les haies et les arbres en saison de nidification : cela pourrait déranger les couples en cours d’installation. Reporter ses travaux à l’automne suivant ou, si cela n’est pas possible, procéder à une taille douce en surface des arbres avec un taille-haie mécanique ou un sécateur (le bruit des appareils électriques pourrait faire peur aux oiseaux !).
  • Observer son jardin et surveiller ses aménagements : par exemple, penser à vérifier régulièrement les nichoirs en bois (fixation, bonne tenue), lesquels peuvent être fragilisés par les aléas climatiques et causer des accidents. En cas d’absence de nichoir, le mieux est d’en installer un. La nichée d’un couple sera un spectacle saisissant tous les jours !
  • Obturer les cavités pièges : de nombreuses espèces qui cherchent des cavités pour nicher peuvent pénétrer ou tomber dans des cheminées ou des gouttières sans pouvoir en ressortir seuls. Elles sont alors condamnées à mort de faim ou d’épuisement… Pour éviter cela, l’accès à ces ouvertures peut être facilement obturé grâce à des grilles !

Article source LPO France

Le module « mortalité » désormais disponible sur l’application Naturalist

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Les utilisateurs des plateformes collaboratives de saisies naturalistes telles que Faune-Isère et de l’application mobile Naturalist, peuvent à présent indiquer dans leurs observations si l’animal est blessé ou mort et noter la cause si celle-ci est connue.

Depuis 2010, la LPO (ligue pour la protection des oiseaux) Isère est dotée d’une base de données collaborative, Faune-Isère, qui permet aux naturalistes ou aux simples curieux de nature de localiser et  partager leurs observations de faune sauvage. Aujourd’hui, Faune-Isère compte plus de 3000 contributeurs ayant renseigné plus de 2 000 000 de données.

Il est possible de compléter ces données en indiquant un certain nombre d’informations sur les individus observés, dont la mortalité. Afin d’optimiser cette récolte d’informations, un module « mortalité » plus performant a été développé par le réseau LPO grâce à un financement de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Disponible depuis 2012 sur le site www.faune-isere.org, il est maintenant opérationnel pour l’application Naturalist (à condition de la mettre à jour). Cette application gratuite pour smartphone et tablette (système Android) permet de saisir des observations sur le terrain en temps réel, permettant un vrai gain de temps. Avec ce nouveau module amélioré, les utilisateurs peuvent désormais renseigner avec précision (données GPS) les causes de mortalité ou de blessure (collision avec un véhicule, chute du nid, prédation…).

Connaître les secteurs de haute mortalité ou de blessures de la faune sauvage et les causes associées est essentiel pour mettre en place des mesures de préservation adaptées avec les acteurs potentiellement concernés :  Département de l’Isère, AREA, ENEDIS, entreprises, particuliers… Ainsi, les informations récoltées, par exemple sur les collisions routières, permettent d’identifier des points de conflit entre les usagers de la route et la faune, c’est-à-dire les routes dangereuses pour la faune mais aussi pour les automobilistes. Des solutions existent pour réduire la mortalité de façon efficace comme l’aménagement de passages à faune, l’installation de limitations de vitesse ou de panneaux spécifiques à certaines périodes de l’année dans les secteurs identifiés. Le Département de l’Isère a été pionnier dans ce domaine avec la création de plusieurs passages à petite faune. À ce titre, il est une référence en France.

Dans le contexte actuel de déclin dramatique de la biodiversité, plus que jamais la collecte des informations sur la faune est essentielle. Si vous souhaitez utiliser la plateforme collaborative Faune-Isère et l’application Naturalist, des vidéos tutorielles sont disponibles sur la chaîne YouTube de la LPO Isère.

Suivi de mortalité sur les routes : recherche d’observateurs

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Dans le cadre d’un travail d’analyse des donnés de mortalité routière avec le Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive de Montpellier, nous recherchons des observateurs prêts à suivre des tronçons tests pour évaluer différents paramètres liés à la collecte des données de mortalité.

Ces observateurs suivront un ou plusieurs tronçons échantillons, en voiture, 5 jours consécutifs à plusieurs périodes de l’année (février, avril, juin, septembre, novembre).

L’objectif n’est pas de détecter un maximum de cadavres mais de faire un suivi en conditions habituelles d’observation (en voiture, vélo, moto… selon vos habitudes).

 

© Jacques Prévost

 

Un trajet domicile-travail peut parfaitement être pris comme tronçon échantillon. L’objectif est d’avoir la diversité la plus importante possible dans les tronçons routiers étudiés (petite et grande routes, autoroutes…). Afin d’avoir des informations les plus précises possibles, il faudrait plusieurs tronçons par département.

Si vous êtes intéressés, vous pouvez contacter rapidement Julien Girard-Claudon à l’adresse : julien.girard-claudon@lpo.fr.

Merci d’avance.