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Bénévolat d’entreprise : Salesforce Grenoble donne de son temps à la LPO Isère

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L’entreprise Salesforce (solutions Cloud de gestion de la relation client) consacre 1% du temps de ses employés à des actions philanthropiques.
Mardi 12 juin, c’est au profit de la LPO Isère qu’ils ont choisi d’œuvrer. Au programme : construction de nichoirs en kit pour accueillir rouge-queue, rouge-gorge et mésange.

Karine Drost

La LPO Isère a été contactée par des employés de l’entreprise Salesforce, qui souhaitaient donner de leur temps pour accomplir du bénévolat.
Quelle aubaine ! La LPO Isère a justement des besoins constants de nichoirs pour les nombreuses actions qu’elle met en place tout au long de l’année.
L’association a donc proposé à Salesforce de passer une demi-journée à construire des nichoirs en kit, qui seront ensuite montés et finalisés lors d’animations ou d’activités spécifiques.
Esprit d’équipe, travail manuel, finalité bénéfique pour la biodiversité… la richesse du projet proposé par la LPO Isère a immédiatement séduit l’entreprise Salesforce.

Ainsi, mardi 12 juin dès 8h30, une trentaine de salariés de l’entreprise – dont certains venus de San Francisco (siège de la compagnie) à l’occasion des 5 ans du site de Grenoble – entreprendront la construction de 100 à 150 nichoirs en kit pour rouge-queue, rouge-gorge, mésange bleue et mésange charbonnière.
Ils seront encadrés par des bénévoles, salariés et services civiques de la LPO Isère, tous très compétents en matière de bricolage.

La LPO Isère est ravie de cette collaboration et espère que d’autres entreprises proposeront à leurs employés de consacrer 1% de leur temps à du bénévolat… en faveur de la biodiversité et de la faune sauvage !

 

EDIT du 18 juin

150 nichoirs en kit ont été créés avec les équipes de Salesforce Grenoble !

murblanc.org

Ces kits seront montés, finalisés et installés par les grenoblois dans le cadre du budget participatif de la ville de Grenoble.

Voir toutes les photos de cette matinée (crédit photo : murblanc.org / Ilan Ginzburg)

La nuit de la chouette en Isère

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Tous les deux ans, la LPO et la Fédération des Parcs Naturels Régionaux de France organisent conjointement la Nuit de la Chouette. La 12ème édition a eu lieu en 2017 et la 13ème se déroulera en 2019.

Cependant, pour continuer à faire connaître les chouettes et hiboux à un large public et le sensibiliser aux richesses de la nature la nuit, la LPO Isère a décidé de proposer, en 2018, quelques activités sur les rapaces nocturnes du département.

En effet, neuf espèces de chouettes sont présentes dans toute l’Isère, que ce soit en forêt ou en plaine, en montagne ou dans les villes et les villages. On peut entendre leur hululement caractéristique du crépuscule au petit matin une importante partie de l’année.

© Lionel Tassan

Venez donc participer à la nuit de la chouette en Isère !

Vendredi 9 mars
de 18h30 à 20h30
La Côte Saint-André
Profitez d’une soirée pour écouter les chouettes ! Une présentation sera aussi faite sur les rapaces nocturnes de l’Isère.
Emportez des vêtements chauds et, si possible, une lampe frontale.
Inscription obligatoire : isere@lpo.fr

Samedi 10 mars
de 10h à 12h
Gillonnay
Pendant deux heures, apprenez à construire un nichoir à chevêche à travers un atelier ludique et convivial !
Inscription obligatoire : isere@lpo.fr

© Anthony Maire

Chenilles processionnaires : quelles techniques naturelles pour lutter contre l’invasion ?

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L’invasion des chenilles processionnaires (Thaumetopoea pityocampa) des pins pose problème. En effet, elles défolient (font perdre leurs aiguilles) les arbres et les affaiblissent. Des parasites ou des insectes peuvent ainsi s’attaquer plus facilement aux arbres et causer leur mort.

L’objectif de la lutte contre la chenille processionnaire n’est pas de l’éradiquer mais de contenir sa population afin de rétablir un équilibre naturel.

crédit photo : Lamiot
crédit photo : Lamiot

Il y a deux raisons principales qui causent la prolifération de cet insecte : le réchauffement climatique, et la disparition des prédateurs naturels de l’espèce ce qui entraîne l’amélioration de ses conditions de vie (l’écologie de l’espèce).

Le réchauffement climatique favorise l’expansion des pins sur le territoire ce qui augmente la surface d’habitat possible pour la chenille qui se nourrit des aiguilles de l’arbre. Par ailleurs, la chenille étant vulnérable aux températures basses, l’augmentation des températures diminue la mortalité des individus pendant l’hiver. Chaque année, l’aire de répartition de la chenille processionnaire progresse de 4 kilomètres vers le nord.

De plus, on constate un déclin des prédateurs naturels de la chenille processionnaire des pins. En 10 ans la population de mésanges charbonnières et bleues a diminué d’environ 10 % en Isère, la huppe fasciée de 97 % et le roitelet huppé de 51 %* (tous trois prédateurs importants de l’espèce).

Les causes principales du déclin de ces espèces sont liées à la disparition des habitats naturels et d’espaces de gîtes pour nicher, se cacher ou séjourner. Par exemple la mésange préfère faire son nid dans les troncs d’arbres morts, mais actuellement dans les espaces urbains ces troncs sont élagués pour des raisons de sécurité et d’esthétique.

Afin d’agir sur le long terme il faut faciliter le retour des prédateurs naturels de la chenille, et ainsi rééquilibrer la biodiversité.

Mais quels sont les prédateurs de cette chenille ?

chez les mammifères : les chauves souris et le lérot ;

Selon une étude de l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique), la présence de papillons de la processionaire du pin est corrélée à une forte activité et présence de chauve-souris, en effet les papillons constituent un maillon de l’alimentation des chauve-souris.

Une solution envisageable consiste à poser des gîtes à chauves-souris afin d’inciter celles-ci à s’installer proche des arbres infectés et ainsi augmenter la pression de prédation sur les papillons.

-  chez les oiseaux : particulièrement les mésanges (charbonnières, noires, bleue, à longue queue…) mais aussi le coucou gris, le geai, le loriot, les grives, la pie grièche, la huppe, l’engoulevent, le roitelet

crédit photo : Raphaël Bussière
crédit photo : Raphaël Bussière

La mésange est le plus gros prédateur de la chenille en France. Elle est insensible aux poils urticants ce qui lui permet de se nourrir sans danger. Elle prélève ainsi des chenilles à tous les stades larvaires.

En période de nidification et d’alimentation des oisillons, un couple de mésanges consomme jusqu’à 500 insectes par jour. La mésange se nourrit également des chenilles en hiver pour subsister au froid, elle fait alors des trous dans les nids et peut consommer l’intégralité du nid.

Pour réduire la quantité de chenilles nous vous conseillons donc de poser des nichoirs à mésanges à proximité des arbres infectés.

Si le nombre de mésanges est proportionnel au nombre de chenilles vous observerez une baisse des chenilles. Attention à ne pas nourrir les mésanges, en effet si celles-ci disposent d’un point de nourrissage fréquent, elles iront vers la facilité et ne prédateront pas.

chez les insectes : un grand nombre d’hyménoptères, les fourmis, le grand calosome…

Crédit photo : Steve Le Briquir
Crédit photo : Steve Le Briquir

Certains insectes se nourrissent des chenilles et n’hésitent pas à venir attaquer les nids et cocons, ceux-ci représentant des garde-mangers pour les insectes.

Vous pouvez donc envisager d’installer un hôtel à insectes.

Afin de réduire leurs nombres et de lutter contre les dégâts des chenilles processionnaires, voici d’autres alternatives écologiques et naturelles.

Il existe des éco-pièges à installer le long du tronc des arbres, lorsque les chenilles descendent de l’arbre au mois de janvier jusqu’à mai elles sont alors stoppées et capturées.

Il existe également des pièges à papillons (mâles). Le système diffuse des phéromones et les mâles sont attirés et capturés. Ce type de dispositif est à installer dans les arbres de mai à septembre.

Et enfin selon une autre étude de l’INRA une lisière de feuillus autour d’une zone où poussent les pins est un bon moyen de stopper les chenilles. La lisière doit être aussi haute que les pins où se trouvent les chenilles et fait office de barrière physique.

Attention pour une efficacité durable et pérenne il est obligatoire de réaliser des actions tout au long de l’année et sur chaque cycle de vie de la chenille. Il faut aussi réitérer les traitements tous les ans car ces papillons peuvent parcourir une vingtaine de kilomètres par jour et les chrysalides enfouies dans le sol peuvent survivre jusqu’à 5ans, il est donc possible que de nouveaux nids de chenilles apparaissent.

Source INRA et le site lamesangeverte.com

Aménager votre jardin pour la biodiversité :

http://isere.lpo.fr/2015/apprenez-a-construire-vos-propres-amenagements-pour-la-biodiversite-de-vos-jardins

* Chiffres liés au rapport de suivis du protocole STOC en Isère de 2001 à 2013. Il s’agit d’une estimation des évolutions de population en lien avec les observations.

Apprenez à construire vos propres aménagements pour la biodiversité de vos jardins !

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Construisez vous mêmes des abris pour la faune de proximité  et devenez Refuges LPO !

Les menaces pesant sur la faune sont nombreuses : destruction de leurs milieux naturels (haies champêtres, zones humides…), utilisation en masse des pesticides, abus de la chasse, disparition des cavités naturelles (tels que les vieux murs de pierre sans joints, les arbres creux, les branches mortes…), non accès aux anciennes granges et écuries…

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Dans le monde, 1 oiseau sur 8 est menacé d’extinction.
En Isère, en seulement une dizaine d’année les effectifs de nombreuses espèces d’oiseaux ont chuté :

– de 22 % pour la Tourterelle turque

– de 25 % pour le Grimpereau des jardins

– de 29 % pour le Rougegorge familier

– de 35 % pour le Troglodyte mignon

– de 40 % pour la Sittelle torchepot

Les oiseaux et la faune de nos jardins ont besoin de notre aide et l’installation d’aménagements favorables sur nos propriétés n’a rien d’anecdotique !

Les nichoirs constituent des gîtes de substitution où chaque oiseau peut construire et aménager son nid à sa convenance, avec les matériaux de son choix, selon la technique qui lui est propre. Ils compensent donc en partie la disparition des cavités naturelles et permettent de maintenir la population de nos oiseaux cavernicoles (nichant dans des cavités).

Pas besoin d’être très bricoleur, chacun peut réaliser son propre aménagement !

En fabriquant et en installant des nichoirs, vous pourrez attirer de nombreux oiseaux, très utiles, par leur consommation d’insectes, dans un verger, un jardin ou un parc !

Créer chez soi un Refuge LPO est également un acte simple de protection de la nature au quotidien ! Enfin, une chance unique s’offre à nous de contempler sur le pas de notre porte le spectacle magnifique de la nature !

Le département de l’Isère accueille le plus grand réseau de Refuges LPO en France avec plus de 700 refuges sur l’ensemble du territoire. Ce réseau est animé par la LPO Isère.

Afin que chacun puisse réaliser un geste pour la nature nous vous permettons de télécharger des plans et explications ci-dessous :

Guide LPO pour réaliser des aménagements en faveur de la faune

Mangeoires

Pour les rapaces

Pour les chauves-souris

Pour les insectes

Pour plus d’infos contacter la LPO Isère : refuges.isere@lpo.fr !

La Chronique du mercredi : Journée d’inauguration des perchoirs en plaine de Bièvre

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Mardi 16 juin 2015, a eu lieu la journée d’inauguration des perchoirs et des nichoirs en plaine de Bièvre, installés dans le cadre de la lutte raisonnée contre le campagnol des champs.

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© Fabien Hublé – Perchoir

Pour rappel, ce projet financé par le Département de l’Isère et soutenu par la FDGDON 38, la FNAMS et la LPO Isère vise à réguler les populations de campagnols des champs qui provoquent des dégâts considérables sur les cultures, notamment fourragères. S’il existe bien une lutte chimique (bromadiolone) contre cette espèce, son dosage est limité car il existe un risque d’intoxication de la faune non-cible.

En conséquence, les différents acteurs de ce projet ont souhaité développer une forte collaboration afin de renforcer le rôle de la biodiversité dans cette lutte contre le campagnol des champs. Les principaux prédateurs naturels des campagnols sont les rapaces, particulièrement les busards et les rapaces nocturnes. Un couple de busards cendrés et sa progéniture peuvent consommer jusqu’à 2000 micromammifères (dont le campagnol des champs fait partie) de mai à juillet. L’idée du projet est donc de favoriser l’implantation des rapaces en plaine de Bièvre afin qu’ils puissent jouer un rôle de régulateur sur les populations de campagnols. Les rapaces pâtissent fortement de l’extension des cultures puisqu’ils ne trouvent plus refuge dans les arbres ou les haies, il a donc fallu trouver une solution à ce problème.

En effet, depuis que l’opération a été lancée en juillet 2014, plus de 60 perchoirs à rapaces (sur les 200 prévus) et 33 nichoirs (pour chouette chevêche, faucon crécerelle, chouette effraie) ont trouvé, avec l’aide de l’APAJH, leur place au milieu des parcelles des agriculteurs volontaires de Colombe et du Grand-Lemps.

Cette journée était l’occasion de présenter l’avancement du projet, puisqu’il s’agissait d’inaugurer officiellement le lancement de la phase pilote (la pose des perchoirs et nichoirs) qui permettra d’évaluer l’efficacité du dispositif d’ici un ou deux ans.

Accueillies dans une salle prêtée par la Mairie de Colombe, 28 personnes étaient présentes lors de cette inauguration dont Catherine Prave de la FDGDON38, Louis-Marie Broucqsault de la FNAMS, Frédéric Dalvai du Département de l’Isère, Michel Veyron vice-président de Bièvre Isère Communauté, Jean-Paul Prud’homme de la Chambre d’agriculture de l’Isère, Pierre Pelissier, président de l’APAJH et de nombreux travailleurs de l’APAJH ayant participé à l’installation des nichoirs. Par ailleurs, il faut noter la présence de nombreux agriculteurs participants au projet dont Phillipe Rivat qui a installé 14 perchoirs sur sa parcelle et Jean-Paul Plottier qui lui en a disposé 10. Marie Racapé et Ophélie Planckaert ont présenté le projet pour la LPO Isère.

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Autocollant pour perchoir

L’événement était l’occasion, pour chaque partenaire, de présenter à tour de rôle son expertise et son implication dans le projet. Catherine Prave a exposé le caractère cyclique des pics de populations de campagnols ainsi que le protocole de comptage de ceux-ci sur les parcelles cultivées. Tout en précisant qu’il s’agissait bien d’une « lutte collective sur tout le territoire isérois», la représentante de la FGDON a relevé qu’il fallait agir vite et le plus efficacement possible puisque l’espèce prolifère de manière extrêmement rapide et qu’un « couple de campagnols au printemps donne 100 individus à l’automne » ! Louis-Marie Broucqsault de la FNAMS, a précisé l’importance des productions de semences fourragères (dont les campagnols sont friands) en France et qu’il avait bon espoir dans la réussite du projet. Il a par ailleurs souligné le caractère pionnier de cette action, même si une action du même type a déjà été réalisée en Franche-Comté mais sur le campagnol terrestre.

Dans le cadre de cette manifestation une large part donnait la parole aux agriculteurs. Ils ont exprimé de façon unanime leur désarroi face aux dégâts causés par les campagnols sur leurs cultures. Jean-Paul Plottier a insisté sur l’urgence de la situation mettant en avant la nécessité de trouver une solution hybride au problème qui serait « la plus efficace possible ». De son côté Philippe Rivat a lui expliqué « qu’une solution possible serait de cultiver exclusivement du maïs ou du tournesol [ndla: qui ne font pas partie du régime alimentaire du campagnol] mais cela appauvrirait fortement le sol et diminuerait les rendements. Il faut savoir qu’après un cycle de culture fourragère sur une parcelle, le rendement de ces semences est multiplié par 4 ou 5. On aurait donc des exploitations moins rentables, moins diversifiés et avec moins de biodiversité ».

Il s’en est suivi un temps d’échanges et de débats entre les agriculteurs et les partenaires du projet. Malgré les préjugés qui peuvent subsister naturalistes et agriculteurs ont su échanger dans le cadre d’une collaboration efficiente. Après un débat constructif qui n’augure que de bonnes choses il a été souligné qu’il ne fallait également pas oublier de diminuer la pression de chasse sur le renard qui est l’un des principaux prédateurs du campagnol des champs !

Adrien Lambert