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50 busards cendrés à l’envol grâce à la campagne de sauvetage annuelle

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La disparition progressive des milieux naturels (marais, landes et friches agricoles) au cours des dernières décennies a contraint les busards cendrés à déplacer leurs sites de nidification habituels dans les prairies et cultures des plaines céréalières.

À leur retour de migration au printemps, ces oiseaux trouvent dans les cultures un milieu protecteur du fait de l’homogénéité et de la densité de la strate herbacée. Ces champs ne sont pourtant pas des repaires sûrs car les nids risquent d’y être détruits par les engins agricoles lors des récoltes : une intervention humaine est alors indispensable pour assurer leur sauvegarde.

Depuis 37 ans, bénévoles et salariés passionnés par la protection des oiseaux arpentent les plaines de l’Isère (principalement la plaine de Bièvre) afin de localiser les nids de busards cendrés avant qu’ils ne soient détruits par les fauches ou les moissons.

Pour la LPO, la ligne de conduite est claire : il est absolument nécessaire de sauver les busards qui se révèlent en plus être des alliés de l’agriculture en chassant les campagnols.

Marquée de quelques embûches qui font de chaque « saison Busard » une nouvelle aventure, la campagne busards 2019 s’est bien déroulée avec 50 jeunes oiseaux qui ont pris leur envol depuis la plaine de Bièvre en Isère.


Mâle de busard cendré – Sara Le Marchand

En 2019, parmi les 26 nids recensés, seulement 9 se sont installés en milieux naturels, les 17 autres se sont installés dans des prairies et des champs de céréales. Pour ces derniers, la destruction des nids par les engins agricoles lors des moissons ou des fauches aurait été quasiment systématique si aucune protection n’avait été mise en place par la LPO en concertation avec les exploitants des parcelles agricoles.

Parmi ces 17 couples installés dans des céréales ou prairies de fauche, 5 ont échoué suite à de la prédation ou des intempéries. Deux autres couples ont échoué lors de la fauche ou de la moisson, les 6 poussins ont été sauvés à temps et ont été recueillis et élevés au Centre de Sauvegarde pour la Faune Sauvage du Tichodrome (Le Gua). Ces 6 oiseaux ont pu être relâchés dans un milieu qui leur est favorable avec un 7ème busard en provenance du Rhône. Quant aux 10 nids restant en culture, ils ont vu l’envol de leurs jeunes grâce aux protections directement installées dans les champs, pour un total de 24 jeunes oiseaux sauvés.

Femelle de busard cendré – Sara Le Marchand

Ce total de 50 jeunes à l’envol dans tout le département est une récompense pour la protection d’une espèce dont la population se réduit chaque année en Isère. En effet, le nombre de couples a diminué de moitié en 20 ans ; la population semble désormais se stabiliser vers 25 à 30 couples grâce aux actions de protection reconduites chaque année.

Ce résultat est aussi une récompense pour la LPO et tous les acteurs qui s’investissent dans la protection du busard.

D’avril à août, une dizaine de bénévoles se sont relayés afin de localiser les nids de busards, réaliser les protections, transporter des oiseaux en centre de sauvegarde, nourrir les busards élevés en centre de sauvegarde…

Les 2616 heures passées en plaine ont permis à tout le monde de se former à la reconnaissance des oiseaux locaux mais aussi d’avoir de belles surprises : une observation de vautour percnoptère à Sardieu, une cigogne noire au Grand-Lemps, des passages migratoires de guêpiers d’Europe ou de bondrées apivores ont fait le bonheur de plusieurs d’entre nous.

Ce sont aussi une dizaine d’agriculteurs qui ont participé au sauvetage de l’espèce : sans leur soutien, la protection des busards serait impossible.

Chaque année cette action est reconduite, et chaque année ce sont des agriculteurs, des bénévoles, des salariés de la LPO Auvergne-Rhône-Alpes délégation de l’Isère qui œuvrent pour la protection des busards. Nous tenons à remercier toutes ces personnes qui ont participé de près ou de loin à cette campagne busards 2019 et notamment le Département de l’Isère et la Région Auvergne-Rhône-Alpes qui nous soutiennent financièrement, ainsi que nos généreux donateurs.

En ce moment-même, les busards cendrés quittent l’Europe.
Ils vont traverser le Sahara afin de rejoindre un climat plus chaud pour y passer l’hiver.
Ils seront de retour à la deuxième quinzaine d’avril 2020 et la LPO aura de nouveau besoin de bénévoles
pour localiser les couples de busards dans la plaine de Bièvre !

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