Le milan royal en Isère

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Un peu d’histoire

Jusqu’aux XVIe et XVIIe siècles, le milan royal était présent dans des villes comme Paris ou Londres. Louis XIII chassait cet oiseau à l’aide de faucons gerfauts dans la plaine Saint-Denis, puis relâchait ses prises par la fenêtre depuis le Louvre, après avoir coupé les deux rectrices centrales (premier exemple de marquage !). Ainsi, le nom donné à cette espèce vient du fait que sa chasse était réservée à l’équipage royal.

Présentation

Le milan royal est un rapace facilement identifiable, avec son envergure de 145 à 165 cm, ses longues ailes, sa queue triangulaire échancrée, sa tête blanche, son plumage roux sur le dessus et ses deux taches blanches sous les ailes.

L’aire de répartition de ce rapace est exclusivement européenne. La France est le second pays où la population de milan royaux est la plus importante, celle-ci étant estimée entre 2340 et 3020 couples nicheurs.

Durant les hivernages, la population peut attendre les 10 000 individus, répartis entre 180 à 250 dortoirs selon les années. De plus, durant la migration, plusieurs dizaines de milliers milans royaux traversent notre pays pour rejoindre l’Espagne chaque année.

Ce rapace est une espèce des zones agricoles ouvertes avec élevages extensifs et polycultures. Son régime alimentaire est très varié, c’est un charognard mais il consomme également des micro-mammifères, des oiseaux et des insectes.

Milan royal © Alain Gagne

Reproduction

Le nid est habituellement construit dans la fourche principale ou secondaire d’un grand arbre ou dans les haies. Il est constitué de branches, brindilles, papiers, plastiques et chiffons. La majorité des nids se situe à moins de 100 mètres de la lisière de la forêt, souvent à flanc de coteau, car ceux-ci doivent être facile d’accès.

L’espèce peut s’habituer à une certaine fréquentation humaine à proximité du nid et niche parfois près des habitations, des chemins ou des routes. On peut le trouver à proximité de son cousin, le milan noir.

La femelle pond 2 à 3 œufs, plus rarement 1 ou 4. La période de ponte s’étend de fin mars à avril. La femelle incube dès la ponte du premier œuf et en assure la quasi-totalité, le mâle ne la relayant que sur de très courtes périodes. Par la suite, mâle et femelle protègent la nichée et chassent pour les jeunes. La famille reste unie et continue d’exploiter le territoire de reproduction jusqu’à ce que les jeunes deviennent indépendants, généralement au bout de 3 à 4 semaines. (Voir cycle annuel ci-après)

Hivernage

Le milan royal une espèce grégaire en dehors de la saison de reproduction. Ainsi, d’octobre à janvier, il forme des dortoirs regroupant plusieurs dizaines voire centaines d’individus. Ils sont souvent situés dans de petits boisements, bosquets ou alignements d’arbres, à proximité de fermes ou de petits hameaux isolés. Cela leur assure probablement une sécurité appréciable. L’emplacement d’un dortoir varie selon les années et parfois même selon les jours.

Statut

Il y a encore 20 ans le milan royal était un rapace commun, mais aujourd’hui il est gravement menacé. Il a été décimé par la diminution des surfaces en herbes, le changement des pratiques agricoles (emploi de produits chimiques), les tirs, les collisions avec des véhicules, les éoliennes et les lignes électriques.

Son déclin a été constaté entre 1990 et 2000, et le statut européen du Milan royal a donc évolué depuis 2005. Il figure désormais dans les catégories « en déclin » avec comme critère «déclin modéré et récent ». Inscrite sur la Liste Rouge de l’UICN en raison de son endémisme européen, cette espèce figure désormais parmi les espèces vulnérables (Liste Rouge actualisée en 2008). En France, le Milan royal fait l’objet d’un Plan National d’Actions (PNA), récemment reconduit pour la période 2018-2027, coordonné par la LPO et mis en œuvre par un réseau de structures environnementales piloté par la mission rapaces.

Lien : http://rapaces.lpo.fr/milan-royal/

Et en Isère ?

Le milan royal est très présent sur notre département, il est régulièrement observé sur l’Isère, avec de nombreux passages migratoires. Nous disposions d’anciennes données de reproduction, dans le Vercors, le Trièves et la Chartreuse. Il s’est de nouveau reproduit en 2013 dans le Vercors et en 2018 dans le Nord Isère.

Nous savons qu’il y a eu un dortoir sur le département en 2019/2018 et en Bièvre en 2018/2017, mais le lieu n’est pas trouvé exactement.

De nombreuses interrogations demeurent, nous ne savons pas d’où viennent les individus observés. Un premier élément de réponse nous est parvenu avec l’observation d’un individu équipé d’une balise en janvier. D’après les premières informations, il viendrait de Suisse, où des mesures de conservations existent depuis plusieurs années, avec un suivi par satellites de certains individus.

Dans le cadre du PNA, il a été demandé d’accentuer les observations sur les départements limitrophes à sa zone de répartition connu, l’Isère faisant partie de cette zone périphérique.

Trois carrés de prospection ont été proposés par la mission rapace sur notre département.

  • ref : 3236e = Trièves_Treffort
  • ref : 3336o = Matheysine_Sievoz
  • ref : 3233e = Voironnais-Chartreuse_Merlas

En bref, nous avons beaucoup de choses à apprendre ou à (re)découvrir sur cet oiseau vraiment royal !

Franck Boissieux, coordinateur groupe milan royal Isère

Si les rapaces vous intéressent, vous pouvez rejoindre le réseau (prospection, suivi site nidification ou dortoir, sensibilisation) ou simplement prospecter dans l’un des carrés indiqués sur la carte.

Contact : Franck.boissieux.alba@gmail.com ou remi.fonters@lpo.fr

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