Faune-Isère a 10 ans !

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Voilà déjà dix ans que la plateforme collaborative de saisie d’observations naturalistes en ligne a vu le jour. Dès avril 2010, les naturalistes isérois pouvaient renseigner leurs observations sur le site www.faune-isere.org, géré par la LPO Auvergne-Rhône-Alpes délégation Isère.

Le succès de la plateforme a été immédiat : de moins de 60 observations de terrain recueillies en moyenne par jour entre 1980 et 2010, ce sont, dès l’ouverture de la plateforme en 2010, plus de 500 données en moyenne qui ont été saisies quotidiennement.

Rougequeue à front blanc © Jean-Paul Leau

Avant le numérique, le papier !

En effet, à partir des années 80, la LPO centralisait déjà les observations dans un cahier dont le contenu a été informatisé. La plupart des données sont récentes, car plus de 75 % des données datent d’après 2010. Les données d’archives ont aussi été intégrées, ce qui explique la présence de « vieilles données » sur la plateforme Faune-Isère. Parmi les plus anciennes ? Des observations d’amphibiens (tritons crêtés, palmés et alpestres) à Brié-et-Angonnes le 29 mars 1908 !

Des données partagées, des données utiles

Alors qu’au début seuls les vertébrés pouvaient être renseignés, ce sont petit à petit les papillons, les orthoptères, les libellules, les araignées, les hyménoptères (abeilles)… qui intègrent le programme grâce aux partenariats avec des associations compétentes dans la gestion de ces données.

Caloptéryx vierge © Sylvain Chapuis

L’objectif de Faune-Isère est de partager les données entre observateurs mais aussi avec d’autres partenaires collecteurs de données naturalistes, de façon à avoir une vision la plus complète possible de la faune dans le département de l’Isère. C’est pourquoi des partenariats d’échanges de données sont aussi mis en place avec les gestionnaires d’espaces naturels (Espaces naturels sensibles, Réserves…) ou des structures qui œuvrent sur un territoire donné. Aujourd’hui, plus de vingt partenaires participent au projet Faune-Isère.

La LPO intègre leurs observations et leur transmet les données de la plateforme afin que tous disposent d’informations pour mener à bien leurs missions de préservation de la biodiversité. Ces informations sont synthétisées et retranscrites au niveau communal afin de faciliter la prise en compte de la biodiversité par tous.

Faune-Isère est en perpétuelle évolution. Depuis plus de dix ans, la LPO investit beaucoup sur fonds propres pour améliorer cette plateforme collaborative (fonctionnalités, ergonomie) et son couplage avec d’autres plateformes comme Faune-France.

De plus en plus d’observateurs

Le nombre d’observateurs croît aussi : ils sont naturalistes chevronnés ou observateurs débutants, tous ont en commun l’envie de transmettre leurs connaissances. Ils sont aujourd’hui près de 5000 inscrits sur Faune-Isère. Aussi, à l’annonce du confinement en mars 2020, de nouveaux observateurs ont alors rejoint la plateforme collaborative : 10 % des jardins de toute la base de données ont été créés en cette période, et le nombre de données saisies dans les jardins a augmenté de 150 % entre mars 2019 et mars 2020.

Cependant, d’après cette carte représentant le nombre de données saisies par zone, il semblerait que les naturalistes se concentrent autour des agglomérations…

Et si cet été vous alliez vous promener là où il n’y a pas de données et essayer de faire croître la connaissance naturaliste de ces « zones blanches » ? Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de faune, c’est simplement que peu de personnes y vont ou y saisissent des observations !

La collecte de toutes ces données représente un travail bénévole colossal doublé de celui des valideurs de données qui au quotidien vérifient les observations saisies. C’est ce travail qui fait la solidité des informations collectées.

Un module « mortalité »

En août 2012, le module « mortalité » apparaît. Il permet de signaler les animaux morts et les causes des décès si elles sont visibles (prédation, écrasement…) et ainsi d’agir en faveur de la réduction des points de conflits (notamment pour limiter les écrasements sur la route).

Grand-duc écrasé © Jacques Prévost

Faune-Isère dans la poche

En 2014, l’application Naturalist voit le jour. Il est alors possible, en disposant d’un smartphone Android, de saisir les observations directement sur le terrain, laissant ainsi les naturalistes troquer leur carnet de terrain contre leur téléphone. Avec cette application, le nombre de données saisies continue de croître en moyenne de 15 % par an !

Observation de bouquetins © O.Prudhomme, G. Chagneau

D’autres programmes, d’autres bases de données

Des programmes de sciences participatives se greffent à la base de données, et ainsi selon les saisons ou la météo, la LPO propose de compter les oiseaux des parcs, jardins et balcons, ou suggère de courir après les araignées (enquête sur l’argiope frelon) ou de faire du STOC (suivi temporel des oiseaux communs) pour les plus chevronnés.

Et Faune-Isère sert aussi de base de données pour illustrer d’autres sites internet. Connaissez-vous Nature Isère, le site qui parle de la nature autour de vous ? Connaissez-vous la biodiversité de votre commune ?

Des millions de données

Le 5 mai 2014, la base de données Faune-Isère dépasse le million de données : c’est un étourneau sansonnet qui est la millionième donnée enregistrée.

Le 26 janvier 2018, une donnée de grande aigrette est la 2 millionième donnée !

Grande aigrette © Sylvain Chapuis

À l’aube de l’été 2020, ce ne sont pas moins de 2 800 000 données qui sont renseignées dans la base. Est-ce que votre donnée sera la 3 millionième ?

Et puis, Faune-Isère est bien entendu associée aux bases de données des départements voisins. En Auvergne-Rhône-Alpes, plus de 18 millions de données sont hébergées et servent quotidiennement à estimer l’état de la biodiversité régionale.


Nous remercions aujourd’hui, pour les 10 ans de Faune-Isère, tous les observateurs et tous les bénévoles vérificateurs des données qui chaque jour font vivre cette plateforme et nous permettent au quotidien d’agir en faveur de la nature sauvage !

Car la connaissance est notre meilleur atout pour protéger la biodiversité, il est important d’enrichir continuellement cette base de données.


Pour les débutants, si vous souhaitez vous familiariser avec cette plateforme, des tutoriels sont disponibles sur la chaîne YouTube de la LPO de l’Isère.

Et si des personnes sont motivées pour continuer à saisir en ligne les observations que nous avons recueillies sur papier, n’hésitez pas à nous contacter : isere@lpo.fr

3 Commentaires

  1. Bonjour,
    Que le temps passe vite ! Déjà 10 ans ! Faune-Isère (et tous les sites nationaux identiques) motivent pour rendre plus attractives les randonnées : on ne se contente plus de se balader le nez au vent, mais on observe dans un but précis, celui de communiquer aux autres ce que l’on a vu. Souvent avec des photos. Et si en plus ces observations sont utiles pour la faune et la flore, c’est tout gagné !
    J’aurais 2 suggestions :
    – Pourrait-on autoriser les contributeurs à Faune-Isère à « inspecter » aussi des endroits de style réserves où normalement le promeneur lambda n’a pas accès ? Car on connaît les règles à respecter pour ne pas déranger la faune et prendre soin de la flore, et cela permettrait de fournir plus de données. Une simple carte autorisant le passage aux contributeurs Faune-Isère pourrait suffire.
    – Ce serait bien de pouvoir indiquer les observations de coléoptères sur Faune-Isère.
    Merci en tout cas de continuer à nous donner l’opportunité de participer à l’échange de nos découvertes et pour tout le travail que cela représente pour votre équipe !
    Bonne continuation.
    Myrielle

  2. Bonjour,
    Merci pour votre participation, vos observations et l’intérêt que vous portez à la nature.

    Pour vous répondre, être observateur de Faune-Isère ne permet pas de posséder de passe-droit pour aller sur des sites qui sont interdits au public. Ce serait très difficilement gérable (*), et en général les sites protégés et interdits d’accès au public le sont pour les préserver d’une trop forte fréquentation (même si nous savons que de gens connaissent la nature et savent y faire attention). Ces sites ne sont pas non plus sous-prospectés car il y a des inventaires protocolés qui sont mis en place tout au long de l’année et réalisés par notamment les gestionnaires.

    (*) Il y a plus de 5000 personnes inscrites sur Faune-Isère ; même si seulement 20% souhaiteraient accéder aux sites, cela ferait 1000 accès… Il faut imaginer les conséquences et la gestion de qui aurait plus le droit par rapport à qui (un ornitho ? un cocheur ? un photographe ? un chasseur ? un promeneur ?)

    Pour votre deuxième question, les coléoptères peuvent être saisis sur l’application Naturalist (plateforme Faune-France) mais ne sont pas ouverts sur Faune-Isère car il n’y a pas de valideur de données coléoptères pour l’Isère. Nous n’ouvrons pas de taxons qui ne peuvent pas être vérifiés pour éviter la recrudescence d’erreurs potentielles que personne ne peut valider/invalider.

    Bonnes observations naturalistes

    Cordialement

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