Tous engagés pour la protection du busard cendré

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Depuis près de 40 ans, la LPO de l’Isère agit pour la protection des busards cendrés afin d’enrayer le déclin que subit l’espèce (-50 % depuis 18 ans).

Ce petit rapace migrateur a la particularité de nicher au sol dans les prairies naturelles et les landes. Dans nos paysages où ces milieux sont rares, il s’installe majoritairement, au début du mois de mai, dans les prairies cultivées et les champs de céréales.

Afin d’éviter la destruction des nids lors des fauches ou des moissons et permettre au cycle de reproduction d’aller à son terme, la LPO mène une grande campagne de repérage et protection des nichées en plaine de Bièvre, en lien avec les agriculteurs concernés.

Busard cendré mâle – Guillaume Brouard

Si chaque année présente sa particularité en fonction, entre autres, de la météo du printemps qui conditionne l’avancement des différentes cultures et donc leur pouvoir attractif pour les busards, 2020 est cependant une année relativement singulière.

En effet, du fait de la précocité des fauches liées à un printemps chaud et sec, sur les vingt-trois couples observés depuis le début de la campagne, seuls quatre se sont installés dans des cultures de début de saison (prairies, ray-grass, luzernes,…) qui sont généralement fauchées entre la fin avril et la mi-mai et sont un calvaire pour les protecteurs et surtout pour les busards qui voient donc fréquemment leurs nids détruits…

Deux couples avaient d’ailleurs décidé d’installer leur nid dans un mélange de trèfle et de ray-grass. Mauvaise idée ! Ces milieux sont remplacés, à peine la faucheuse sortie du champ, par des cultures de maïs. Cela se traduit bien souvent par un minimum de cinq passages de tracteur en une semaine (fauche, ramassage et ensilage, labour, hersage et semis) et la survie des nichées est alors engagée. Les œufs ont donc été récupérés et placés au centre de sauvegarde de la faune sauvage de l’Isère, le Tichodrome, où ils sont actuellement en train d’éclore !

Busard cendré mâle – Guillaume Brouard

Pour ce qui est des bonnes nouvelles, plus de la moitié des couples de busards cendrés (et au moins huit couples de busards Saint-Martin) se sont installés dans des milieux semi-naturels, comme des jachères, des friches ou des coupes forestières. Ainsi, nul besoin pour éviter la destruction, de remuer ciel et terre pour trouver l’agriculteur qui exploite la parcelle et de le solliciter pour qu’il laisse un carré non récolté autour du nid, ni d’installer un grillage pour éviter les prédations comme il est coutume de faire pour protéger les nids en milieu agricole. Mais les oiseaux sont tout de même suivis de près par les équipes de la LPO de l’Isère afin de vérifier de loin que tout se passe bien, d’étudier la réussite des pontes et de l’envol des jeunes.

Pour les autres nids installés dans des cultures d’orge, de blé, de dactyles ou même, plus inhabituel, de colza, ils feront eux l’objet d’un suivi plus poussé, en lien avec les agriculteurs exploitant des parcelles.

Au fil des années, l’action commence à être bien connue des agriculteurs et les premiers contacts sont très positifs pour envisager les futures protections. Un minotier local propose même un contrat spécial avec les producteurs pour les inciter à mieux accueillir ces locataires d’une saison !

Busard cendré femelle mélanique – Guillaume Brouard

Pour mener à bien cette campagne busard 2020, Guillaume Brouard, salarié à la LPO AuRA délégation Isère, est accompagné de plusieurs bénévoles qui ont eu la chance de bénéficier en plein confinement d’une autorisation interministérielle de circulation accordée grâce à la ténacité des organisateurs du réseau national des « busardeux » en partenariat avec la Mission rapaces de la LPO. Cette équipe est soutenue par deux stagiaires dont la mission initiale était de gérer la protection des amphibiens lors de leur migration dans les zones de ponte. La crise sanitaire ayant empêché la bonne conduite de cette mission, leur stage a été adapté : après les amphibiens, les rapaces ! Preuve s’il en est que chacun peut s’investir à sa manière aux cotés de l’association et agir pour la protection de la biodiversité.

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