Un autre regard sur la nature en ville

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Parce que la période de confinement que nous venons de vivre nous a fait prendre conscience de l’importance de la nature et de notre rapport à elle, la LPO de l’Isère et l’association dauphinoise de botanique Gentiana s’associent pour vous proposer un autre regard sur la nature en ville.

Orchis pyramidal – Anacamptis pyramidalis © Martin Kopf

Un contexte favorable pour la faune et la flore

Pendant deux mois au printemps, le confinement a ralenti les activités humaines. Nous avons entendu les chants de nombreux oiseaux qui étaient en pleine période de reproduction. Les petits mammifères (hérissons, écureuils…), tout comme les plus gros (chevreuils, cerfs…) ont pu explorer sans risques de nouveaux territoires.

Les parcs et jardins restés fermés au public et les abords des routes n’ont, pour la plupart, plus été entretenus. Ainsi, les plantes ont pu se développer sans subir piétinements et tontes répétés, et les graines se sont dispersées plus facilement et ont ainsi créé de nouveaux espaces fleuris.

Ces deux mois sans intervention sur la flore ont permis l’observation d’espèces plus lentes et plus fragiles que les pâquerettes, les pissenlits ou le plantain. Ainsi, l’orchidée pyramidale – Anacamptis pyramidalis est arrivée dans certains parcs, et le cirse de Montpellier – Cirsium monspessulanum, espèce protégée en Auvergne-Rhône-Alpes, a trouvé refuge le long d’un canal humide à Meylan. Il n’aurait pas pu s’y développer si la fauche des fossés avait été aussi fréquente qu’à l’accoutumée.

Ces espèces de plantes à fleurs attirent de nombreux insectes grâce à leur pollen ou leur nectar et permettent ainsi d’offrir aux oiseaux une nourriture variée et facilement accessible.

Mésange charbonnière © Jean Bisetti

Et demain ?

Mais après ce confinement, pourquoi ne pas changer notre regard sur la nature en ville et retrouver la beauté des espaces en friche

A-t-on vraiment besoin de tondre régulièrement tous les espaces verts, de tailler les haies et les arbres ?

Une nouvelle nature en ville

Il est grand temps de prendre conscience de l’importance de la nature sauvage dans nos villes et villages. Les espaces verts y sont essentiels car il tempèrent les écarts de température, participent à l’absorption des gaz à effet de serre et aident à la filtration des eaux de surface et à la dépollution des sols. Les haies et les arbres servent de refuge à de nombreux animaux, et notamment certaines espèces d’oiseaux, comme les merles, les pics ou les mésanges.

De plus, nous ne pouvons le nier, et le confinement nous l’a encore prouvé : l’observation de plantes et d’animaux sauvages participe au plaisir de vivre en ville.

Alors pour conserver cette biodiversité après le confinement, il faut apprendre à laisser une vraie place à la nature sauvage : limiter les tontes, faucher moins régulièrement, conserver les arbres et les haies et accueillir la petite faune dans nos parcs et jardins.

Dans cette démarche, l’association Gentiana accompagne déjà plusieurs communes dans la gestion différenciée des espaces verts et la LPO a créé la charte « Refuge LPO » pour les espaces privés ou publics dans lesquels des actions spécifiques pour la sauvegarde de la faune et la flore sont menées. En Isère, on compte plus de 1000 Refuges LPO, dont de nombreux parcs et jardins municipaux.  

Apprenons à vivre avec la nature sauvage dans nos villes !

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