La campagne de sauvetage des amphibiens a démarré

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Comme chaque année, la LPO mène une campagne de sauvetage des amphibiens, dont la 24ème édition a démarré fin janvier avec le premier chantier d’installation de barrières-pièges le long de certaines routes du département.

Installation à Bilieu

Ces aménagements consistent en un linéaire de filet que ne peuvent surmonter les amphibiens, ainsi que des seaux disposés le long du filet. Le principe est simple : les amphibiens, pendant leur migration de reproduction de fin d’hiver-printemps, doivent des fois traverser des routes, obstacles très dangereux provoquant une forte mortalité et pouvant annihiler une population entière en quelques années seulement. Ces filets les en empêchent, et les amphibiens sont capturés dans les seaux pour être comptés, étudiés, et relâchés de l’autre côté de la route.

Cette année, dans le contexte de crise sanitaire liée à la COVID-19, la campagne s’est faite discrète…
Pas d’appels à bénévoles généralisés sur les réseaux sociaux et un couvre-feu à 18h, autant d’éléments qui ont bridé la communication et l’engagement bénévole d’habitude important autour de la campagne.
Mais la crise sanitaire n’arrête pas pour autant la campagne ! Les chantiers se sont déroulés (presque) normalement et toutes les barrières-pièges sont posées sur 5 sites différents.

© Charlie Rendell

Crapaud communGrenouille rousseTriton palméTriton alpestreSalamandre tachetée
Chirens1041616171

Sur ce site, qui présente des chiffres importants chaque année, la migration a bien commencé. Toutefois, la majeure partie du passage des crapauds communs est à venir et les chiffres vont encore grimper.
À noter : la présence d’une salamandre tachetée, espèce commune mais rarement retrouvée dans les seaux car peu migratrice ; une diversité de 5 espèces différentes ; 8 amphibiens écrasés, au niveau d’un chemin privé qu’on ne peut équiper de filets…

Crapaud commun
Bilieu6

Le site de Bilieu, équipé depuis 2011 et alors très important, a vu ses effectifs capturés dans les filets chuter drastiquement d’année en année : de 2011 à 2018, on constate un baisse des effectifs de 94 % (3768 contre 232).
Même si la tendance est à la hausse depuis 2019 (sachant que la campagne 2020 a été amputée de quelques semaines), un des enjeux de cette campagne sera de porter un diagnostic à ce déclin spectaculaire.
Attention toutefois, cette chute n’est pas forcément synonyme de baisse de populations, il peut aussi s’agir d’un changement de lieu de migration.

Crapaud communGrenouille agileTriton palméTriton crêtéGrenouille rousse
Notre-Dame-de-l’Osier146698331

Notre-Dame de l’Osier est un site très important depuis le suivi, tant au niveau de la diversité, grâce notamment à une belle population de tritons crêtés – que des effectifs d’espèces communes.
À noter : 6 écrasements d’amphibiens en marge du dispositif.

Triton palmé © Rémi Fonters
Crapaud communGrenouille agileTriton palméTriton alpestreTriton crêté
Saint-Savin631134

C’est la deuxième et dernière année d’équipement du site car il sera très prochainement équipé d’un crapauduc, un passage sous la route pour la faune.
Après une année quasiment blanche avec seulement 30 amphibiens, cette année s’annonce déjà plus intéressante. En outre, si ce site ne brille pas par ces effectifs, il propose une diversité spécifique tout à fait remarquable, avec notamment du triton crêté, du pélodyte ponctué et du crapaud calamite, trois espèces patrimoniales qui migrent plus tard.
2 écrasements ont été recensés sur ce site.

Crapaud communGrenouille rousse
Entre-Deux-Guiers216

Le site d’Entre-Deux-Guiers est différent des précédents : au lieu de barrières-pièges placées le long de la route, ce site est équipé depuis 2018 d’un crapauduc permettant aux amphibiens de traverser la route par dessous donc sans risquer de se faire écraser.
Il s’agit ici non pas de sauver les amphibiens, mais d’étudier les effectifs de population et l’efficacité dudit crapauduc.
Par rapport à d’autres sites, les effectifs capturés peuvent sembler dérisoires. Toutefois, ce site présente des effectifs importants depuis plusieurs années et la migration est plus tardive car à cette altitude (plus de 500 m), les températures sont plus basses plus longtemps.
Depuis l’année dernière, le site est équipé en plus de filets en complément au crapauduc, qui ont permis pour l’instant de sauver 5 amphibiens.


© Arthur Martinot

Cette année, les filets ont été mis en place plus tôt que l’année dernière et que n’importe quelle année, car les hivers ont tendance à être de plus en plus doux. Cette précaution n’est pas vaine car dès le lendemain des chantiers, le dispositif a capturé un triton crêté à Notre-Dame de l’Osier, et nous avons constaté un écrasement avant même le début du chantier à Saint-Savin.

Dans le cadre de la campagne amphibiens, la LPO de l’Isère met aussi en place d’autres actions, notamment des opérations de comptage/sauvetage sur certains sites non-équipés de filets et sur lesquels des écrasements ont été recensés les années précédentes.
De telles opérations sont organisées dans les conditions les plus propices possibles au passage des amphibiens, soit à la tombée de la nuit avec une température douce et de la pluie.
11 crapauds communs et 2 grenouilles agiles ont pu être sauvés, mais nous n’avons pas pu éviter l’écrasement de 2 crapauds communs, d’une grenouille rousse et d’une salamandre tachetée.

Amplexus de crapauds communs mâle (au-dessus) et femelle, Entre-Deux-Guiers

De plus, cette année, deux stagiaires sont sur le terrain dans le Nord Isère et procèdent aux relevés et au sauvetage des amphibiens.

Elles nous font parvenir aujourd’hui « La Gazette des Amphibiens du Nord-Isère » – N° 1.   

Sa lecture vous permettra d’en apprendre davantage sur le travail réalisé par le Département de l’Isère et la LPO de l’Isère sur les sites de Moras et de Saint-Savin.  

D’autres numéros suivront, en lien avec la campagne de sauvetage des amphibiens isérois.

>> Lire « La Gazette des Amphibiens du Nord-Isère » – N° 1  

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